mik dupont UA-70672535-1

16/10/2006

Lettres 41.

Cher ordi !

ordi003

 

Ces derniers jours, je te suis de plus en plus infidèle.

Hier encore, je t’ai faussé compagnie au profit de l’opéra.

Une amie m’avait invité, profitant de deux places gratuites et de vip, svp !

Nous étions donc accueilli par le sous-directeur, homme très sympathique et distingué qui nous menait à notre loge. Nous étions placés magnifiquement dans la loge 1.

L’opéra présentait le célèbre « bourgeois gentilhomme » du vénéré Molière. Comédie ballet en 5 actes avec une musique de Lully. C’est au fond la première comédie musicale de l’art lyrique. Pas mal en 1670 ! Je ne sais si Starmania et Cie seront encore jouées dans 4 siècles...

Et bien vous ne devinerez pas, mais je m’y suis emmerdé.

Motifs : Il y avait probablement ce public qui me replongeait dans le monde bourgeois avec lequel j’ai décidé de rompre depuis quelques années. Tous ces gens peu authentiques, snobs, qui se croient un peu l’élite de la société m’ennuient. Faut dire qu’ils s’ennuient aussi. Ils sont toujours en quête douloureuse de se lisser une image d’hommes et femmes « bien » ( confondue souvent avec « de biens ») , cultivés. Les mondanités ne sont plus pour moi. Souvent, si les bourgs mangent avec des couverts d’argent, leurs propos, eux, dégénèrent vite en ceux de concierges !

Bref, la belle « classe » liégeoise (qui n’est pas la pire), ce n’est plus pour moi.

La pièce, elle, ne m’a point convaincu, ni dans son interprétation, ni dans sa mise en scène.

Et pourtant, comment ne pas apprécier ce Molière qui par le personnage de Monsieur Jourdain, nous brosse une société qui n’a au fond pas changé. L’aspiration du plus grand nombre à l’ascension sociale et culturelle, la rivalité des sciences qui se veulent toutes plus importantes les unes que les autres, les parvenus qui veulent apprendre les bonnes manières, tout cela est encore hélas d’actualité.

Si cette parodie était probablement du temps de Molière fastueuse, avec cette superbe musique de Lully et les ballets, il me semble qu’elle devait être plus loufoque, moins lissée que celle que j’ai vue hier.

Bref, je m’y suis emmerdé.

La compagnie de mon amie et ancienne voisine a bien compensé ma perception négative de cette pièce superbement écrite et nous avons fait de la prose, en le sachant, contrairement à ce ridicule Monsieur Jourdain…

Je ne sais si tout le public avait le sens de l’autodérision en applaudissant longuement une comédie qui se foutait au fond de leur gueule.

 

En rentrant, je te retrouvais, cher ordi , grâce à toi mon jeune et préféré ami. Il m’annonçait  sa première véritable amourette avec une jolie fille.

Comme dans la chanson de Dalida, je prenais en plein visage le fait d’avoir oublié que j’avais bien deux fois (que dis-je,  plus que trois fois) 18 ans. Comme la chanteuse, alors que la veille je l’avais vu se rhabiller, je retrouvais ma solitude ! Pas facile toujours à gérer tout cela, même si j’avoue être heureux de le voir si bien évoluer (avec un petit quelque chose qu’il me doit et pour lequel il est reconnaissant).

Ma raison et le réalisme ne m’empêchent pas la sensibilité et la déraison du cœur et du corps !!

Et pourtant, pour poursuivre l’inspiration de Dalida, j’avais bien mis la veille « un peu de noir sur mes yeux » qui l’avait fait rire et vous le fera certainement aussi. (Voir les photos du défilé, qui vous prouveront que j’avais même dépassé de loin le noir sur les yeux. mdr !!)

Et même s’il ne m’avait, comme dans la chanson «  jamais parlé d’amour » « il pensait que les mots d’amour sont dérisoires », je me retrouvais triste, au bord des larmes.

Mais rien n’est perdu. Et lorsque je le reverrai comme il me l’a promis), plus que jamais sans doute, je compterais mes nuits d’automne. Je sais que les couleurs de cette saison sont les plus belles. Je ne puis cependant m’empêcher, face à cette situation qui me rend paradoxalement heureux et triste, de regretter un peu la période de mes printemps.

Mais, comme dit le grand Brel, à une période de nos vies où nous savons que nos prochaines conquêtes deviendront nos prochaines défaites !

Mik.

06:43 Écrit par mik dans Général | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

Commentaires

Venue te souhaiter... une bonne semaine....
Biz

Écrit par : risaloca | 16/10/2006

je pense que c'est la première fois que je te sens aussi tristounet
je me trompe peut être ... de toute façon je te prends dans mes bras et je te fais un gros câlin

Écrit par : Ange | 16/10/2006

coucou papy POur la première partie de ta lettre, elle me fait penser à la chanson de brel sur les bougeois.
Pour le deuxième partie, je te sens tout tristounet aussi et je te fais un gros calin aussi.
gris bisoussssssssss à toi

Écrit par : love-angel | 16/10/2006

je ne vais jamais sur l'ordi je laisse la souris jouer toute seule.

Écrit par : biglodion | 16/10/2006

et voilà tu es arrivé à mettre le tit clip sur ton post ... bravo
bisousssssssss ;)

Écrit par : love-angel | 16/10/2006

hmmm... ... j'aime bien ta façon de tourner tes phrases... quand aux classes et l'etiquette... en angleterre c'est énormes les différences. bonne semaine et gros bisous

Écrit par : cocoli | 16/10/2006

Cher Papy Tu m'as l'air bien triste !
Ne m'as tu pas dit un jour, que je devais toujours être positive !
Toi aussi alors !
Il y a me semble-t-il des tas de personnes sympas qui t'aiment beaucoup !
Tu sais où me joindre si cela ne va pas !
Gros bisous de Bruxelles !
Je t'aime !

Écrit par : den5897 | 16/10/2006

Les commentaires sont fermés.