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18/10/2009

Mourir d'aimer.

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Autant j’avais été bouleversé par cette émouvante histoire bien connue entre une professeur et son jeune élève, dans la version première avec Annie Girardot comme interprète, autant le remake avec Muriel Robin, vu hier à la télévision m’a fortement déçu. Le jeune acteur (Sandor Funtek) par contre, respirait l’authenticité  dans un rôle pourtant difficile.

Reste le débat de fond que peut provoquer cet amour interdit. Pas plus qu’hier, je ne sais si aujourd’hui, deux personnes avec une aussi grande différente d’âge, avec en plus tout le problème de l’autorité,  pourraient vivre et s’aimer indépendamment du jugement, souvent cruel et conventionnel, de notre société du XXI siècle.

Cette femme serait certainement encore vue comme une folle, voire comme une perverse ou pire certains y verraient une forme de pédophilie. Pourtant, elle ne l’a pas violé, forcé.  Je crois simplement qu’ils s’aimaient…

Je me suis demandé, comme certainement beaucoup d’autres, ce qu’avait bien pu devenir ce jeune étudiant Christian Rossi. Personne ne semble savoir, sinon qu’il a attendu ses vingt et un ans pour donner un unique entretien au Nouvel Observateur, le 1er septembre 1971, avant de disparaître : "Les [deux ans] de souvenirs qu'elle m'a laissés, elle me les a laissés à moi, je n'ai pas à les raconter. Je les sens. Je les ai vécus, moi seul" , raconte-t-il à l'hebdomadaire. "Le reste, les gens le savent : c'est une femme qui s'appelait Gabrielle Russier. On s'aimait, on l'a mise en prison, elle s'est tuée. C'est simple". Simple comme une histoire d'amour, "pas du tout une passion", selon Christian Rossi qui expliquera : "La passion, ce n'est pas lucide. Or, c'était lucide".

Voilà qui en dit bien plus que tous les débats que cette relation a provoqués et provoquera encore.

Mik.

Pour ceux qui veulent en savoir un peu plus sur ce drame humain, voici le compte rendu du journal  «  Le Provençal » datant de l’époque des faits :

La mort tragique de Gabrielle Russier.

Une histoire d'amour entre un jeune lycéen de 17 ans, Christian R. et l'un de ses professeurs, Gabrielle Russier, âgée de 32 ans, vient de se terminer d'une façon tragique après avoir connu plusieurs épisodes aussi douloureux que navrants.

L'affaire avait été rendue publique le 11 juillet dernier, à la suite d'un jugement rendu ce jour-là la par 7e Chambre du Tribunal de Grande Instance de Marseille. Poursuivie pour détournement de mineur à la suite d'une plainte déposée par les parents du jeune Christian, eux aussi dans l'enseignement à la Faculté d'Aix-en-Provence. Gabrielle Russier, professeur agrégé de Lettres au lycée Nord à Marseille, divorcée, mère de deux garçons, fille d'un avocat parisien, était condamnée à un an de prison avec sursis. La famille du jeune homme, partie civile, obtenait le franc symbolique de dommages et intérêts.

L'affaire avait été jugée la veille à huis-clos, le tribunal ayant décidé qu'aucune publicité ne devait être donnée aux débats. Le substitut du Procureur de la République avait réclamé une peine d'emprisonnement avec sursis de 13 mois afin que l'accusée ne bénéficie pas de la loi d'amnistie.

Cependant, on apprenait, le soir même, que l'affaire allait être évoquée une nouvelle fois en justice, devant la Cour d'Appel d'Aix-en-Provence, cette fois-ci. En effet, le Parquet avait décidé de faire appel à minima.

Mais Gabrielle Russier vient de mettre fin à ses jours en s'asphyxiant au gaz d'éclairage dans l'appartement qu'elle occupait au 11e étage de la résidence Nord du quartier Saint-Antoine. Cette mort tragique de la jeune femme vient de mettre un terme à l'action de la justice.

Cette malheureuse histoire d'amour débuta en octobre 1967.

Gabrielle Russier, brillant professeur au lycée Nord a, parmi ses élèves de seconde, le jeune Christian R., 16 ans et demi, mais déjà solidement bâti et don la barbe à la « Che » virilise fortement le visage.

Aimée de tous ses élèves, la jeune femme réunit souvent chez elle plusieurs d'entre eux. On est en mai 1968, époque des fameux événements estudiantins et c'est dans cette ambiance animée que le professeur et le jeune élève finissent par s'aimer.

Cette liaison ne fut pas du goût des parents qui pensèrent y mettre fin en éloignant leur fils. Le jeune potache fut envoyé en pension à Argelès.

Ce n'était pas là un obstacle suffisant pour mettre fin à la passion du jeune homme et de Gabrielle Russier. Elle alla rejoindre son élève et ensemble ils firent une fugue. Retrouvé, le jeune homme réintègre de force le domicile paternel et peut après fut expédié chez des parents à Montpellier. Il s'en suivit une seconde fugue. C'est celle-ci qui déclencha la plainte des parents.

Gabrielle Russier fut arrêtée et emprisonnée pendant deux mois à titre préventif.

Il semble que la jeune femme ait été fortement traumatisée par son séjour dans la Maison d'Arrêt des Baumettes et de la promiscuité dans laquelle elle dut y vivre avec des voleuses et des prostituées.

