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25/02/2014

RTBF et campagne électorale

rtbf 1.jpgUn auditeur, un spectateur, un internaute bien informé est un citoyen qui vote en toute connaissance de cause", explique la RTBF, et de poursuivre: Là où tout poussera à « Pour qui allez-vous voter ? », nous souhaitons répondre « Pour quoi allez-vous voter ? ».

Voilà pour l'intention dont nous ne pouvons que nous réjouir. Mais gros bémol: notre chaîne publique devra certainement encore se conformer à un pacte "culturel" qui privilégie les "gros" partis. Pas certain que les apparitions des pseudos stars de la politique dans des flashs pseudos sérieux favoriseront le "pour quoi". Elio, champion (sans chichis) en la matière, aura probablement l'obsession de l'image capillaire ou dorsale associée au bilan d'un gouvernement qu'il proclamera salvateur. On se gardera de trop parler d'un chômage, d'une pauvreté, d'une diminution du pouvoir d'achat qui n'ont fait que croître malgré la coloration antipelliculaire capitaliste du passé de master papillon. La dorsale de son action sera restée bien droite tandis que la nôtre s'affaissait par le poids de la rigueur.

Le "pour quoi allez-vous voter" risque de se perdre dans les méandres de plasticine rose, orange, bleue et verte, à la fois savante et infantile, peu digeste, aboutissant à de gros logos clichés ou à des créations diffuses de promesses encore crues par des électeurs enfants craignant le bâton du maître d'école!

On s'attardera encore et toujours sur la crise dont les politiciens ne voient le bout du tunnel qu'en période électorale. Jamais, ils ne remettront en cause les lois impitoyables du libre-marché. L'indicateur de la bourse spéculative restera le phare qu'il faut suivre. Le partenariat avec le privé qui fait les pauvres plus pauvres et les riches plus riches restera à encourager. La défense du secteur publique se concentrera sur le bon fonctionnement des institutions d'où ces messieurs et dames tirent de très larges revenus. Une renationalisation de banques et de leviers économiques tels que l'électricité, l'eau, le gaz sera traitée de ringarde, alors qu'en ce temps de non libération du marché cela nous coûtait moins cher…

Les débats du "pour quoi" resteront dans le cadre du système capitalisme, vu comme inattaquable et on se perdra dans les mesurettes pour corriger des dérives qui demanderaient de vrais mesures courageuses. Ils prétendront la misère pire ailleurs et se feront bon élève de l'Europe de la rigueur.

Comment faire face à des médias de complaisance de ce système espérer éclairer auditeurs et téléspectateurs? Las de toutes ces ritournelles creuses et connues, ils auront vite envie de zapper pour se replonger  au "qui" dans ce cirque porte la plus belle cravate, est le the voice du parlement, gagne le plus, a l'allure la plus élégante ou la plus grotesque. Spectacle pour spectacle, autant choisir le plus amusant.

Je crains donc que la RTBF, sous couvert de bonnes intentions, fasse par de l'interaction factice, tellement à la mode, une mauvaise comédie démocratique. Les électeurs n'auront droit qu'à quelques flashs très anecdotiques venant de quelques-uns d'entre eux. Les bonnes questions de fond  et les réponses risquent d'être noyées dans l'apparat d'un théâtre bien orchestré.

Nous verrons bien si le temps sur antenne sera donné aux alternatives que peuvent représenter les "petits" partis et spécialement le PTB-GO.

07:00 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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