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26/02/2014

Ukraine: une victoire en trompe l'oeil?

ukraine.jpgIl est bien difficile, pour les nombreux profanes que nous sommes, de poser les vraies questions qui se posent dans ce pays. La géopolitique est difficile à cerner. Comme souvent, les experts sont partagés.  La victoire baptisée de démocratique risque bien de ne pas changer grand-chose dans ce pays divisé entre russophones et ukrainophones, entre orthodoxes et catholiques. Les divisions politiques entre partis démocratiques et néonazis  risquent bien de se polariser. Le dictateur risque bien d'être remplacé par un autre. L'espoir de se rattacher à une Europe construite sur de simples mécanismes économiques, de plus en plus grippés, mènera à court ou moyen terme à une évidente déception.

Aussi fine et pertinente soit l'histoire de ce peuple très hétérogène, elle ne peut prétendre connaître ce qui va déterminer l'avenir de ce pays. Comment les futurs dirigeants pourront-ils unir tout un peuple d'un Etat composé de plusieurs minorités qui exigeront légitimement  de garder leurs spécificités culturelles, linguistiques, mais aussi économiques.

Nous connaissons, nous belges, ce genre de problématique d'union. Nous connaissons les tentations nationalistes du nord et du sud. Nous connaissons le succès de la NVA dans sa perspective d'un Etat-Nation flamand, jumelé d'un discours économique d'une droite pure et dure. Nous connaissons les revendications plus "germaniques" du droit du sol, opposées à celles plus "latines" d'un droit lié à la culture et à sa langue, avec comme centre de conflit Bruxelles et dans une beaucoup moindre mesure la communauté germanophone. La crise économique n'a fait qu'accroître ces revendications.

Le modèle de solidarité, le seul pourtant qui, à mes yeux, peut réussir, se heurte à l'individualisme capitaliste et à sa mécanique qui divise le monde du travail.

Face à l'hétérogénéité des cultures et des économies, le seul facteur qui puisse unir, est une solidarité solide du monde du travail, spolié par le monde du capital.

Ne nous croyons pas à l'abri des conflits armés et sanguinaires que nous suivons sur nos écrans. Les premiers ukréniens à monter sur les barricades étaient ceux issus de parti extrémistes de droite. Heureusement rejoints par d'autres mouvements démocratiques autour de l'objectif commun du limogeage d'un président corrompu et le retrait de lois liberticides.

Les nouvelles élections ne seront pas nécessairement porteuses d'espoir au vu de toutes les divisions idéologiques profondes de ce pays. Une percée de la frange d’extrême droite ultra nationaliste, antidémocratique et xénophobe, incarnée par le Praviy Sektor, serait catastrophique, tout comme celles de leaders ayant fait fortune par le rachat d'entreprises publiques.

Gardons-nous donc de crier la victoire de la liberté retrouvée.

 

 

19:30 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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