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27/02/2014

Chômage et chômeurs.

 

chomage1.jpgUne forme de schizophrénie semble s'emparer des débats autour de ce sujet important et crucial. Au-delà de la bataille des chiffres de statistiques, une chose simple pourtant apparait. L'offre est inférieure à la demande. Ce fondamental semble pourtant largement oublié.  Malgré tout le "rantanplan" autour des formations nécessaires, de l'utilité de l'intergénérationnel dans les apprentissages, de l'accompagnement proactif, du contrôle , du travail en noir, il n'en reste pas moins que, même en cas de succès total de toutes les "recettes miracles" créées pour la remise des chômeurs au boulot, une large majorité de ceux-ci resteraient sur le carreau. Je serai même tenté de dire de façon peu morale et caricaturale qu'heureusement que ceux n'ayant pas envie de travail existent pour laisser place à la large majorité de ceux qui en veulent et n'en trouvent point…

Rares sont nos responsables politiques qui travaillent sérieusement à maintenir  les jobs qui existent. Sous prétexte de l'indispensable investissement dans des secteurs d'avenir, ils laissent fermer des entreprises qui préfèrent la spéculation et la rentabilité excessive d'actionnaires; celles pour qui les travailleurs ne sont que des pions pour grossir leur pognon. Caterpillar, Arcelor-Mital, les verreries Saint-Gobain  en sont quelques exemples.

Au recyclage indéniablement nécessaire de certains travailleurs, il faudrait y ajouter celui de nos politiciens trop attachés à conserver un savoir- faire devenu un savoir mentir pour rester en place.

Trouver un emploi aujourd'hui demande un parcours du combattant pour celui qui doit passer par tous les arcanes administratifs qu'imposent les divers organismes publics dits compétents en la matière. Ce parcours, en plus, n'est pas gratuit. Par contre, celui qui jouit d'un bon réseau social et de bon copinage a plus de chance, via un relationnel privé, de trouver l'emploi que l'ami, la connaissance de papa ou maman ou que" l'ami" politique lui offrira. Le "piston", cela existe encore!

Ne nous voilons pas les yeux. La fraude sociale est bien présente. Sans elle d'ailleurs, certaines personnes ne pourraient nouer les deux bouts en fin ou au milieu de mois! Ceux qui s'enrichissent par cette fraude sont cependant rares.

Nos politiciens sont parvenus, via cette mise en lumière d'une certaine fraude, à diviser les travailleurs et à créer une suspicion sur l'ensemble des chômeurs. Intolérable.

Faut-il supprimer le train parce que chaque jour un très petit nombre le prenne sans payer?

Une nouvelle loi va entraîner, début 2015, comme par hasard après les élections, l'exclusion de dizaines de milliers de chômeurs. Résultat: une charge supplémentaire pour des familles déjà en difficulté et un déplacement d'indemnités de prises en charge par des CPAS déjà étranglés dans leurs finances.

Arrêtons donc de culpabiliser le demandeur d'emploi. Sauvegardons notre indemnisation chômage; amplifions là même pour maintenir non seulement la dignité humaine mais aussi une consommation indispensable à toute forme d'économie.

Le travail est une valeur très relative. Elle est devenue plus grande par la rareté de l'offre. L'aristocrate qui vivait de ses rentes était vue comme supérieure à celui qui travaillait! Celui qui joue et vit de la bourse est considéré comme "intelligent". Mon père me disait "sagement" qu'il y avait deux espèces de personnes: les cons qui travaillaient pour avoir de l'argent et les "intelligents" qui faisaient travailler l'argent pour eux! Moi, son vieux fiston je dirai que les "intelligents" sont des spéculateurs véreux que les plus intelligents doivent empêcher de nuire!

«L’oisiveté est, dit-on, la mère de tous les vices, mais l’excès de travail est le père de toutes les soumissions.» écrivait et défendait justement Albert Jacquard, en ajoutant: «Le véritable remède contre le chômage est qu’il n’y ait plus de travail pour personne, mais pour chacun une place dans la société.»

Notre système chômage se grippe. Il faudra être imaginatif et créatif. Pourquoi ne pas le remplacer par un autre qui garantisse à tous un minimum de revenu? L'étude et les propositions sur un salaire universel garanti, défendues par Bernard Friot, méritent plus qu'une simple réflexion.

 

http://nrt.revues.org/680 

 

Il est temps de sortir  des clichés et du regard négatif posés sur les chômeurs. Il est temps de réinventer un système autre que les seuls impôts pour rétablir une redistribution de richesse équitable.

 

 

 

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