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17/10/2012

Ma petite analyse après les élections de dimanche.

 

  Nous Wallons, avons la fâcheuse habitude, de ne pas assez regarder ce qui se passe en Flandre! Si l'objectif de la NVA était de bien s'ancrer sur le terrain local et faire d'Anvers un symbole fort pour engager encore d'avantage le séparatisme, il est assez bien réussi. Il faut cependant relativiser, car la victoire en voix est nettement moins spectaculaire qu'annoncée et est en grande partie due au siphonage des voix du Vlaams Belang. Il n'empêche qu'au- delà d'un succès séparatiste, ce parti cache bien une politique anti sociale et extrêmement droitière dont les travailleurs et la classe moyenne ne sont pas toujours conscients. De gauche véritable, il y en a encore moins en Flandre que chez nous! Le SP.A est encore plus libéralisant que le PS, ce n'est pas peu dire!  A côté donc du nationalisme flamand en progrès évident, n'oublions pas ce virage est  très libéral, malgré la perte d'un Open VLD très mal conduit.  Wallons et Bruxellois ne doivent pas être naïfs. Le séparatisme est aussi prétexte pour un "détricotage" de la sécurité sociale. Pour ne pas ouvrir cette brèche, il faut une union des tous les travailleurs, du nord, du centre et du sud. Le PTB flamand reste le seul signe d'espoir pour la gauche. Il a marqué des points, mais en restant réaliste, il lui reste encore à convaincre une grande partie des travailleurs séduits par le discours populiste de la NVA.  Attention aux élections prochaines de 2014. La droitisation de la Flandre est grandissante.

Du côté francophone, c'est probablement Ecolo qui sort assez gagnant.  Chaque parti peut cependant se proclamer victorieux tant les situations sont variées. Ce parti, en tout cas, démontre par ses manœuvres très partisanes qu'il est un parti comme les trois autres; aussi opportuniste et surtout à la recherche de mandats bien payés! Le pouvoir pour le pouvoir passe allègrement avant l'idéologie verte! Le PS, si moins droitier qu'en Flandre, refuse, comme vient encore de le faire Laurette Onkelinx, sa mise en question par la montée et le succès indiscutable du PTB. Certes, ce parti auquel j'adhère a, lui aussi, du chemin à faire et du boulot pour convaincre, mais le succès de cette élection est encourageant. Non seulement il lui faudra continuer sa force de résistance mais aussi sa force de propositions alternatives, encore trop considérées comme irréalistes, voire archaïque par ses détracteurs libéraux ou par une gauche "caviar" ou "bobo" très accommodante et accommodée à la droite ou au centre libéral.

Une élection communale reste bien locale, mais nous ne pouvons oublier que la grande majorité des élus sont bien des gens de partis. Facile de rejeter sur le dos d'un autre pouvoir ce qui ne va pas ou n'a pas été, alors même que ces partis y siègent! Facile de dire, comme A. Mathot à Seraing, qu'il est impossible de trouver 1 milliard pour la sidérurgie, alors que son parti au gouvernement va bien devoir trouver encore dans les prochains jours 5 à 6 milliards pour Dexia! Ces "grands" nous dirons toujours que nous faisons des raccourcis faciles, que le libre marché est inéluctable, que nous devons répondre aux normes libérales de l'Europe. Mais qui siègent aussi à l'Europe?  

Convaincre qu'une autre politique est possible est un combat difficile. Il est évidemment compréhensible que chacun voit sa petite personne, la protège. Il est plus facile de dire " tous les mêmes" que de s'engager à faire bouger les choses. Faudra- t-il attendre une dégradation comme celle de Grèce ou d'Espagne pour que l'individualisme se transforme en force de solidarité? Le taux d'abstention prouve que le grand "gagnant" des élections est probablement le désintérêt de pas mal de gens vis-à-vis de la politique. Cela arrange bien la droite. Je me dis souvent, en lisant "facebook" et  les futilités considérées comme primordiales, que d'autres doivent s'en réjouir  pour mieux asseoir leur pouvoir et leur profit.

Mais je suis de ceux qui croient encore en la possibilité d'un monde meilleur et en la capacité de mobiliser, de conscientiser, d'aller au-delà des clichés d'une pensée unique dont les médias, hélas, se  et nous nourrissent.

 

22:02 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Hello Michel, je suis assez d'accord (voire tout à fait) avec ton analyse. Concernant les Verts (je n'ai pas attendu ces élections pour savoir comment ils - comment certains fonctionnent !!! En 95 déjà, c'était édifiant !)

Evidemment, l'enjeu de tout cela c'est le détricotage de la Sécurité sociale (bien que tout le monde va en souffrir ! On espère toujours qu'en sciant la branche sur laquelle on est assis, c'est l'autre qui va tomber, mais les scieurs vont tomber aussi !!!) et puis, je le disais encore ce matin, "la droite" est consumériste. Elle consomme et brûle les énergies humaines aussi bien que naturelles, sans se soucier de demain.

Il reste effectivement à "se convertir" au ptb (quand ce n'est déjà fait), mais il reste tout de même deux ou trois petites choses qui me gênent, où en sont-ils par rapport aux oripeaux staliniens et autres ? Même si ce n'est qu'un langage, ça reste un langage... Parfois, je n'étais pas très convaincue par le journal Solidaire, par certains côtés, et pourtant, je ne suis pas spécialement bobo !!! Mais bon, c'est affaire de dialectique.

Et encore, à Liège, il y a une gauche très active, je suis en contact (via facebook) avec quelques-uns d'entre eux... Ils font des analyses très justes... Mais à Bruxelles, rha la la, où est la gauche, à Bruxelles ?

Où sont les progressistes? Des fois, je me sens bien seule ... ... ...

Écrit par : Pivoine | 18/10/2012

Finissons-en avec ce passé stalinien et coréen que veulent encore coller certains au PTB. La vieille garde s'en est allée! Il est vrai que ce parti reste marxiste, essentiellement vu, comme méthode d'analyse qui, je pense, reste d'actualité. La lutte des classes reste bien réelle. Si j'adhère au parti, je reste évidemment critique, mais le trouve indispensable pour secouer un PS devenu mou et bien trop à droite. Je rejoins ton analyse sur Bruxelles. Bien amicalement.

Écrit par : mik | 19/10/2012

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