« Il semble qu'on m'ait humiliée à plaisir », confia-t-elle à des amis.

En congé de maladie depuis le 7 octobre 1968, Gabrielle Russier n'était revenue que depuis 48 heures à Marseille après avoir passé l'été dans les Hautes-Pyrénées et avoir été soignée dans une clinique où elle avait subi une cure de sommeil.

Elle se retrouva alors dans son appartement marseillais où tout lui rappelait le souvenir de Christian et la rupture imposée. Le Tribunal de Grande Instance de Marseille avait été compréhensif. La Cours d'Appel d'Aix le serait-elle autant? Comment réagiront l'administration et l'Education nationale? La carrière de la jeune femme sera-t-elle compromise?

Autant de questions que se posait la jeune femme et qui lui faisaient apparaître son avenir sous le jour le plus sombre.

Et, lundi après-midi, ce sont des voisins de palier qui, incommodés par des émanations de gaz, alertèrent les marins-pompiers. La porte de l'appartement était fermée de l'intérieur et les secouristes durent enfoncer une fenêtre.

Gabrielle Russier gisait inanimée sur son lit. Elle avait cessé de vivre. Le tuyau du fourneau à gaz était débranché.

La désespérée n'avait laissé aucune lettre.

Bien que le suicide ne semble faire aucun doute, le Parquet n'en a pas moins ouvert une information et a ordonné une autopsie.

Pierre VADIER (Le Provençal)

07:10 Écrit par mik dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

Commentaires

Sans être laxiste je revis très mal cette histoire et je me souviens de ma révolte d'alors.Même si je suis passé dans le moule à embourgeoiser de la société pour mille et une choses, il y a des valeurs qui sont demeurées intactes. Je dirais qu'il serait mieux de montrer du doigt les gens sans amour que ceux qui en vivent un hors norme... mais quel boulot on aurait!!!! Je commencerais par faire un tour dans les séniories question de voir la tête des gosses quinqua qui découvrent une idylle d'octogénaire...
Allez bon dimanche d'Amour

Écrit par : Mireille&Pat. | 18/10/2009

Bonjour Mik Je n'ai pas regardé ce remake, je garde toujours l'impression de la première version qui m'a évidemment émue à l'époque. Je ne pense pas que ce genre d'histoire serait vu aujourd'hui avec d'autres yeux qu'à l'époque. Nous en sommes toujours à la norme et les amours "différents" blessent la morale. On dit que l'amour soulève des montagnes mais dans bien des cas, il faut se rendre à l'évidence, il est bien difficile de faire face à une éducation judeo-chrétienne. C'est bien triste en tout cas, parce que l'amour n'a pas de frontière, pas d'interdit, pas d'âge aussi tant qu'il est librement consenti par les deux parties.
Bon week-end :)

Écrit par : Manureva | 18/10/2009

la dernière phrase de manureva est tout ce qu'il faut retenir "l'amour n'a pas de frontière, pas d'interdit, pas d'âge aussi tant qu'il est librement consenti par les deux parties".

Devient un problème juridique et moral tout ce qui dépasse cette frontière !

je n'ai pas vu ce film ni entendu
parlé de cette affaire mais elle ressemble à tant d'histoires du même genre...Mais elle ressemble aux milliers d'autres qui se vivent encore tous les jours.
bon dimenche mon mikou
à bientôt

Écrit par : jojo | 18/10/2009

Coucou Mik ! Que voilà un beau sujet à développer : l'Amour.
Tomber en amour, être amoureux, le coup de foudre, ... personne ne maîtrise. L'amour est imprévisible. Il vous tombe dessus, et la seule façon de s'en sortir, c'est de le vivre, quel que soit l'âge, jusqu'au bout !
Je me souviens très bien de l'affaire de Gabrielle Russier, qui a fait couler beaucoup d'encre à l'époque, et de nos jeunes esprits contestataires et révolutionnaires. Devenus vieux, combien de ces jeunes ont gardé leurs espérances et leur foi dans un avenir plus ouvert aux réelles valeurs ? Nombreux se sont embourgeoisés et sont rentrés dans les rangs des conventions et des moeurs dites "bonnes".
Les fameux "bourgeois" de Brel ...
Je dois dater, ou être naïve, ou "fleur bleue", ou un peu folle ... mais je crois toujours à l'amour avec un grand A et je suis toujours émue devant un couple atypique.
A bientôt de te lire Mik !
Bise et bonne nuit
Jo

Écrit par : jolily | 23/10/2009

cOucOu mik ben je vais te dire que moi j'en serais bien capable de mourir d'aimer car les chagrins d'amour font trop mal
Bon week-end a l’abri de la pluie en espérant que la semaine à suivre soit ensoleillée
Je ne sais pas si je pourrai passer vendredi prochain trop de douleurs dans tout le corps difficiles à gérer je verrai déjà aujourd’hui c’est dur mais j’aime venir sur vos blogs des soins sont prévus…
Un post est planifié passera qui pourra a moins que ma santé s’arrange
A bientôt quand même et gros bisous de ma Vendée natale
COCO !
http://cedricangel.skynetblogs.be

Écrit par : COCO! | 23/10/2009

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