17.05.2012
Homophobie et communautarisme.
Je soutiens bien évidemment la journée contre l’homophobie parce que je suis contre toute forme de violence, de discrimination, de rejet, d’exclusion fondée sur des critères d’orientation sexuelle. La sexualité et l’affectivité sont complexes et les ramener à des distinctions entre homos, bis, hétéros ne répond pas à la réalité de vie de bien des personnes. Il m'importe finalement peu que la personne soit pensée comme homo ou hétéro.
Je fais partie de ceux qui pensent que l’intense communautarisme du monde gay est une erreur. Certaines manifestations sont contre-productives dans des sociétés où les gays possèdent déjà des droits considérables, comme la Belgique, tout en reconnaissant que dans des sociétés plus conservatrices, les rassemblements identitaires sont nécessaires à la survie et à la visibilité du groupe minoritaire. Elle ne fait, à mes yeux, qu’affirmer le stéréotype de l’homosexuel efféminé, fofolle, etc. Des manifestations comme la gay pride ne renforcent-elles pas des discours réducteurs qui restent aujourd’hui encore très vivaces ? Beaucoup d’hommes, qui ont ou ont eu des relations sexuelles et affectives avec des hommes ne se définissent d’ailleurs pas comme homosexuels.
J’avoue aussi ne pas me sentir "appartenir" à la « communauté gay ou LCGT » car elle me pose elle-même question, puisqu’une telle appartenance semble supposer une unité de point de vue, des intérêts partagés, sinon une communauté de destin. Parler aussi de culture gay me parait exagéré.
Je n’oublie pas pour autant le combat à poursuivre pour la différence sexuelle encore trop bafouée ou pire encore condamnable jusqu’à la peine de mort dans trop de pays.
21:00 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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15.05.2012
Investiture de Hollande.

Celles et ceux qui voyaient en Hollande quelqu’un sans envergure, un « mou », un non présidentiable, se seront fameusement trompés. Sa première journée, réglée comme du papier à musique, a été assez impressionnante. Les français, toujours nostalgiques de monarchie, auront découvert ou redécouvert les fastes républicains, à la fois grandioses mais à une sauce hollandaise simplifiée. Le nouveau monarque a voulu se montrer encore proche du peuple et a mis ainsi ses distances d’avec le bling-bling de son prédécesseur. Cette cérémonie d'investiture s'est déroulée sous le signe de la sobriété, en contraste avec celle de Nicolas Sarkozy. En sincérité aussi, avec une simple courtoisie républicaine lors de l'adieu au président sortant.
Mais au-delà de l’apparence et du symbole, j’avoue avoir terriblement apprécié les discours tenus par le nouveau monarque. Il y avait une cohérence parfaite avec ce qu’il a martelé tout au long de sa campagne électorale. Nous n’étions plus dans les thèmes des devoirs et des droits, du mérite, de l’identité nationale, de la compétitivité. Le socialiste parlait haut de justice, d’égalité, minimisait le profit ; élevait son discours sur l’enseignement et l’émancipation sociale, la recherche. Enfin des accents de gauche ! L’austérité était rejetée comme simple fatalité. Bref, cela faisait du bien.
Reste à voir si les actes suivront les paroles. Et là, je crains un vif retour. A l’image de son avion obligé, par la foudre, de rejoindre Paris avant de reprendre un autre pour Berlin !
J’ose espérer qu’il ne suivra pas l’exemple de notre homme au papillon au rouge très terne, qui tout en osant dire comprendre les indignés, réduit les allocations de chômage. Vaut alors mieux ne pas être compris !!
Hollande comprendra-t-il mieux que le peuple qui l’a élu attend autre chose qu’un bon débarras de Sarkozy mais un vrai changement de politique française et européenne. Aura-t-il la force de ne point se laisser mener par les requins de la finance ? Si sa première journée présidentielle semblait bien mettre l’accent sur des valeurs auxquelles j’adhère, je crains que la suite soit bien plus marquée par ce que d’aucuns nomment le réalisme des marchés.
19:34 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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13.05.2012
Franz-Olivier Giesbert: Guignol de l'info!
