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22/09/2006

Lettre 22 ( le pain)

Cher ordi,

 

Je regardais hier, la toujours excellente émission de Ant 2 : Envoyé spécial.

Un bon reportage, entre d’autres sur le pain.

Ah, cher ami, tu es trop jeune toi, pour avoir connu cette époque de l’essentiel qu’était le bon pain.

Les parfums, les senteurs de mon enfance m’envahissent encore le nez, comme celui du gamin que j’étais regardant un oncle boulanger ouvrit son grand four et tirer avec sa grande enfourneuse de bois les pains chauds.

Je me souviens de son grand atelier et de ces poussières de farine envahissant la grande maison de la rue Sainte Marguerite.

Le pain. Quelle évolution aussi. Les premières machines pour le couper en tranches régulières. On conservait le sachet papier, ou nous présentions un en plastic, car ils étaient payants.

Economie de bouts de chandelles, mais c’était ainsi.

Ma grand-mère était alors privée du signe de croix qu’elle traçait toujours au couteau, avant de couper les tranches. Véritable liturgie que ce pain.

J’entendais parler de la guerre où la denrée précieuse n’avait jamais manqué à la maison, grâce aux relations de papa avec un moulin de la région.

Puis, il fallait manger les croûtes pour devenir grand !

Nous avions du respect pour le boulanger du village, presque autant que pour l’instituteur ou le curé !

Et les camionnettes qui livraient à domicile, tantôt un rond ou un carré, un blanc ou un gris. Celle de la coopérative qui représentait celle du diable. Là où elle s’arrêtait, je ne pouvais fréquenter les enfants de ces familles qu’on me nommait «  basse classe ». J’ignorais la signification de ce mot étrange. Je savais juste que c’étaient les enfants qui allaient à l’école communale et dont les parents fréquentaient la maison du peuple… Ceux qui ne récitaient pas le « Notre père », avec le «  donnez-nous notre pain quotidien » !

Le pain était à l’image de la vie, pétris, attendant l’effet d’un bon levain.

Il a évolué, perdant de sa saveur, se banalisant dans la rapidité qu’exige la rentabilité de notre époque. Un bien ou un mal ?

Je ne suis pas un nostalgique. Celui que je mange aujourd’hui à certainement moins de goût, sèche plus vite, n’a plus le sens de l’essentiel que représentait un bonne tartine, remplacée par toutes les céréales glissées dans les paquets colorés de biscuits de tout type qui vantent l’équilibre d’un bon petit déjeuner pour nos enfants et petits enfants.

Qu’à cela ne tienne ! Bien des gens, hélas, mangent encore leur pain noir avant le blanc, mais la majorité d’entre eux ne crèvent plus la misère. Les revendications de la maison du peuple ont porté ses effets.

Une petite pensée aussi, en écrivant ma petite tartine quotidienne, à la première fille que j’ai prise dans mes bras, elle était fille de meunier !

Le moulin du temps tourne encore, lui.

Et dans ce temps, il y a encore de sympathiques boulangers. J’en ai rencontré un dernièrement qui avait une maman très possessive, et une amie dont j’aime les blogs (Nicandra et ma belle-mère).

Je ne te quitte pas de suite, mon cher ordi, j’ai décidé de mettre la main à la pâte pour visiter quelques blogs.

 

Mik.

06:38 Écrit par mik dans Général | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook |

Commentaires

Bonjour Mik... Merci de ta visite et de ton petit mot ...
Le bonheur vient de petites et de grandes choses…
Passe une merveilleuse journée et à bientôt… Gros bisous!

Écrit par : Chadou/Yes | 22/09/2006

Le bon pain Où est le goût du pain d'antan. Je me souviens, étant petite, quand nous allions dans la famille de ma mère en Gaume, le boulanger qui passait apporter le pain, un régal au petit déjeuner, des grosses tranches coupées à la main, une croute croquante, toute une époque révolue :)

Écrit par : manureva | 22/09/2006

Ah ! du vrai bon pain .... ça existe encor' hein ! même ici où y a rien de bon à miam y a quand même 2 "vrais" bons boulangers qui font du vrai bon pain ,qui sent bon et tout..qui sèche pas tout de suite,y en a un quand tu passes devant très tôt ( run )parfois ça sent trop bon parfois...le cramé,pain brûlé hihi ça arrive aussi hein :)
tu sais quoi :)...la croix sur le pain je la fait et même sur du pain Essenien..:)
bonne journée et bon appétit ;))
kisssss

Écrit par : bio | 22/09/2006

... Il y a environ 3 ans maintenant que je pétris mon pain à nouveau, pas dans une machine, sur la table de la cuisine, il lève auprès du radiateur, et oui, plus de poèle pour cela, et il embaume ma cuisine lors de sa cuisson au four.
Il m'est encore arrivé de le signer quand je le coupe au couteau, mais mes hommes préfèrent la trancheuse, les tranches sont plus régulières et plus fines.
C'est bizarre mais j'aime ce moment, je suis au calme, pas de musique, simplement le bruit du travail et les pensées qui volent.
Bises

Écrit par : petit_verglas | 22/09/2006

Il y avait... ... les madeleines de Proust, voici le pain de (mie) Mik !
Les odeurs me reviennent et j’entends la croûte qui craque en refroidissant...
Bonne journée.

Écrit par : le Râleur.na | 22/09/2006

en te lisant ... je fais un comme back à mon enfance ... merci à toi. Tu as même réussi à me refaire sentir ces bonnes odeurs

je revois ma bonne tartine coupée main avec du bon nutella dessus. miam miam :p

à bientôt

ps: au fait pour ton com sur mon blog, moi je voudrais savoir cette histoire sur la fée ;)

Écrit par : love-angel | 22/09/2006

moi aussi j'ai connu le vrai pain. Celui qui sentait bon. Cette odeur de boulangerie me manque. C'est plus pareil aujourd'hui.
bon w-e cher Mik et ...à dimanche ?

Écrit par : jojo | 22/09/2006

Le pain ! Comme ton histoire est bien racontée !
Ah le pain, moi je l'adore :-)
Et quel bonheur lorsque le matin allant travail en passant près d'une boulangerie pas loin de l'opéra, je sens la bonne odeur du pain fraîchement cuit !
Bonne soirée :-)

Écrit par : loulou | 22/09/2006

et moi... on m'a toujours dit qu'il fallait manger les croutes pour avoir de gros nènès ;-))

bon week-end mik, kiss

Écrit par : mnb | 22/09/2006

merci pour cette pensée, nous avons vu la redif aujourd'hui. Même si j'adore et admire ce que fait Vincent je ne peux m'empecher d'avoir un peu de "rancoeur" envers ce métier qui me le vole toutes les nuits, tous les WE. Vivement que nous ayons notre boulangerie que l'on travaille ensemble. On te fera de bons ptits pains ! ;)
A demain

Écrit par : Mag | 23/09/2006

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