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17/01/2012

à propos du: " comme moi..."

oreille.jpgJe ne sais si vous avez déjà remarqué le nombre de personnes qui lorsque vous parlez un peu de vous, vous répondent : « c’est comme moi…. ». Du coup, vous vous semblez un peu obligés au lieu d’être écoutés de vous mettre à son écoute. En fait, souvent à ce moment, nous nous trouvons dans une espèce de superposition de monologues. Votre seule envie d’être écouté est frustrée. Il n’y a plus vraiment de dialogue, mais une espèce de comparatif où la différence de vos sentiments, de votre action, de votre pensée, de votre expérience se fond, s’efface dans ce que l’autre prétend être plus ou moins identique à lui, à sa façon d’être ou à son vécu. Pire encore parfois, ce comparatif devient concurrentiel ! Il y a comme une manie chez votre interlocuteur de se situer, d’être reconnu comme quelqu’un qui se voit comme supérieur ou inférieur. 

Rares sont au fond les personnes de véritable écoute, celles qui sont attentives à votre personnalité, à votre originalité. Rares sont celles qui ne tentent pas de se raccrocher à des catégories, à des clichés bien ou mal établis par la société, l’éducation et la culture dans lesquelles nous vivons. Dès qu’elles ne vous sentent pas appartenir au «  commun » de ce qui est dit, véhiculé, ancré, elles se sentent presque comme menacées dans leur espèce de certitudes. Plus d’ailleurs leur connaissance est limite, plus elles tentent de s’affirmer. 

Chacun vit, se bat, avec, bien entendu, ce qu’il  a reçu et s’est construit. Il ne m’appartient pas de juger ou de rejeter ce type de personne. Ma petite réflexion se veut un simple décodage. Elle me fait penser combien il est difficile de se séparer de l’autre, de  tout ce qui nous conditionne pour tenter de nous situer personnellement sans toujours avoir besoin de références extérieures. Nous sommes pourtant tous des êtres uniques. Les ressemblances ne sont bien souvent qu’apparences. 

J’avoue m’entendre évidemment mieux avec des personnes avec lesquelles je sens des affinités , ce qui ne veut pas dire des ressemblances. Ecouter l’autre, sans se référer au «  comme moi », est s’enrichir de sa personnalité, tout comme lui peut s’enrichir de la vôtre quand vous lui livrez votre expérience, vos pensées, vos sentiments. Le «  comme moi » est souvent le signe d’une oreille peu attentive. Vrai que l’oreille à besoin comme principale partenaire de la bouche... Il faut écouter pour parler ! Mais nous sommes des êtres complexes et nos « mécaniques » de fonctionnement pas simple à vraiment à décoder. 

Peu importe après tout. Le plus important reste le cœur, comme centre de notre animation intérieure et qui lui ne classe pas, ne fait pas trop de distinction entre pensée, intelligence, écoute et qui englobe ce qui se passe secrètement au fond de chacun. Alors malgré mon marre du «  comme moi », je tente d’être tolérant, de me taire de plus en plus, et surtout d’aimer encore.

17:31 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Bonjour cher Mik,

C'est comme " Moi" je pense comme " Toi " ;-)

Ce texte est vraiment pertinent, les gens ne se rendent parfois mm pas compte qu'ils n'écoutent mm plus leur interlocuteur.

IL faut être disposé à l'écoute et celà n'est peut-être pas donné à tout le monde.

Je remarque en effet cette surenchère depuis que j'ai commencé à cotoyer des patients ou soucis d'autrui ...

J'en suis arrivée à saturation des " moi, je " qui s'interpellent et à force j'ai pris quelques distances, néanmoins je reste présente à l'écoute de l'autre. Cet effet, tout comme toi, ne m'empêche pas de continuer à aimer ....

Merci pour cet article MIk.
J'ai tjrs bcp apprécié ton intégrité...

Écrit par : Frany | 19/01/2012

Très juste.
J'aime bcp ce que tu décodes . Merci pour ce post qui me remet un peu les idées en place^^

Écrit par : englishbob | 22/01/2012

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