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31/03/2014

L'abstentionnisme politique, signe de notre époque individualiste et narcissique.

individualisme.jpgNous venons de le constater en France, mais aussi dans d'autres pays, les électeurs boudent de plus en plus les urnes.

Nul doute que les femmes et hommes politiques en portent une large responsabilité. Ajoutons-y une complexité de plus en plus grande de la "chose" publique. Les décideurs de notre sort commun semblent vivre sur une autre planète très mal perçue par celles et ceux qui peinent dans leur vie quotidienne.

Mais s'arrêter à ce simple constat me parait un peu facile. Les citoyens que nous sommes en portent aussi une large part de responsabilité.

Notre société de consommation et la culture capitaliste ont renforcé notre tendance naturelle à nous centrer sur nous-mêmes.

Les réseaux sociaux sont significatifs, à mes yeux, de cette fâcheuse tendance.  La recherche d'une affirmation d'identité n'est certainement pas condamnable. Encore moins de la partager. Il y a même via cette technique moderne, une forme d'altérité qui entre chez nous, qui vient même parfois secouer l'identité personnelle que nous tentons souvent d'affirmer. J'y vois cependant un grand danger. Il y a là un piège ou un risque de s'engluer dans son narcissisme, dans une espèce d'enclos, à l'intérieur de nos propres clôtures. Il y a risque de se laisser réduire à ce que l'on est, à son enclos narcissique. Chacun sent bien pourtant, pour autant qu'il ne soit pas trop narcissique, qu'au-delà de lui, il y a une vie commune nécessaire à son existence. Ne s'identifier qu'à soi-même risque d'être étroit, trop étroit.

Nous pouvons être bien dans notre identité, s'y sentit cool, bien chez soi, bien avec soi, pendant tout un temps, mais nous savons que la vie va généralement se charger de venir un peu ou beaucoup bousculer cela. Ce seront des événements familiaux, des ennuis de santé, etc. mais aussi et nous l'oublions souvent, des événements politiques. Pouvons-nous encore ignorer combien les mesures prises en politique peuvent venir bouleverser notre petit train-train quotidien.

Bien des gens me disent  se sentir dépassés par cette politique. Ils se croient, de plus, impuissants et incapables de la faire changer. Que faire alors pour les sortir de ce sentiment? Peut-être les convaincre qu'être dépassé n'est pas nécessairement une catastrophe, une tare, une honte. Chacun peut refuser de rester dans l'impasse du soi et s'ouvrir à l'espace du commun, du collectif. Sortir de cet impasse peut, non seulement être utile à un ensemble, mais aussi à relancer sa vie autrement.

Nous savons tous que notre vie est fragmentaire. Ne rester que son fragment individuel est un danger de dépression, de mal-être, d'agressivité. N'est-t-il pas plus épanouissant de cultiver dans le même temps notre fragment communautaire? N'en attendons pas cependant pas, et c'est un autre risque, un remède ou un colmatage capable de réparer des fissures de notre identité. Nous en serions alors vite déçus.

D'aucuns pourront juger ma réflexion bien "intellectuelle" et se demanderont bien ce que concrètement elle peut avoir à faire avec un absentéisme électoral!

Il me semble pourtant que le rapport est bien plus concret que nous pouvions l'imaginer.

C'est notre mode de fonctionnement, trop souvent formaté par une culture de consommation, de compétitivité qui nous fait renoncer à un engagement de type commun. L'exister ensemble n'a plus la cote. Nous vivons actuellement sans grande surprise parce que nous ne sommes plus intéressés que par nous. Notre identité n'est plus formée que dans une société de marchandises dont nous n'apparaissons plus qu'en code barre.

C'est ce formatage qui doit nous faire remettre en question. La compétition et la rivalité, entretenues par un système politique libéral, ne peut que nous amener à l'abandon de ce bien vivre ensemble et engendrer les inégalités que nous connaissons. La "méritocratie" tant prêchée par le libéralisme n'est pas facile à chasser de nos mentalités. C'est ce type de politique qui entraîne le désintérêt et la résignation politiques.

 

 

23:57 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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