Franz- Olivier Giesbert a enfin dévoilé sa vraie face de guignol de l’info sur le plateau de Laurent Ruquier ce samedi soir. Ce soi-disant grand journaliste, actuellement directeur du « Point » ne manque probablement de culture et de talent littéraire. Sa carrière journalistique, après ses passages, entre autres, au « Nouvel Observateur » et au "Figaro" est longue et expérimentée. Son succès tient à la fois de son ton impertinent et de la qualité de sa plume, sans compter sur son art d’en faire un produit commercial.
Il est, selon moi, l’image même du journaliste qui s’est penché sur la politique avec comme seul moyen d’investigation l’intrusion, voire la compromission, avec la gente du pouvoir. Il crie trop, comme encore hier, son indépendance pour qu’elle n’en devienne pas suspecte. A ne pas d’ailleurs oublier son audition par la police pour la publication en 2005 d'un article jugé complaisant par le juge Philippe Courroye et paru dans son journal Le Point sur le milliardaire français Iskandar Safa, recherché par la justice, ou encore son accusation par Christophe Donner, favori pour l'obtention du prix, d'avoir « manipulé » les délibérations du jury du Prix Renaudot au profit de Daniel Pennac qui l'a finalement emporté, choses qu’il a toujours niées.
Son leitmotiv actuel et obsessionnel sur la dette française semble masquer son incompétence totale sur les dossiers politiques.
Nous avons eu droit hier à un show très révélateur de toute une presse devenue relais de l’establishment politique. Sans pourtant avoir bu ou sniffé toute la colle qui relie les pages du Point, Giesbert s’est lancé dans une logorrhée guignolesque pour défendre son dernier bouquin. Son faux détachement d’en prendre plein la gueule était à la fois rigolo et dramatique. Voilà des gens qui pourtant formatent toute une opinion publique. Malmené par Audrey Pulvar et Natacha Polony dont on peut mettre aussi en doute la connaissance et l’indépendance politique, le bel homme a prouvé que la belle plume et l’éloquence ne suffisaient pas toujours à la crédibilité de ses propos.
La présentation de son dernier livre, Derniers carnets, scènes de la vie politique en 2012 pue le profit du quick book post élection présidentielle, mais pire ne semble que dévoiler des dits « secrets » politiques sur le Sarkozy et Hollande. Rien à voir avec une véritable analyse politique.
Pauvre citoyen que je suis, comme vous sans doute, comment encore se forger une opinion sur base d’une large information ne relayant que les gros clichés et archétypes politiques qui n’ont rien d’essentiel dans un vrai débat démocratique.
Si les guignols de l’info sur Canal+ me font bien rire, ceux de toute une presse dite sérieuse me révoltent et m’obligent à pousser mon coup de gueule de ce jour !
09:27 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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04.05.2012
Pourquoi et pour qui l’austérité dite nécessaire ?
Dans la pensée unique qui semble bien régir notre Europe, je suis souvent étonné que nous ne nous posions pas quelques fondamentaux ! Nous sommes-nous déjà posés la question : mais la fameuse dette qui demande l’austérité, elle est due à qui, à quoi ? Due à la crise ? Mais concrètement qu’est-ce ou qui a causé la crise ? Cette crise qui a débuté il y a 4 ans, n’est-elle pas le fruit d’une folle spéculation bancaire ? Des banques qu’il a fallu sauver. Mais depuis 4 ans, qu’est-ce qui a vraiment changé pour qu’elles ne jouent plus « casino » ? Nos pays doivent leur dette à qui ? Bizarre qu’un cadastre réel de cette dette ne nous est pas vraiment connu ! Aux citoyens de payer, mais qui est le responsable ? Et le comble, les têtes de cette faillite partent avec des parachutes très dorés et d’autres sont allègrement mutés, soit dans des hautes fonctions dans des organismes parallèles ou à la tête de ministères…
Dit-on, à titre d’exemple, que la Grèce s’est principalement endettée par un surarmement ? Et ces armes sont à rembourser à l’Allemagne et à la France. Mais on préfère traiter les Grecs de fainéants !
Bizarre que Dexia qui était banque publique et ne connaissait aucun problème jusqu’à sa privatisation. Nous sommes en train de payer en milliards ses folies privées et l’Etat doit racheter son aile bancaire et bientôt renflouer ses autres secteurs par une recapitalisation de 10 milliards !! Ce n’est pas peu de chose ! Et quand il y a fuite en commission parlementaire après la visite du gouverneur de la banque nationale, c’est le scandale de l’huis-clos qui éclate. L’Etat a vendu pièce de pain cette banque et voilà qu’il doit la racheter très très cher, du style vous vendez un excellent joueur de foot et quand il a une jambe cassée, vous devez le racheter cent fois plus cher ! De qui se moque-t-on ?
Quant au fameux exemple allemand ? Est-il exemplaire de faire gagner 400 euros à plus de 7 millions d’allemands, principalement des femmes ?
Plutôt donc que de viser l’étranger, facile bouc émissaire, de nous contenter d’émotion sur tel ou tel candidat, son physique, ses talents d’orateur, son arrogance ou son « mou », d’avoir peur d’une violence croissante, ne serait-il plus intelligent de nous poser quelques questions bien plus fondamentales et de ne pas céder à une pensée unique bien organisée par des lobbys capitalistes qui ne profitent qu’à une infime minorité pour qui la justice distributive est inexistante ou facilement « charitable ».
22:34 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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03.05.2012
La presse et le débat présidentiel.
En faisant le tour de la presse ce matin, nous pouvons tous constatés qu’à propos du débat présidentiel d’hier, les journaux sont comme la classe politique « partisans ». Si la critique est plus feutrée dans la presse, elle n’en reste pas liée à leur étiquette de gauche ou de droite. Nous aurions tort de croire à leur neutralité ou à leur objectivité. Seul le Figaro ose pourtant encore croire à la victoire de la droite !
Difficile pour tout le monde d’aller à l’encontre de nos conditionnements ancrés ! Pourquoi nier qu’il n’y a pas d’objectivité ? La seule dont on peut s’approcher n’est-elle pas la conscience la plus aigüe possible de notre subjectivité ? Etonnant aussi de voir le peu d’analyse sur le fond du débat comparativement aux petites phrases acerbes et à la personnalité des candidats. La France dite d’en-haut ne voit-elle donc ce débat que comme un match de foot vu par la soi-disant France d’en-bas ? La presse menacée dans son existence doit vendre et s’incline donc à rédiger « people » pour vendre plus. Dommage. Les chroniqueurs cherchent la formule choc et il faut avouer qu’ils sont bons et redoutables dans cet exercice.
Pour nos hommes politiques, tout comme pour nous, il serait temps de s’affranchir du complexe d’Atlas portant le monde sur ses épaules ! Ils en gagneraient en authenticité. Ne serait-il pas plus sage d’accepter un pouvoir nettement moindre que celui qu’ils croient détenir ? Ne devraient-ils pas aussi garder plus d’énergie pour agir plutôt que de la gaspiller dans la communication stérile ?
J’avoue voir aujourd’hui la politique avec un autre regard que celui que j’ai eu tout un temps. Mon recul n’est cependant pas synonyme de désengagement. Il ne me dispense pas de ma responsabilité de citoyen, pas plus que d’accepter l’intolérable injustice sociale et économique. Je n’ai rien d’un déçu ou d’un résigné.
11:15 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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26.04.2012
Non à L'Islam radical et non à l'islamophobie...
