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16/03/2014

Les trahisons politiques d'après élections se préparent.

trahison.jpgLes combats frontaux menés en cette période entre les partis ne sont rien à côté de ceux bien plus feutrés qu'ils se livreront au soir des élections. La nécessité d'alliances pour gouverner notre pays à tous les niveaux de pouvoir engendre un jeu politicien subtil. Sans nier l'absence totale de volonté d'obtenir gain de cause sur des points importants défendus lors de la campagne, il faut y ajouter tout un climat d'amour, de haine et de trahisons. A côté des clivages "idéologiques", il y a ceux entre les personnes à l'intérieur même des partis et entre eux. Le dossier et les témoignages dans le Vif/L’Express de cette semaine, illustre avec pertinence la  longue histoire des alliances et des déchirures :

1985-87 : Gol trahit Deprez puis le PSC choisit le PS : cap sur douze ans d’opposition libérale

1996-97 : Louis Michel tente de créer un grand pôle de droite, puis s’allie au PS : le PSC dans les cordes.

1999 : La vengeance de Michel et Verhofstadt : les sociaux-chrétiens dans l’opposition

2001 : Le putsch de Geert Bourgeois au sein de la Volksunie : naissance de la N-VA

2002-2003 : Ecolo trahi en interne et par le PS : les verts K.O.

2004 : Di Rupo déchire son préaccord avec le MR : l’Olivier est sur les rails pour dix ans

2006 : Onkelinx trahie par Ecolo à Schaerbeek : la revanche d’Isabelle Durant

2007 : Echec de l’Orange bleue : Milquet met Reynders au tapis

2008 : Le poignard N-VA dans le dos de Leterme : De Wever prend son envol

2010-2011 : Au sein du MR, trahisons à tous les étages

Que se passera-t-il le soir du 25 mai 2014?

Nul ne peut le prédire. Di Rupo lâchera-t-il un cdh qui a favorisé le PS au poste de commande? Lutgens, ancien proche collaborateur de  la ministre de l'intérieur, mais beaucoup plus à droite renverra-t-il celle-ci aux oubliettes ou la forcera-t-il à une poursuite d'alliance avec un Reynders qu'elle ne sait pas voir en peinture?

Face à une montée probable du PTB, le PS se sentira-t-il obligé de refaire une majorité arc-en-ciel à la région, tout en craignant une exclusion du fédéral par une NVA toujours très anti-socialiste? Si refoulé dans l'opposition, nous aurons probablement droit à un PS au discours très parallèle de celui du PTB.

Les écolos resteront probablement au balcon des premières négociations en attente d'espérer un appel de partage du gâteau.

Au MR, le clan Michel face à celui de Reynders risque de confirmer la vieille zizanie et les postes à pourvoir seront aussi facteurs d'énormes tensions. Un MR dans l'opposition ramènerait Reynders à la présidence.

Du côté du nord, la situation est aussi très complexe. Si l'entente de la droite est plus simple au vu d'un SPA faible, affaibli mais très centriste, il faudra voir si la NVA est contournable, ce qui semble de moins en moins probable. Le dilemme sera une alliance ou non et à quel niveau de pouvoir avec ce lourd adversaire politique. Les dits "sages" de Dehaene, Eyskens et cie ont disparus et laissés place aux dents longues d'un Kris Peeters, unique figure de proue deCD&V. L’Open VLD garde de fortes chances de rester dans le gouvernement fédéral et pourrait même accéder à la majorité régionale en cas d'une NVA non indispensable à ce niveau régional.

Le rapprochement du CD&V et du MR, déclaré par Wouter Beke et Michel, tiendra-t-il?

Ce qui semble clair est que si le résultat ne rend pas la N-VA incontournable, le CD&V pourrait être le pivot dans le jeu des alliances. C’est lui qui in fine ferait le choix des partenaires.

Voilà de quoi faire perdre la boussole de l'électeur qui se demandera à quoi son vote a bien pu servir. Après les stratégies électorales dans lesquelles le profane peine déjà à s'y retrouver, les négociations de couloirs seront encore plus compliquées à saisir.

Après les grands ou piètres discours électoraux, viendra le temps où ce qui primera sera le partage du gâteau et les trahisons pour en obtenir la moindre part pour les petits et un grand morceau pour les grands.

La seule manière pour mettre en garde les gastronomes du pouvoir sera la venue de la pression d'une nouvelle gauche, capable non seulement de faire élire de nouveaux parlementaires, mais capable de mobiliser le terrain, la rue; de faire le relais indispensable entre les tribunes parlementaires et la volonté du peuple s'exprimant en permanence et hors élections. C'est ce qu'a compris le PTB-GO.

 

 

10:41 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Je vous accorde que Ptb – Go ( Gauche d’ouverture ) me semble une alternative FACTUELLE à ne pas manquer, RIPOSTE oeuvrant à cet effet incontestablement.
Toutefois, ne croyant plus au père noël et n’étant pas de ceux qui signe un chèque en blanc, je ne perds pas de vue l’analyse critique reprise dans le lien ci-dessous.
Bonne lecture et bonne journée.
Le rédac. de RIPOSTE

http://ripostw.blog4ever.com/ptb-en-4-volets#.UwN7z4MQ1Pw.facebookaa

Écrit par : Thiry RIPOSTE | 16/03/2014

Je vous accorde que Ptb – Go ( Gauche d’ouverture ) me semble une alternative FACTUELLE à ne pas manquer, RIPOSTE oeuvrant à cet effet incontestablement.
Toutefois, ne croyant plus au père noël et n’étant pas de ceux qui signe un chèque en blanc, je ne perds pas de vue l’analyse critique reprise dans le lien ci-dessous.
Bonne lecture et bonne journée.
Le rédac. de RIPOSTE

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Écrit par : Thiry RIPOSTE | 16/03/2014

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