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28/04/2009

Sentimentalisme

coeur brisé Cher ordi,

 

Je ne sais trop si c’est le printemps avec la sève qui monte, mais tu me livres bien des difficultés de couples, homos ou hétéros, au bord de rupture ou carrément rompus !

Je ne suis pas conseiller conjugal et je crois d’ailleurs que les conseils en situation de crise, plus encore qu’en d’autres, ne sont jamais très utiles et ne changent rien à des situations douloureuses. Plus utile, sans doute, d’écouter sans trop dire notre pensée profonde sur ce qui peut nous paraître une évidence et qui ne l’est pas aux yeux de la personne en souffrance.

Je constate simplement que peu de personnes poussent sur le bouton bonheur et se plaisent, d’une certaine façon, dans la tristesse. « Prenez garde à la tristesse, c’est un vice » écrivait Flaubert.

La base de toute souffrance n’est-elle pas l’attente de sortir d’une solitude où nous nous perdons plutôt que de nous y retrouver ; d’attendre de l’autre qu’il vienne combler nos sentiments et les remplir d’une passion amoureuse ?

Tout baser également sur des sentiments exagérés, aussi nobles soient-ils, ne nous conduit-il pas dans l’insatisfaction constante ?

Pour quitter le terrain individuel, je crois que nous n’avons jamais vécu autant dans une société sentimentaliste, avec peut-être en conséquence un individualisme source de bien des séparations. Je n’en veux pour preuve que le bombardement médiatique de faits, de situations qui nous font verser des larmes. Il y aurait presque une glorification de la souffrance qui devrait nous rassurer sur notre humanité par la compassion à avoir vis-à-vis de l’autre, du monde.

Les larmes versées, les prises dans les bras ne cessent d’envahir nos écran, avec le but de faire vibrer nos cœurs quelques instants. Mais après ces quelques instants, que reste-t-il ? Que reste t-il des émotions immédiates ? Que reste t-il d’un slow langoureux et amoureux, d’une chanson facile pour midinette en bas âge dans laquelle les adultes veulent encore croire et s’identifier ? Demain laissera place au quotidien, si différent de nos envies sentimentales.

Non, selon moi, le sentimentalisme constant, omniprésent, ne peut qu’offrir l’illusion et pire la déception déprimante. Le sentimentalisme facile ne peut devenir source et moteur de bien-être. Si se prendre dans les bras, se tapoter chaleureusement, pleurer ensemble, peuvent faire du bien, cela n’est pas pour autant la clé de l’épanouissement.

Est-ce tout ce mode de vie, véhiculé par tant de magazines, d’émissions, qui donne l’illusion qu’en dehors du sentimentalisme il n’y a point de vie commune possible ?

Suis-je cynique en dénonçant cela ? Peut-être, moi qui pourtant aime les caresses et défend une convivialité à recréer dans une société qui en manque terriblement. C’est qu’à mes yeux, la convivialité est, contrairement au sentimentalisme, source d’équité .Elle respecte la différence et exclut la possession égoïste.

09:51 Écrit par mik dans Amour | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

28/03/2009

Chemins d'étoiles

Cher ordi,

 

Une semaine assez exceptionnelle vient de s’écouler. Grâce à ton intermédiaire, je retrouvais donc un ami de jeunesse avec un parcours de vie rare et exceptionnel, comme j’aime.

J’ai toujours un peu trouvé les gens dits «  normaux » assez ennuyeux. Mais qui est normal ?

J’aime bien évidemment la philosophie et partager avec lui,  spécialiste de l’Asie (en théorie de par sa formation, mais aussi en y ayant vécu) l’existentiel de vie, avait le goût de la découverte de la différence.

Puis, il eût ce samedi, avec des préoccupations bien autres et des bonheurs partagés différents.

Partager les rêves que peuvent avoir des jeunes (ou moins jeunes !), avec souvent les tensions et déceptions qui en découlent, nous remémore les nôtres.

Je lisais : il faut toujours viser la lune, car en cas d’échec on retombe toujours la tête dans les étoiles !!

Avec l’âge, je suis encore heureux d’avoir encore plein d’étoiles dans les yeux qui me font bien vivre et oublier la nostalgie de la lune espérée autrefois.

Je ne suis pas de ceux qui disent parfois, non sans une certaine réalité : plus je connais les hommes, plus j’aime mon chien !

L’humanité, comme la mienne d’ailleurs, avance toujours dans les mille facettes souvent contradictoires de l’idéal et du vécu. Mais qu’importe, pourvu que l’individualisme laisse encore place aux liens sociaux et surtout n’oublie pas de se plonger dans le mystère d’aimer et d’être aimé.

23:26 Écrit par mik dans Amour | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

13/02/2009

Saint Valentin

Nous voici dans la période des cœurs rouges en vitrine. Saint Valentin oblige.

