mik dupont UA-70672535-1

11/03/2014

Electorat ouvrier et culture actuelle. Petite pensée du jour.

classe ouvrère.jpgJe suis assez étonné de voir, en général, les partis traditionnels délaisser l'électorat ouvrier pour s'appuyer davantage sur les jeunes, les diplômés, les femmes, la multiculturalité. Quelle erreur stratégique, mais aussi de fond ! En nombre, cet électorat ouvrier reste très important, mais il apporte aussi la plus grande part de notre richesse économique. Si la condition ouvrière a favorablement évolué au cours des siècles, il ne faudrait pas croire qu'elle jouit aujourd'hui du même statut que la classe bourgeoise. Rien que notre enseignement le prouve. Le fils d'ouvrier ou du petit employé a peu de chance de se retrouver à l'université. Toute la culture reste encore très élitiste et peu accessible au grand public. Les médias, aux mains d'une élite pensante, ne cessent de diffuser des émissions ou articles qui ont l'art de maintenir la masse dans l'ignorance, la bête concurrence, la débilité. Ils induisent le succès et la célébrité, non à la valeur humaine ou artistique de la personne, mais à sa capacité de pouvoir éliminer l'autre.

Cela fait plus de10 ans que la télé-réalité a envahi l'espace médiatique. En plus que de briser des cœurs, des carrières, ou même des vies, ce genre d'émission ou de presse vident les cerveaux les plus vulnérables. Elle fabrique, principalement chez les ados des classes les moins privilégiées des archétypes désastreux.  Les modèles d'identification peuvent amener de nombreux dérèglements de comportement, voire de délinquance.

Une politique nouvelle, autre que la répressive que mettent en avant les partis de droite, devrait s'attaquer, non à la pointe de l'iceberg mais à son fondement.

La classe ouvrière ou la moins bien nantie est montrée du doigt. On culpabilise le chômeur, le petit boulot en noir, au lieu d'offrir les possibilités d'une réelle insertion où le travail occupe bien sûr une priorité mais n'est pas le seul facteur d'épanouissement de la personne. Les politiques, incapables de soutenir les revendications légitimes des travailleurs ou des sans emploi, ont l'art de les mettre en concurrence. C'est la recette capitaliste.

Il faut dire que nos politiciens jouent aussi le même jeu de concurrence. Ils se battent sur leur image, bien davantage que sur des propositions solides de changement de société. Leur vision n'est jamais qu'à court ou, tout au plus, moyen terme. Ce qui compte est la rentabilité directe de leur élection ou réélection. Sous couvert d'une unanimité de pensée et de service aux citoyens se cache l'ambition d'éliminer l'autre à n'importe quel prix, qu'il soit ami ou ennemi.

Nous ne leur demandons pas d'être sans intéressement de réussite personnelle, mais de baser celle-ci sur un véritable travail de fond et non de représentation.

Leur abandon notoire de la classe ouvrière à laquelle ils ne croient plus a pour conséquence souvent ignorée ou cachée, non seulement un appauvrissement matériel insupportable, mais aussi une "déculturalisation" ou "déculturation" bien plus globale de l'ensemble de notre société. Je ne suis pas un réactionnaire qui trouve le passé meilleur que le présent. La culture a toujours évolué, grâce aux rencontres et aux échanges d’idées et échanges commerciaux. Celle diffusée par l'économie capitaliste me semble pourtant dangereuse. Quand le seul profit et le seul fric se construisent en priorité de l'humain et engendrent une espèce de formatage de la pensée unique, nous risquons une aggravation de toutes les inégalités.

14:15 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.