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26/06/2012

Croissance ou austérité: un faux débat!

 Après le thème de l’austérité indispensable, voici venu celui de la croissance. Tous les discours, dont les politiques nous bassinent les oreilles et le portefeuille ne cessent de considérer la compétitivité comme élément  indispensable du développement économique. Voilà bien ce qui arrange l’individualisme libéral à tous les niveaux, avec comme conséquence un accroissement de l’injustice sociale. Ne nous faisons aucune illusion, l’obsession de l’austérité, tout comme celle de la croissance, telles que vue aujourd’hui dans un contexte concurrentiel, ne peut mener  qu’à appauvrir la masse au profit de quelques puissants.

Alors que nos édiles légifèrent de plus en plus sur la  « morale » personnelle, ils oublient l’éthique collective. L’écart entre individualisme  et solidarité se creuse  en maximalisant celui entre principe et réalité.

Suis-je dans l’utopie en pensant qu’il  existe un moyen de mieux allier en politique, comme sur le plan personnel,  individualisme et solidarité ? Sans nier que nous sommes tous des « égocentrés », nous sommes aussi tous favorables à autrui.

Si j’entends parfois ce discours chez des partis qui se disent humanistes, je constate une pratique toute autre. Solidarité et individualisme seraient-ils devenus impossibles dans nos sociétés occidentales ? Comment les rendre à nouveau compatibles ?

Il ne suffit pas de circonscrire de plus en plus une éthique individuelle respectant celle de l’autre, faut-il encore avoir le courage de circonscrire également toute une éthique collective favorable à autrui !

Si avec raison, nous pouvons voir condamner le racisme, la pédophilie, le harcèlement sexuel ; s il est bien de  légaliser  l’avortement,  l’homosexualité, l’euthanasie, etc,  il est pour le moins bizarre  de voir encore légalisée la concurrence économique dont pourtant  l’ensemble de ses actions sont très dommageables  à une majorité de citoyens !

Ne faudrait-il pas rendre illégal ou du moins freiner  l’appétit de pouvoir des plus puissants et réguler les comportements de masse nuisibles à autrui. Il  s’agirait, par exemple d’instituer des seuils maximums de patrimoine et de revenus et de limiter le nombre de postes d’administrateurs tenus par un même individu dans des conseils d’administration d’entreprises.

Est-ce rêver de voir se concrétiser un nouvel enjeu qui  consisterait à remplacer les repères traditionnels, de plus en plus perdus au cours de l’industrialisation et de l’atomisation sociale, par une meilleure éthique collective ?

A quand un autre discours que celui de la frénésie de la croissance ou de l’austérité ?

Le besoin d’accumuler ne fait en rien survivre le collectif, bien au contraire il le tuera à long terme.

Ma vision, probablement naïve,  est autre.  Elle rejoint celle d’Albert Jacquard, brillant écrivain et biologiste,  qui disait : « La liberté n'est pas la possibilité de réaliser tous ses caprices ; elle est la possibilité de participer à la définition des contraintes qui s'imposeront à tous.  » ou encore : « Désormais la solidarité la plus nécessaire est celle de l'ensemble des habitants de la Terre.  »

Je vieillis et si je peux moins m’engager qu’auparavant, mon objectif est encore à l’image du sien : il  n'est pas de construire la société de demain, mais de montrer qu'elle ne doit pas ressembler à celle d'aujourd'hui.

09:09 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Merci pour ce témoignage, de plus ton article ne manque pas de sens et de vérité! :)

Marie.

Écrit par : femmme de menage | 26/06/2012

merci Marie!

Écrit par : mik | 27/06/2012

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