Mon habitude de t’écrire devrait donc ce week-end se teinter de la tendresse dont chacun a besoin pour vivre les plus beaux moments d’un quotidien semé de trop peu de roses.

Ah le romantisme a un côté où il est tellement bon de se laisser aller, même si nous savons les pièges d’un sentimentalisme exagéré.

Ne plus penser, s’entrelacer et faire l’amour dans la tendresse et la douce violence enfouies en nos corps libérés, voilà qui dépassent tous les mots.

Tous les ordis seront certainement ce week-end remplis de déclarations, de rêves, d’élans doux, nostalgiques.

Mais derrière les écrans, derrière nos souvenirs et devant nos espérances, nos rêves, je sais aussi que des douleurs se réveilleront chez beaucoup d’entre-nous. Les souvenirs d’amours déçus, d’espérances éteintes viendront se glisser dans des draps de solitude et d’êtres aimés perdus.

La Saint Valentin amènera autant d’espérance que de désespérance.

C’est donc à toutes celles et ceux qui gardent la trace d’une blessure difficile à cicatriser que j’adresse aussi cette lettre.

Je partage avec eux la nostalgie et la blessure du souvenir. Le feu de l’amour semble tout illuminer et rend les temps pluvieux ensoleillés. Si aujourd’hui, nous ne découvrons plus que les nuages gris d’un hiver du cœur, réveillons en nous la sagesse des saisons qui passent et reviennent.

Sachons aussi que les amours sont multiples et que le temps amoureux n’est pas toujours de temps de l’amour.

Cher ordi, toi qui est témoin de ma vie, tu sais que mon week-end sera à nouveau comblé par la présence d’un aimé et d’un aimant, avec aussi en moi la conscience que les baisers reçus s’envoleront un jour vers d’autres lèvres.

D’autres saisons viendront encore dont il ne sert à rien d’imaginer les couleurs parce qu'elles ne sont jamais identiques à celles passées.

Que la fête de la saint Valentin soit pour vous, pour moi, un moment d’amour donné et reçu, bien plus qu’un instant amoureux bâti sur un émotionnel fragile et source de souffrance.

 

09:01 Écrit par mik dans Amour | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

11/01/2009

Fin de week-end

Cher Ordi,

 

Nous ne nous sommes pas beaucoup rencontré ce w.e.

C’est que, dans la plupart des supers bons moments, je te délaisse souvent.

Je reviens vers toi, après avoir rangé, fait la vaisselle, etc. après la tornade de désordre de mon ami préféré. En général, je laisse traîné un peu son désordre, comme un peu un prolongement de la trace de son passage. Mais ce soir, j’ai eu envie de recommencer la semaine sans me dire : encore cette foutue vaisselle à faire…

Sa trace, elle est de toute façon bien ancrée. Mais cette fois, il me faudra la garder 15 jours. Le we. prochain s’annonce donc plus calme.

Quelle richesse que l’inter générations ! Bon dialogue, avec chacun ses idées, ses expériences, son présent et avenir.

J’aime sa différence, comme il aime la mienne.

Son narcissisme, son égoïsme ne me gênent vraiment pas. Il a le sens de l’écoute, de l’humour et une belle ouverture d’esprit. Que demander de plus ? Avec en prime un physique de plus en plus beau, digne de figurer dans un magazine de top modèles. Faut dire qu’il le soigne. Des heures et des heures de muscu chaque semaine. La transformation est belle à voir, mais au prix de ce que j’estime être un peu vain et lui nécessaire.

Le monde de l’image est bien normal, hélas selon moi. Nous en avons discuté.

Ne sommes pas nous plus que une étiquette ? Et pourtant, ne nous a-t-on pas appris à nous identifier à des tas d’images, d’étiquettes ? Ne nous a-t-on pas inculqué des modèles ? Ne nous a-t-on pas donné des conseils pour réussir ? Mais réussir quoi ?

Réussir une bonne profession, un bel amour, une belle famille ? Avoir de l’argent ?

Et quand nous réussissons  ou connaissons les échecs dans tout cela, avons-nous réussi ou raté notre vie ? Avons-nous réussi notre vie parce que nous nous présentons comme avocat, homme d’affaire, médecin ou comme personne célèbre, comme père ou mère idéal ?

Nos souffrances de vie ne viennent-elles pas justement de ces identifications ?

N’est-ce pas cette course à une image qui nous a empêché de voir la réalité ?

L’humanité de quelqu’un qui est quand même primordiale et ne dépend en rien de critères qui ne sont au fond que des étiquettes.

Réussir est bien autre chose que ce la presse nous bombarde avec les cancans poeples de gens qui, soit disant, ont réussi. Que réussit de plus une star, un juge, un avocat qu’un plombier ?

Et pourtant, constatez le succès des magazines bébêtes.

Cher ordi, tu fais aussi parfois partie de ceux qui rendent la société stupide.

