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06/08/2007

Lettre 196 ( consommation)

Cher ordi,

 

Tu es donc devenu mon nouvel ami dans un monde qui change constamment.

On n’arrête pas le progrès, dit-on. Bien juste, mais celui-ci est-il toujours source de mieux-être pour tout le monde ? Oh, nos grands-parents vivaient moins vieux, étaient bien moins soignés, travaillaient bien plus et les loisirs étaient rares.

Mais chaque progrès a le revers de sa médaille. Sans être nostalgique du passé, ne nous voilons pas la face. La course au profit, à la consommation n’a pas changé grand-chose au bonheur et encore moins aux inégalités sociales.

Si nous ne sommes plus les valets du châtelain et du curé, nous le sommes de patrons, d’actionnaires, d’experts qui nous sondent en permanence.

Nous voilà devenus esclaves de nos rêves matérialistes fabriqués intelligemment par des cerveaux du savoir qui savent comment nous séduire par l’écran plat, les Mp de toutes sortes, les machines à lessiver  et le chauffage que nous pourrons mettre en route depuis notre lieu de boulot, la machine à café qui sera prête pour nous servir une bonne tasse à l’heure que nous voulons, le gps qui nous conduit direct, etc., etc…

Ce nouveau monde de la technologie remplace habilement les sermons religieux sur le bonheur. Nous voilà tout autant surveillés dans notre intimité. Nous voilà espionnés dans nos goûts, nos envies,  notre vie sexuelle, nos croyances, etc.

Nous voilà devenus de simples objets de consommation, mis en statistiques, bien plus que des personnes qui consomment.

Et toute la machine de guerre pour que nous perdions notre sens critique est bien en route, bien aidée par l’industrie du divertissement débile. On nous enferme dans la sphère de la consommation .L’accès au savoir peut devenir dangereux, alors les « ramollisseurs » de cerveaux font leur job et sont bien payés.

Nous voilà devenus des petits soldats aux ordres des généraux puissants des multinationales qui veulent nous faire croire que le bonheur est impossible sans croissance économique.

Alors, j’allais dire bêtement, nous voilà partis sous la bannière ultralibérale !

Mais qui aura accès à la nouvelle cour des grands qui n’est plus celle du roi soleil, mais bien celle des grands magnats de la finance ? Peu importe l’homme, ce qui compte pour ses « grands » actionnaires c’est que cela rapporte. On dégraisse le personnel ou on va ailleurs où l’exploitation de la main d’œuvre fait moins de bruit et surtout rapporte plus.

Ah, cher Ordi, je ne vais pas changer le monde, mais refuserai toujours d’être ce bête exécutant dépourvu de sens critique, bien docile.

Nous nous moquons, craignons, avec raison les fanatismes religieux, mais le fanatisme de la consommation n’est-il pas aussi dangereux et aliénant ?

On ne changera le monde qu’en remettant un peu de la culture, en ouvrant les jeunes plus défavorisés au savoir et surtout en écoutant plus les philosophes et les poètes que tous les experts économiques ! Remettre l’humain au cœur du projet politique. N’était-ce pas le slogan d’un parti dit humaniste ? Tu parles… Tout cela dans un château, ancien couvent je crois, tout un programme quoi…

En attendant, je vais de ce matin vers la technologie radiographique qui m’informera de ma hernie inguinale ou pas !!

Mik.

00:50 Écrit par mik dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

J'aime tes billets d'humeur !
Mais donne aussi de tes nouvelles après ta visite médicale ... On croise tous les doigts !
A tout à l'heure !

Écrit par : jolily | 06/08/2007

et bien! tu en as de la chance dis donc de n'être jamais passé sur la table!

je reviendrai plus tard pour les nouvelles et si tu dois y passer, faut pas petocher m'petit, ça va aller :-)

gros bisous

Écrit par : mnb | 06/08/2007

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