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19/06/2012

A propos du film: " A perdre la raison".

Ce film inspiré de l’affaire Geneviève Lhermitte pose beaucoup de questions. Le cinéaste a beau insister sur le caractère fictif de son scénario, il est difficile, lorsqu’ on a suivi le procès Lhermitte, de s’en détacher. J’ai aimé ce film qui aborde le thème délicat de tout un processus affectif qui peut aboutir à l’ignominie. Comment un être humain « aimant », en l’occurrence ici Murielle,  peut-elle en arriver à tuer ses enfants ?

 Murielle et Mounir s'aiment passionnément. Depuis son enfance, le jeune homme vit chez le Docteur Pinget, qui lui assure une vie matérielle aisée. Quand Mounir et Murielle décident de se marier et d'avoir des enfants, la dépendance du couple envers le médecin devient excessive. Murielle se retrouve alors enfermée dans un climat affectif irrespirable, ce qui mène insidieusement la famille vers une issue tragique. L’omniprésence de ce médecin « tyran » semble empêcher toute relation en dehors de lui. Serait-elle la cause du drame final ? Le film fait de ce médecin  un personnage méprisable et détestable. Cela manque de nuances. Est-il seul responsable de l’autarcie familiale ?

Ce film est bien monté. Il est pudique. Le mélo est évité. L’interprétation est magistrale. On en ressort bouleversé. Rien ne peut bien évidemment admettre de tels crimes, même pas une tentative de compréhension. Nous pouvons cependant, comme le cinéaste, poser la question du processus amenant à des actes aussi dramatiques et incompréhensibles.

Mais peut-on, même en précisant que le film est une fiction, se saisir d’un fait divers aussi récent ? Ces personnes n’ont-elles pas le droit à l’oubli ? Je comprends leur réaction de colère. Le public aura le réflexe de ne point y voir la fiction. Là est pour moi le danger. Il y a bien confusion  qui met en cause la protection de la vie privée du criminel, de sa famille, de l’entourage.

Le cinéma semble de plus en plus inspiré ces derniers temps par les faits divers.  Les films précédés de la mention « inspiré de faits réels » s’amoncellent : «  Omar m’a tuer », «  Présumé Coupable », « Possessions », «  38 témoins »,  pour n’en citer que quelques-uns.

Le piège à éviter serait d’y voir la réalité de façon objective. Pour ce film encore, si nous sommes amenés à réfléchir sur la source de dérèglements psychologiques, n’oublions pas que cela reste une affaire de cinéma !

11:01 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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