Devenir président, bon écrivain, beau mannequin, n’a rien à voir avec une vie réussie. Regardez bien ces gens. Ils ont toujours l’air tendu, angoissé. Est- ce cela réussir ?

Réussir mérite en tout cas la conscience de toutes les illusions. Restons alors éveillés et ne sommeillons pas dans les idées toutes faites, dans le prêt-à-porter d’idéaux faux, illusoires et qui n’engendrent que souffrances.

Mettons aussi un peu d’ordre dans notre tête et passons l’amour, comme chante si bien Souchon, à la machine ( et pas que l’amour) pour donner de nouvelles couleurs…

19:40 Écrit par mik dans Amour | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

08/01/2009

Ah l'amour, mais qu'est-ce que c'est?

amour.jpgCher ordi,

 

Je t’écris souvent combien tu es un ami de référence. Source inépuisable de savoir et de connaissances, mais également source de relations.

Facile de t’interroger et de trouver chez toi pas mal de réponses.

Il y en une, en tout cas, à laquelle tu ne réponds jamais vraiment et complètement : qu’est-ce que l’amour ?

Bien sûr, tu me passes là-dessus des tas de textes, des plus romantiques et poétiques au plus cyniques ou comiques. Tu me fais circuler sur des blogs de personnes inconnues ou connues, qui tantôt crient leur bonheur d’aimer ou leur désespoir de ne plus l’être.

Disons que nous savons bien plus ce que n’est pas l’amour que ce qu’il est.

Osons tous avouer que lorsque nous disons à quelqu’un « je t’aime », nous serions bien embarrassés d’exprimer clairement ce que cela signifie vraiment. Sans doute parce que l’amour n’est pas une démarche de simples mots, d’esprit, de plaisir, de sexe, de sentiments. Mais voilà encore du «  n’est pas », comme du n’est pas jalousie, possession, compétition, domination.

Mais jamais, cher ordi, tu ne me dis ce qu’il est. Certes, tu me diras qu’il est parfum sublime et subtil, qu’il apporte énergie et joie de vivre, et bien de belles choses encore. Mais est-il bien cela ?

Et puis, je lis et parle assez souvent sur l’expérience de l’amour. Là ce n’est pas de la théorie. Mais que lis-je souvent ? Des expériences que nous gardons en mémoire, comme moi d’ailleurs, des blessures, des insultes, de la carapace que des tas de gens, d’amis, ont du se faire pour résister aux déceptions, conflits. Là encore pas de discours, mais des faits sur ce que l’amour n’est pas.

Par contre sur ce qu’il est, c’est nettement plus vague. Oh bien sûr, je lis et ai aussi expérimenté les plaisirs de l’amour. Les caresses, le sexe, l’impression d’être compris, épaulé, d’être utile. Bref, je dirais des époques « auréoles », où tout semble bleu, rose, avec un sentiment indescriptible de bien-être, et une capacité de se surpasser. Mais est-ce bien cela l’amour ? Faut-il se sentir émoussés, avoir l’impression de n’être plus seul, avoir l’obsession de l’autre, ne plus savoir s’en passer ?

Moi qui ai raté pas mal d’amours, qui a encore parfois tout cela en mémoire, puis-je dire vraiment ce qu’il est ? C’est que j’en ai eu des passions ! Tiens oui, étrange que ce mot originellement veut dire «  souffrance ». Ne disons - nous pas encore aujourd’hui « la passion du Christ » pour son calvaire et sa crucifixion !

Et vlan, me revoilà reparti dans ce qui n’est  pas ! Il n’est pas que passion.

Oh, je lis sûrement des choses sur ce qu’il est. Mais tu sais, ordi, ces choses sont remplies de préjugés, de clichés, d’images reçues ou crées.

Que veut dire d’ailleurs l’homme ou la femme de ma vie ? Il me semble que les relations amoureuses ou d’amour entre femmes et hommes ne sont pas très différentes.

Sans vouloir être cynique, qu’est-ce que je constate : que pour beaucoup l’amour n’est au fond qu’une recherche de sécurité.  Qu’après quelques années de vie commune, la plupart des couples se contentent de dormir dans le même lit, d’avoir et d’éduquer des enfants, de vivre sous le même toit sans plus vraiment être reliés. Ils ne sont plus que liés ! Constatation facile puisque j’ai vécu cela…

Heureusement, j’ai osé, franchir le cap de la solitude et en elle découvrir bien des choses, mais aussi devenir, je crois, un être plus aimant, avec cerise sur le gâteau, un être bien plus aimé que je ne le pensais.

Mais c’est une autre histoire.

Mon petit mot (que d’aucuns trouveront encore trop long) suffit pour aujourd’hui. Et puis sur ce éternel, mais combien essentiel sujet, j’y reviendrais encore et encore, selon inspiration, expérience, recherche et éclairage par tout ce que je peux lire chez toi et ailleurs, mais plus encore sur comment je le vis.

 

07:06 Écrit par mik dans Amour | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |