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L'amour se passe de cadeaux, mais pas de présence. Félix Leclerc
Il n'y a pas de réussite facile, ni d'échec définitif. MARCEL PROUST
Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles SENEQUE

Lettres à mon ordi

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Bienvenue dans mon écritoire d'élucubrations! A travers ces lettres un journal personnel à accent humoristique. Merci de vos commentaires.

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Fragilité des relations Général - 20-11-2009 - mik

Cher ordi,

Que le temps passe vite ! Tu y es aussi pour quelque chose, toi mon compagnon fidèle. Source inépuisable d’informations, de distractions, de dialogues et de rencontres. C’est grâce à toi, que chaque jour je peux dialoguer avec mon ami, parfois le voir en cam. Tu es aussi à la source de cette nouvelle manière de créer à travers une blogosphère souvent sympathique et joyeuse.

Et pourtant, plus j’avance dans le temps, plus je constate combien les relations entre les êtres, y compris celles de notre famille, sont fragiles. Il suffit de bien peu de chose pour les voir se casser ou s’évanouir sans trop savoir le pourquoi. Rien n’est jamais définitif et les liens tissés peuvent vite s’effilocher. Alors je me dis que bienheureux le solitaire et celui qui sait avoir la sagesse du recul, de l’acceptation de notre sort à tous : celui de devoir vivre seul entouré et en communication avec autrui, mais fondamentalement seul ! Rien de dramatique car notre route nous fait parfois abandonner le parfum merveilleux de la rencontre pour en retrouver plus loin un autre à la fois différent et identique. Il faut laisser le temps au temps. Croire au bonheur que nous pouvons apporter aux autres n’est bien souvent qu’une forme égoïste de notre peur d’être voué à l’inutilité. C’est une sorte d’orgueil. Telle n’est pas la vérité, mais en tout cas celle à laquelle j’adhère.

Chacun est amené à tracer sa voie vers soi-même. Cette voie ne se fait pas sans douleur et découvre celle des autres. Il y a alors une espèce de compassion, si chère au bouddhisme, qui n’est ni pitié, ni sensiblerie, mais ouverture  attentive et tolérante aux situations des autres, à ce qu’ils disent, font et sont. C’est cette conscience qui passera du mental à l’acte bienveillant et ira du cœur au cœur.

Je n’ai sans doute rien d’un grand sage. Je vis, comme beaucoup, l’angoisse, la mélancolie et des moments de « mal être ». Je vis des moments dé déception, de colère voire de haine. Ma toute relative sagesse est de ne point les nier, de ne point faire semblant de les mettre à l’écart, car c’est le meilleur moyen qu’ils vous poursuivent ! Je tente simplement de laisser ce flux courir et il s’évanouit souvent plus vite que prévu. J’accepte mon déséquilibre de marcheur. Cela m’aide à accepter celui des autres.

Notre problème provient, du moins à mes yeux, que nous nous obstinons souvent à rechercher notre droit au bonheur et d’en faire presque une obligation métaphysique. Ne cherchons-nous pas aussi  trop de sens à l’extérieur de nous au lieu de le construire par soi-même?

Voilà, cher ordi, ma petite ( enfin non plus longue que prévue)  pensée du jour. Pensée bien incertaine mais qui me rend au moins confiant en moi !

Gif animé bon week end


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Loin de Corpus Christi Général - 16-11-2009 - mik

corpus christi
Cher ordi,

Tu connais mon plaisir d’aller au théâtre. Ce samedi, j’allais donc heureux à celui de la place pour y découvrir la pièce «  Loin de Corpus Christi ». Quelle déception ! Mon ami subissait le même calvaire que moi durant deux heures, avec hélas pas d’entracte pour nous éclipser discrètement.

Comme encore et toujours, cette pièce est souvent à l’image de l’écriture française actuelle, bien trop intellectualiste. L’auteur, Christophe Pellet, tente une grande fresque ambitieuse, mais à mes yeux ratée.  A travers un personnage qui offre une espèce de trame à l’histoire, un ancien acteur mythique américain, il y a une évocation historique nous faisant traverser le 20ème siècle, du maccartisme ayant frappé Hollywood après la fin de la guerre 40-45, à la chute de Berlin en 1989 pour se terminer à la médiathèque de Paris aujourd’hui ! Trahison, fascination des images, politique, art, solitude, abandon, tout y passe, avec une espèce de thèse pro communiste défendant Bertolt Brecht. Vouloir, à la suite de ce grand auteur, rompre avec l’illusion de l’image, y comprise celle théâtrale, pour pousser le spectateur à la réflexion, voilà qui est louable, mais l’ennuyer l’est beaucoup moins ! Le miroir voulu d’une société devient trop embué pour y comprendre vraiment quelque chose. La langue poétique, dense, remplie d’allusions et de sens devient, par son trop plein, illisible et pour le dire platement casse-couilles !! Plus poétiquement : les torrents de logorrhée  détourne le long fleuve non tranquille de l’histoire.

Heureusement, la mise en scène est originale, agréable et le jeu des acteurs excellent. Et puis, cela donne l’occasion de critiques après. Même négatives, elles alimentent paradoxalement la réflexion. Il faut dire que presque chaque réplique de cette pièce pourrait faire l'objet d'une longue dissertation.


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Liberté intérieure. Général - 13-11-2009 - mik

solitude
Cher ordi,

Je t’avoue voyager peu en ce moment sur les blogs amis et autres. Un peu de lassitude sans doute. Ou simplement aussi la conscience de ce que chacun a ses petites merdes et que finalement, moi comme un autre, se préoccupe bien peu de leur sort ! Rien de grave à cela. J’aime les paroles d’A. de Mello sur l’autonomie : « Le Maître semble indifférent à ce que les gens pensent de lui. Lorsque les disciples lui demandent comment il est parvenu à cette liberté intérieure, il éclate de rire et répond: «Jusqu'à l'âge de vingt ans, je ne me souciais aucunement de ce que les gens pensaient de moi. Après vingt ans, je me préoccupais continuellement de ce que disaient mes voisins. Puis j'ai eu cinquante ans... et je me suis rendu compte que les gens ne pensaient pratiquement jamais à moi! » Bien sage maître ! Heureusement, notre solitude fondamentale ne nous empêche pas de tisser des liens amicaux, sociaux remplis de richesse. Je ne suis pas non plus un obsédé du bonheur et surtout pas de celui que notre société fait miroiter par la satisfaction de désirs et de besoins créés par un de mode de consommation. J’ai depuis longtemps perdu cette illusion. Chaque jour m’apporte pourtant plein de petites richesses, celle en particulier qui m’offre les bons moments de silence et où on parvient à se détacher des misères de sentiments pour arriver au bien-être d’une sensibilité lucide !

La liberté intérieure vaut cent fois mieux qu'un billet de lotto!

Bon we.


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Famille Général - 09-11-2009 - mik

famille
Cher ordi,

Et oui, je n’ai pu partager de bons moments à Waremme avec nos amis blogueurs. Soucis familiaux obligent. Le Net est devenu nouveau mode relationnelle, mais heureusement les autres modes se poursuivent aussi. « Où peut-on être mieux que dans sa famille ? », demandait quelqu’un et celui là de répondre : «  partout ailleurs » !! Il y a du vrai. Nous ne choisissons pas notre famille et nos grands enfants nous posent parfois de grands soucis, avec parfois l’ignorance de ce que nous avons pu leur apporter en bien ou en mal, parce que nous ne sommes jamais des parents parfaits, tout comme eux des enfants parfaits !

Je ne sais pourquoi, mais dans ma famille, l’approche de Noël n’a jamais été le meilleur moment pour un climat détendu, mais plutôt un moment de disputes ou un moment de deuil.

Un petit moment donc de découragement, mais rien de grave. Je suis un battant et sais aussi relativiser les choses, conscient que la roue du temps tourne et que le soleil parvient toujours à percer les nuages. Et puis la gestion de la réalité n’empêche jamais de rêver l’idéal…


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Toussaint. Général - 01-11-2009 - mik

toussaint
Voici nos cimetières à nouveau bien fleuris. Tout indique pourtant que cette tradition, comme bien d’autres, est en déclin. S’il est vrai que nous pouvons avoir une pensée pour nos proches disparus en dehors de ce jour spécial de la Toussaint et du 2 novembre fête des morts, il n’est peut-être pas inutile de conserver des rites qui nous aident à nous souvenir. Paradoxe aussi de notre société où alors que nos cimetières deviennent un peu obsolètes, ceux de nos amis les animaux, eux, connaissent un succès croissant !

N’ayant pas de voiture et la jeune génération n’étant plus très « branchée » sur ce genre de tradition, je n’irai donc pas sur les tombes de mes parents et ancêtres. Heureusement, je sais que leur tombe sera fleurie et entretenue.

N’oublions pas ceux qui nous ont précédé et ont marqué nos vies.


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vie publique-vie privée Général - 27-10-2009 - mik

drogue
Cher ordi,

Quoi de plus simple avec toi de faire un petit tour dans la presse quotidienne. Hier, j’ai été choqué et scandalisé de lire dans un journal dit « sérieux », en l’occurrence «  La libre Belgique » l’arrestation d’une fille d’une ministre, toute jeune encore puisque 17 ans, impliquée probablement dans un trafic ou consommation de drogue avec son petit ami.

J'ai lu des commentaires hondieux autant que débiles de lecteurs.

Je n’ai aucune affinité particulière pour ce ministre, mais je trouve infâme que la vie privée soit ainsi mise en pâture d’une opinion publique avide de « scandales ». Ce qui aurait à peine fait une ligne dans les faits divers ( et encore) fait l’objet d’un article par un journaliste probablement gourmand de scoops faciles et bons marchés. A t-il conscience que ce genre de "révélation" ne peut que nuire aux relations familiales et compliquer l'aide à apporter? Bonjour donc la compassion pour un journal qui est pourtant catho!! De la DH, on aurait encore pu un peu comprendre...

Ministre ou pas, chaque parent risque bien d’être confronté un jour avec la problématique de la drogue chez leurs ados. Nos enfants, malgré nos efforts d’éducation, ne sont pas à l’abri de dérapages divers. Ne jetons pas donc la pierre trop vite !

Je dis NON à la presse tapageuse, racoleuse. Vie publique et vie privée doivent rester bien cloisonnées. Nous ne demandons pas à nos politiciens d’être des saints, des parents et des époux sans reproche, nous leur demandons simplement de participer à la création d’une société plus juste, plus solidaire. Nous leur demandons de bien gérer les deniers publics, de respecter la démocratie, d’être honnêtes mais pas d’être moralistes, de veiller à l’intérêt général. C’est sur ces points qu’ils sont critiquables et critiqués avec raison ! Pour le reste et ce qui relève du champ privé, cela ne nous regarde pas.

Courage à la maman.

 


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200.000 visites. Général - 25-10-2009 - mik

Cher ordi,

Nous voici donc à 200.000 visiteurs venus lire notre complicité et mes élucubrations sur ce blog et ce depuis 2006, avec une interruption de six mois. C’est beaucoup et peu à la fois. Peu en comparaison des blogs à succès dont certains sont devenus amis. Beaucoup pour un blog qui aborde souvent des thèmes politiques, philosophiques et culturels et parle peu de petites anecdotes personnelles ou people !

Je ne me suis jamais battu pour un audimat élevé. La qualité des échanges et les amitiés qu’ont pu engendrer cette tenue de blog valent mieux que les passages furtifs ou les papotages sans grand intérêt. 

Merci à tous mes fidèles lectrices et lecteurs et à toute l’amitié que je reçois d’eux. J’aime aussi passer sur leur blog, y découvrir  leur quotidien et bien d’autres intérêts que les miens. Ce qui peut parfois me paraitre futile revêt pourtant plus d’importance qu’une manie de toujours décoder et de trop  intellectualiser ou conceptualiser ce qui ne doit pas toujours l’être !

Bon dimanche et bonne semaine à vous.


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Je considère qu'un ami est celui qui ne ment pas, ne fait pas semblant et parle avec toute la sincérité, la franchise que l'amitié véritable requiert. C'est ce que j'appelle l'exigence amicale: dire ce qu'on pense sans, bien sûr, être blessant. [ Eloge de l'amitié (1996) ] Ben Jelloun, Tahar
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