Si l’idéologie de l’islamisme radical et du djihad est l'équivalent du fascisme et du nazisme, nous ne la combattrons certainement pas par les mêmes méthodes, mais nous l’amplifierons. Essayons plutôt de favoriser un Islam des lumières, capable d’offrir des réponses nouvelles ou créatives pour le bénéfice de l’humanité et pour ses adeptes. Ce qu’il faut combattre est l’arriération intellectuelle, l’immobilisme économique et social, le blocage sur les plans religieux et politiques. Ce sont les causes principales de la catastrophe appréhendée par certains. Plutôt qu’un anti-islamisme primaire, soutenons ceux qui luttent pour des structures économiques assurant un réel développement, pour un système éducatif efficace, pour un développement de la créativité intellectuelle, car c’est bien cela qui favorisera la fragilisation du monde islamique. Nous en avons un exemple avec la chute du catholicisme intégriste. Agir autrement n’est-ce pas renforcer une religion et une culture qui restent encore trop fermées, voire complètement hostiles à la culture occidentale qu’elles qualifient et accusent d’être « infidèle »? Plutôt qu’une lutte reprenant un peu les mêmes armes que les leurs, ne serait-il pas plus utile et efficace de mettre en avant nos progrès dans des domaines scientifiques, médicaux, technologique dont les musulmans de chez nous d’ailleurs jouissent ? Peut-être alors que les radicaux comprendront que plutôt que d’être un poids mort dans le train de la modernité, ils doivent évoluer et réformer l’Islam, revoir et critiquer un coran ? Nous avons aussi désacralisé notre bible alors que nos curés croyaient qu’elle était valable pour tous les temps et tous les peuples. Les chrétiens, eux aussi, se sont crus les meilleurs de l’humanité.
L’islamophobie ne favorisera jamais la prise de conscience d’une arriération d’une charia qui stérilise les esprits, divise las croyants et « infidèles ». Elle risque, au contraire, de renforcer ses interdits, ses démons, ses complexes.
Les solutions à la « Le Pen » ne seront pas magiques et ne feront que renforcer une confrontation néfaste. Le vrai dialogue, sans tabous et sans naïveté, reste pour moi, la seule voie possible.
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09:35 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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20.03.2012
"Cloclo"
Bien que n’ayant jamais été un grand fan de Claude François, j’ai vu hier le film dont on fait grande publicité. Il a en tout cas le mérite de ne pas faire de ce chanteur un personnage de légende. Il aborde bien combien le côté « people » cachait bien un homme, peut-être fascinant, mais affreusement nombriliste, jaloux, possessif et à l’égo surdimensionné. Le perfectionniste et talentueux chanteur, à l’enfance douloureuse, après des débuts difficiles, deviendra un véritable tyran, s’étonnant de devenir « le mal aimé ».
Le réalisateur nous entraîne dans une succession rapide de tableaux sensés nous dévoiler au mieux une biographie exhaustive de celui qui veut et deviendra une idole autre qu'exclusivement pour minettes.
Bravo à notre compatriote Jérémie Regnier pour sa performance d’imitation, bien qu’elle ne suffit peut-être pas à l’incarnation de ce que fut vraiment la personne au-delà du personnage. L’exercice biographique reste très difficile, mais Meryl Streep m’avait mieux convaincu dans son rôle de Margaret Thatcher ou moins récemment Eric Elmosnino dans son rôle de Gainsbourg.
Un film à voir, surtout pour les « anciens » et « toujours » fans de ce bon chanteur de variété. J’ai vraiment aimé, même si nous sommes loin d’un chef d’œuvre cinématographique ou d’une approche profonde de la personne.
08:31 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |
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19.03.2012
Quand l’émotion collective devient indécente.
Une fois de plus, j’en ai vraiment marre de la surexposition médiatique du drame que vivent les familles des victimes. Je ne regarde plus le JT et toutes les émissions spéciales qui lui sont consacrées. La douleur se scénarise. Nous assistons à un déferlement d’émotions qui frise l’indécence. Ah, pour autant cette solidarité émotionelle soit sincère, il n'en reste pas moins qu'elle est facile.Autre chose et plus difficile serait la solidarité combative. Celle qui voudrait qu’au lieu de dépenses scandaleuses, comme encore celle de notre Ministre de la Défense, qui pour se rendre dans quelques pays pour préparer une commémoration, fait dépenser au pays, c'est-à-dire à nous, 21.000 € par jour ! Voilà qui pourrait servir à améliorer la sécurité de certaines sorties d’écoles, où trop d’enfants encore se font faucher. Et puis n’oublions pas comme le soulignait justement le vice-président de l'Association de Parents d'enfants victimes de la route, que: "sans vouloir faire de parallélisme douteux que près de 800 personnes décèdent chaque année sur nos routes. 22 enfants tués dans un autocar, cela équivaut à peu près au nombre d’enfants tués sur nos routes, en Belgique, dans un laps de temps d’un mois, un mois et demi."
Moi je trouve qu’il n’y a rien de douteux à faire ce parallélisme, car la douleur est la même, mais tellement plus ignorée et tellement moins « épaulée », parce que moins médiatisée.
Alors, rentrons nos mouchoirs de solidarité émotive facile, nos ballons blancs et nos bougies et sortons nos drapeaux de combat pour un Etat plus juste, plus attentif à la sécurité routière et plus particulièrement à celle concernant nos enfants et petits- enfants, en sachant qu’un « bête » accident reste toujours possible. Osons dire à nos politiciens, touchés sincèrement, comme nous, par un drame, mais aussi habiles récupérateurs d’émotions populaires, que bien des douleurs et souffrances pourraient être adoucies, voire supprimées, par une autre politique que celle guidée par le profit et les agences de notation !!!
07:25 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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15.03.2012
A propos de l'accident de Sierre et des médias.
J’aurai évidemment une pensée émue et triste à la journée nationale de deuil, et pas que ce jour d’ailleurs. Mais je sais que l’émotion est facile et bien souvent éphémère, soutenue souvent dans ces cas tragiques par des médias qui nous inondent d’images et de commentaires favorisant lcet émotion facile ou pire une forme de voyeurisme sur la douleur des victimes. La minute de silence vaut mieux ! Dans quelques jours l’émotion sera passée. D’ailleurs la non info permanente après un drame où finalement il n’y a pas grand-chose à dire, sinon que c’est un « bête », terrible et tragique accident, mettra à la une d’autres non infos ! Les médias courront après d’autres faits divers, tantôt joyeux, tantôt dramatiques. Que diront-ils des plus terribles et pénibles drames dont l’échelle est sans commune mesure avec celui dont notre pays vient de connaître ? Rien ou si peu. Parce que ceux-ci résultent d’un système économique qui pourrait pourtant être taxé de criminel. On recherchera, avec raison, les causes exactes de cet accident de car. Recherchera-t-on et dénoncera- t-on notre système capitalisme qui laisse mourir des tas d’enfants de faim, de maladies, d’épidémie.
Il vrai que ce n’est peut-être pas le moment pour parler et écrire cela. L’émotion ne doit cependant pas nous empêcher de jeter un regard lucide sur les médias et ce qu’ils véhiculent comme discours, parce qu’ils ont aussi un pouvoir énorme sur notre émotion, mais aussi sur notre opinion.
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07.02.2012
Hiver 2012 et solidarité.
J’ai toujours du mal à comprendre l’absurdité de notre société.
J’admire et j’adhère à tout mouvement de solidarité envers les plus démunis, les plus paumés, comme le dernier exemple de la RTBF et son opération Hiver 2012. La générosité de la plupart de la population est émouvante et prouve la grande part d’humanité en chacun de nous. Souvent les mêmes qui pourtant démolissent l’étranger, l’alcoolique, le chômeur, n’hésitent pas, dans les conditions actuelles, à se montrer émus, généreux et compatissants ! Mais l’hiver passé, le discours raciste ou nationaliste reprendra et on retrouvera les clichés sur les « pourris » étrangers ou les emmerdeurs de paumés ou sur les fainéants de chômeurs.
Puis, il y aussi ce foutu Etat. Son système de solidarité qui ne parvient pas à supprimer la pauvreté, comme si celle-ci relevait du hasard, de la fatalité, alors qu’elle est le résultat de son injustice distributive. Je reste un convaincu que seul un combat pour établir une politique plus égalitaire amènera à résoudre structurellement la pauvreté.
Bizarre ces riches qui se solidarisent pour apporter des dons, comme pour se déculpabiliser d’être des privilégiés, mais qui se battront pour garder leur pouvoir et privilèges ! Bizarre ces moins riches, voire ces pauvres qui offrent, non de leur superflu, mais de leur nécessaire parfois, parce que touchés par ce qu’ils ont connu ou connaissent encore : la précarité et la peur de l’avenir.
Est-ce parce que l’exemple concret de tel ou tel cas touche plus ; qu’il est plus facile à comprendre que les mécanismes qui engendrent cette misère ?
Je ne comprends pas tous ces paradoxes…
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