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27/02/2010

Emotionnel et immédiateté.

hommage
Cher ordi,

Et c’est reparti pour une cérémonie d’hommage aux victimes du rail. Y en a marre de voir la parade des « puissants » et édiles politiques, religieux et consors.

Il me semble que la politique est devenue une simple caisse de résonnance de l’émotionnel et de l’immédiateté. Elle perd ainsi de plus en plus la raison qui demande réflexion et recul. Il faut, bien entendu, tenir compte d’une actualité et en tirer des leçons. Est-ce pour autant qu’il faut céder à cette espèce de fausse mise en scène d’une réalité dont nous sommes bombardés, conditionnés par des médias qui utilisent l’émotionnel comme source d’audience et des politiques comme source d’électorat ? Ne faut-il point dépasser cela et aller au cœur même des causes pour remédier valablement aux maux dont souffre notre société d’aujourd’hui ? Ce mal n’est-il pas tout simplement la perte de valeurs fondamentales, celles qui veulent que l’être humain ne soit pas une simple machine de production et de consommation ? N’est-il pas temps que la masse populaire, endormie et maintenue dans les pantoufles de son égoïsme de consommateur, reprennent le combat que j’ose nommer lutte des classes.

L’amour de la démocratie est celui de l’égalité, écrivait déjà Montesquieu. Or, notre démocratie révèle sur ce point fondamental une fameuse marche arrière. La course au profit du capitalisme libéral ne cesse d’agrandir les inégalités.

Nous attendons des partis politiques et des leurs responsables, autre chose que leur compassion et leurs petits sparadraps pour soigner la grande crise que nous traversons. Mais ils ne bougeront pas tant que nous resterons soumis et silencieux. Ne devons-nous pas inventer une nouvelle révolution ? Ne devons-nous pas sortir de notre défaitisme, de notre «  que puis-je y faire, c’est ainsi » et prendre comme arme la force d’une opinion publique qui ne se laisserait point manipuler par les chantres des berceuses, jeux débiles et faciles mises à notre disposition par ceux qui ont tout intérêt à nous occuper sans nous faire réfléchir ?

Les hommages hypocrites aux victimes de catastrophes, les simples constats du drame humain des milliers de personnes perdant leur emploi, l’appel à la générosité des citoyens pour corriger les lacunes de l’Etat, les fausses déclarations d’indignation de la classe politique face aux spéculateurs qui s’en mettent plein les poches, Y EN A VRAIMENT MARRE.

08:50 Écrit par mik dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

21/02/2010

Avec le temps...

chemin

Cher ordi,

 

Je lisais chez Véronique (http://femmeinvisible2.skynetblogs.be/) un beau texte sur la vieillesse. Que dire aussi de mes rides, ces traces du temps qui se dessinent lentement sur mon visage ; de ces cheveux qui partent en signe d’automne de vie. Je regarde peu le miroir, celui du présent autant que du passé. Et pourtant le fil des années passées revient parfois en surprise. Un parcours varié, jamais monotone et dans l’ensemble enrichissant. Recherche de soi, idéaux brisés parfois, mais toujours des rencontres qui font progresser. Avec le temps, il me semble me souvenir surtout des amitiés et des amours d’autrefois. Les sincérités parfois éphémères, les emballements, les passions, les accidents, les contradictions, les peurs, ont jalonné, marqué bien des étapes différentes.

Ma vie s’inscrit bien évidemment dans la dynamique des multiples changements de société du siècle passé. Né dans la tradition où la famille était au cœur de toute activité, j’ai sans doute, après m’en être détaché pour vivre un idéal religieux, recréé ce modèle fondé sur la domination masculine ! Si mes plus beaux jours de vie demeurent ceux de la naissance de mes enfants, les plus douloureux sont ceux aussi liés à tout un long processus de déliaison avec eux. Il n’est pas simple pour un homme de ma génération de perdre le contrôle sur l’univers familial. Cela passe par le refoulement des émotions, la culpabilité, la compétitivité, voire l’agressivité. Sans doute est-ce le sort de tout amour. J’assume pourtant mon choix de divorce après plus de trente ans mariage, celui aussi de me recentrer sur mon épanouissement personnel et ma «  différence sexuelle » sans m’enfermer dans un quelconque rôle « emprisonnant ». J’accepte la controverse qui me tiraille pourtant entre maintien ou non d’une implication ou d’une distanciation qui tout compte fait ne dépend plus de moi. A chacun revient de faire ses propres choix. Contrairement d’ailleurs au passé, la filiation de garantit plus le lien père-enfant. Autre chose est probablement le rôle de la mère qui est moins mis en doute par l’importance de sa dimension pratique…

Notre siècle reste passionnant, parce que justement les anciens principes qui m’ont guidé sont devenus inadaptés et que les nouveaux ne sont pas encore fixés ! Il faut improviser, créer et accepter sans hypocrisie la fragmentation de nos expériences contradictoires. Sans doute faut-il repenser tout cela dans le respect de l’intérêt de chacun.

Toute ma vie, cher ordi, que je livre un peu aujourd’hui, a été passionnantes parce que semée de changements et d’incertitudes. Plus passionnante encore depuis que j’ai levé le voile sur des hypocrisies et tabous. Je me sens mieux dans un vaste mouvement d’ouverture que dans un conservatisme qui veut fixer la place et le rôle de chacun comme dans un faire-part d’autrefois qui passait en revue la généalogie familiale.

J’avoue pour terminer cette petite confession que ma plus belle aventure reste certainement celle de la découverte que j’ai pu faire de moi, de mes émotions, de mes sensibilités,  grâce à un très long accompagnement thérapeutique de grande qualité.

Le meilleur que je vis aujourd’hui reste bien évidemment celui de m’entendre dire encore «  je t’aime », comme jamais je ne l’avais entendu.

12:54 Écrit par mik dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

17/02/2010

Gainsbourg ( vie héroïque)

gainsbourg
Autant j’aime cet artiste incontestable, autant j’ai été déçu du film récemment sorti sur sa vie. Heureusement, le film est sauvé par une magistrale interprétation de Eric Elmosnino. Pour le reste, on s’ennuie très vite. La vie de l’artiste n’est guère héroïque et ses espèces de fantasmes imaginés par un sosie d’immense marionnette semblent vite une caricature du juif écorché. Si l’ambition était de faire un film non réaliste, c’est malgré tout raté. L’espèce de conte ne présente qu’un personnage vide, égocentrique, superficiel, sans consistance. J’ose espérer que l’artiste que j’aime était autre !

10:46 Écrit par mik dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

12/02/2010

La réussite scolaire en héritage.

école


La réussite scolaire en héritage ? Une récente analyse scientifique démontre une fois de plus l’inégalité scolaire. Les enfants issus de familles modestes sont trois fois plus nombreux dans les filières professionnelles en Communauté française et quatre fois plus nombreux en Communauté flamande. Voilà qui en plus d’une mauvaise qualité en général n’est pas réjouissant ! Et que on ne vienne pas encore dire que c’est la faute de moyens insuffisants. Les moyens financiers alloués à l’enseignement en Communauté française sont suffisants et même parmi les plus importants de l’OCDE, dignes par exemple des pays nordiques. C’est dès le primaire qu’il faudrait surtout agir.

Voyons donc la réalité en face. Si il y a bien des exceptions, dans la grande majorité des cas un jeune d’origine modeste a bien moins de chance de « réussir » scolairement, socialement qu’un dont on dit « bien né », entendons par là issu d’un milieu bourgeois et intellectuel. L’ascenseur social auquel aspirent pour leurs enfants de nombreux parents issus de la classe ouvrière est bel et bien en panne. Les écoles d’excellence accueillent peu de jeunes issus de la classe dite inférieure.

Je l’ai dit des exceptions existent et c’est heureux. Cela n’empêche la question essentielle de l’inégalité face à l’accès de la formation, de la culture et du savoir. Celle-ci n’a pas reculé depuis les dernières décennies et a même tendance à s’accroître.

Je reste un convaincu que l’école pourrait mieux palier aux lacunes du langage et à une forme de conceptualisation difficile du milieu populaire. Mais la plupart des enseignants ne formulent pas assez cette attente. Ils privilégient, à tort selon moi mais aussi beaucoup de pédagogues, le rôle des sensations au détriment de l’intellection. A leur décharge, il faut dire que beaucoup de parents ont aussi une approche très « sensitive » de l’enseignement et ne voient qu’une utilité immédiate dans la formation en trouvant superflu tout ce qui ne peut pas, apparemment, servir directement à un choix de métier ou de profession.

Je suis en tout toujours surpris de nombre de personnes et plus encore de jeunes qui peinent dès que l’on sort du concret pour atteindre et « jouer » avec des concepts. Dès lors, le langage disciplinaire devient presque inaccessible.

Nos enseignants d’aujourd’hui ne favorisent-ils pas trop une approche psychologique ? A force de comprendre les difficultés de l’élève mal entouré par un milieu familial ne sachant pas trop l’aider à surmonter les difficultés intellectuelles, n’attendent-ils pas moins de celui-ci, aggravant ainsi l’inégalité ? Des études montrent que les maîtres exigeants vis à vis de leur élèves, qui ne se sont pas adaptés à leurs prétendues difficultés, font le mieux progresser leurs élèves.

 

18:58 Écrit par mik dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

08/02/2010

Un tout bon w.e.

venise 1
Bon we encore que celui-ci passé avec mon jeune ami et son chat...

Samedi, nous nous sommes bien divertis en allant au petit théâtre bien sympa du Proscenium. N’ayant pas réservés, nous nous sommes retrouvés sur les marches. Cela ne nous a pas empêchés d’apprécier la savoureuse comédie, sans grande prétention de «  Venise sous la neige ». Les comédiens étaient dynamiques et interprétaient avec talent cette pièce où déchirures amoureuses et déclarations de mariage font bien rire. Bien mieux que les onze connards envoyés en Afrique dans la pseudo ferme de TF1!!

Dimanche matin, pas loin de la batte, je participais à la campagne de la taxe des millionnaires avec quelques « camardes » du PTB. J’étais surpris du bon accueil généralement reçu. Pas mal de gens exprimaient leur ras-le-bol de la politique actuelle et signaient avec plaisir cette pétition en faveur d’une taxe de 1 à 2% sur les 88.000 fortunés au dessus de 1 million d’euros que compterait notre pays. L’argumentation de la fuite des capitaux ne résiste pas à l’analyse puisqu’en France l’ISF (impôt de solidarité sur la fortune) a fait seulement fuir 1% des redevables de cette taxe, et notamment en Belgique ! Et qu’on ne vienne pas me dire qu’une fortune de  million d’euros ne provient que de son propre travail !

Voilà bien un we amusant, divertissant avec un peu d’esprit citoyen en prime !

Pour celles et ceux que cela intéressent, visitez le site www.taxedesmillionaires.be. Nous attendons encore des fans !

17:20 Écrit par mik dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

03/02/2010

Deuil à Liège.

Liégeois, je n’ai pas encore parlé de l’explosion dramatique qui a eu lieu au centre ville, rue Léopold. Je n’aime jamais réagir trop vite sur le coup de l’émotion. Loin de relativiser ce drame, je me dis pourtant que tous les jours d’autres drames se jouent sur la route, sans que cela fasse la une de l’information. Que tous les jours, y compris dans notre pays, des gens souffrent de froid, cherchent à se loger décemment. Que tous les jours des commerçants connaissent huissiers et faillite, sans que cela ne fasse la une. Et puis, tout d’un coup, la conscience collective se réveille face à une catastrophe imprévue. Elle sera sans doute vite effacée, laissant place à la prochaine émotion souvent généreuse mais aussi morbide.

Et pourtant bien des drames pourraient être évités si notre société et ses responsables la concevaient plus solidaire, non seulement dans des moments comme ceux de ce drame, mais au fil du temps.

Voilà un quartier à  belle architecture, un petit joyau de la « belle époque », devenu une espèce de chancre urbain laissé aux mains de pas mal de vendeurs de sommeil ou de logements à la limite de la salubrité. Il suffit de regarder le délabrement de ces beaux immeubles, sauf souvent un rez de chaussée commercial modernisé et pas toujours de très bon goût.

« Liège qui gagne » semble aujourd’hui être le Liège du commerce avec des projets et réalisations du type médiacité ou encore gare grandiose des Guillemins et grand Curtius. Très bien, mais une rénovation urbaine ne peut se contenter de cela. Bien trop peu de projets visent à rendre la cité à ses habitants en améliorant son cadre de vie, en veillant à la mixité sociale de quartiers qui hélas se «  communautarisent » de plus en plus. Le soutien aux associations diverses qui visent la convivialité et une culture accessible à chacun reste parent pauvre. Je ne dis pas que rien n’est fait, mais bien trop peu comparativement aux moyens distribués dans des partenariats privés visant avant tout le profit.

Faut-il des drames comme celui qui vient de se produire pour voir la Ville prendre ses responsabilités et racheter ce qui devient taudis aux mains d’exploitants parfois douteux pour enfin s’engager à une rénovation indispensable ?

Forcer une autre politique, dénoncer la pauvreté de trop de laissés pour compte, s’attaquer aux racines de la marginalité, voilà une solidarité à créer et bien plus payante à long terme que l’indispensable mais éphémère solidarité suscitée par l’émotion toute passagère suscitée par la douleur de familles endeuillées.

18:08 Écrit par mik dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |