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19/03/2014

Pouvoirs, scandales et idéologies.

scandale.jpgL'affaire des écoutes de Sarkozy, du financement de sa campagne électorale, la vue que nous avons sur les conflits de pouvoir entre Obama et Poutine, les scandales politiques et financiers qui ne cessent de faire la une de notre information médiatique, ne sont-elles pas trop suivies comme de simples feuilletons de type Dallas?

Plus près de nous, la campagne électorale nous révèle plus que jamais les petites phrases assassines, les déclarations sur le vif, les revirements, les rapports de force, les coups bas comme la mésaventure d'Anne Delvaux, etc, etc.

Tout cet enfumage  risque bien de nous faire rater l'essentiel.

Tandis que le citoyen  se montre de plus en plus désenchanté de la politique, celles et ceux qui exercent le pouvoir de l'Etat s'affairent dans des rapports de force entre eux qui fait perdre à cet Etat la puissance qu'il devrait exercer. De plus, les pôles de décisions se déplacent à la fois dans des entités plus petites, comme les régions ou plus grandes, comme l'Europe.

Cette complexité arrange bien les tenants de l'économie capitaliste qui profitant de cette complexité toujours plus grande renforcent leur influence. Tandis que nos politiciens pataugent dans le bac à sable de leurs petites luttes opportunistes et perdent de vue l'intérêt général, le pôle réel de décision échappe à l'Etat pour se loger dans le monde de la finance. Les leviers de décisions se sont bel et bien déplacés.

Avant de crier avec les loups, de nous enfoncer à notre tour dans le tourbillon des scandales à répétition, nous devrions peut-être prendre un peu de recul et nous poser les vraies questions, celles qui éclaireraient cette mutation.

Il ne suffit pas traiter les politiciens de voyous, de pompeurs de fric. Leur action est un travail collectif qui nécessite une grande dépense de soi. Il suffit de voir leurs agendas, la complexité des dossiers et la vitesse à laquelle ils doivent être traités.

Nous ignorons souvent la mécanique du pouvoir. Entourés d'une petite armée de conseillers et de hauts fonctionnaires, les ministres ne sont plus que des marionnettes de leur cabinet. Une thèse intéressante datant de 2010 d' Aude Harlé sur le coût et le goût du pouvoir démontrait très bien combien tout ce personnel politique de l'ombre subit flexibilité, instabilité et conditions de travail  extrêmes. Mis sous pression dans l'hypermodernité qui rime avec hyperactivité, ils doivent en permanence agir dans l'urgence et le pragmatisme au détriment de la pensée et de l'utopie. Si le goût du pouvoir peut en faire tenir certains, d'autres sombrent dans la dépression et quitte la politique.

Difficile pour ces femmes et ces hommes de valoriser un système qui soumet leurs fonctions politiques aux impératifs de l'économie mondialisée. C'est bien là qu'il faut chercher remède.

Les partis politiques et leurs dirigeants sont devenus les esclaves d'une idéologie qui n'est plus que gestionnaire. Ils ont perdu l'idéologie utopique qui devait les guider. Ils sont tombés dans le piège d'un ultra capitalisme qu'ils dénoncent pourtant tous. Objectifs, moyens et objet des politiques publiques se sont calqués sur le modèle de l'entreprise privée où seul le profit compte.  

Comme citoyens responsables, nous devrions les forcer au questionnement fondamental du sens de leur action. Il ne suffit pas d'exiger d'eux la bonne gouvernance. Il faut les forcer à revenir à une autre idéologie que celle de la simple gestion. Nous ne leur demandons pas d'être des "saints". Nous comprenons leur quotidien difficile. Nous leur demandons de se mettre en position de reprendre les leviers du pouvoir qu'ils feignent encore avoir et  ont pourtant  perdu.

Nous demandons un Etat fort, capable de mettre en échec la spéculation du profit.

Même s'ils n'ont pas perdu de vue l'intérêt général, nous leur demandons d'agir au cœur de l'Etat en redonnant à celui-ci la puissance et la créativité dans une société en mutation permanente.

C'est cette vision de société que j'ai retrouvée dans un parti comme le PTB-GO. Au-delà des clichés obsolètes du communisme ancien qui est tombé dans les déviances de totalitarisme, j'y ai retrouvé les valeurs collectives du travail qui doit faire face, dans un rapport incontournable de forces au dictat de la non- valeur d'une productivité dont les profits se capitalisent dans la poche de quelques-uns.

Le grand débat est bien celui-là. Voulons-nous des politiques individualistes qui nous mènent aujourd'hui à accroître la pauvreté qui risque de nous arriver aussi ou voulons nous éradiquer celle-ci par une politique solidaire?

Mon choix est fait!

 

06:28 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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