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15/04/2014

Etre candidat sur une liste électorale

profil.jpgLa confection d'une liste électorale est toujours pour tous les partis un exercice très difficile. Il faut avoir une science d'apothicaire. Le dosage doit tenir compte d'éléments multiples. Une liste doit répondre à un échantillonnage subtil entre hommes-femmes,  différents âges, professions et métiers, localisation des candidats, etc. Parmi tous les membres appelés, il y aura peu d'élus. Les places sont limitées. Les candidatures rentrées ne sont pas toujours les meilleures et ne répondent pas nécessairement à l'éventail représentatif recherché. Trop de jeunes ou pas assez, trop de candidats ou pas de la même zone, pas assez d'engagement dans le parti, pas d'engagement dans la vie associative, égo surdimensionné, etc. Beaucoup de membres sont aussi désireux d'y figurer, mais n'osent pas poser une candidature officielle, de peur qu'elle soit écartée. Ils préfèrent garder l'espoir récompensé ou déçu d'être demandés. D'autres encore n'ont aucune envie et il faut un peu les forcer. Ce sont généralement les meilleurs, sans qu'une règle ne soit vraiment infaillible.

L'organe directeur, souvent secondé par des "sages" doit à la fois effectué un tri et susciter des candidats qui ne se sont pas présentés.

Les ténors sont certains d'être repris et ils exigent généralement les places utiles, c’est-à-dire éligibles. Nous avons vu comment cette sélection peut être fratricide, spécialement dans tous les partis traditionnels. Les cas  Delvaux (cdH), De Keyser (PS) illustrent bien cette guéguerre, comme celle des Mathot, Daerden, Marcourt et cie.

L'assemblée générale des militants, sauf surprise, ne fera qu'approuver la liste savamment confectionnée.

Cette sélection ne fera pas que des heureux. Les sélectionnés risquent de vite oublier que c'est le parti qui les a mis en orbite, tandis que non sélectionnés n'oublieront jamais leur élimination.  L'idéal et les objectifs du parti sont souvent vite oubliés par ceux-ci, frustrés dans leur égo qui croyait être le meilleur pour défendre les couleurs du parti. Le bel esprit collectif fait place à de la rancœur.  C'est d'ailleurs parmi ces déçus qu'il y aura des transferts pour des partis plus offrant.

Les petits partis connaissent moins ce problème. Certains peinent à trouver un nombre suffisant de candidats pour occuper l'entièreté des listes, ce qui évite la concurrence. D'autres, n'ayant pas d'élus et réalistement n'en espérant pas, évitent la petite bagarre des places. D'autres, comme au PTB, mise sur une discipline collective et un esprit de camaraderie pour éviter ce type de compétition. Hélas, l'exception peut parfois confirmer la règle, et les égos se réveiller là où ils n'étaient pas attendus. Prétextant alors un manque de démocratie interne, ceux qui ne l'auraient pas contestée s'ils avaient obtenus ce que personnellement ils souhaitaient s'en vont vers d'autres cieux ou enfers. Tous les partis connaissent les retournements de vestes. A moins de très fortes personnalités, l'électeur, lui, ne suit pas souvent et comprend mal l'adhésion à un autre parti en dehors d'un opportunisme qu'il apprécie peu.

Chacun peut évidemment évoluer et même changer ses choix politiques, mais pour être crédible ce choix doit avoir lieu en dehors des périodes électorales. Tout transfert en cette période me semble suspect et très opportuniste. Pourquoi, en effet, changer tout-à-coup à ce moment crucial, d'idéologie, de pratique, d'action menées au sein d'un parti qu'on louangeait, sinon par une frustration personnelle et par la préférence d'un "moi" à un "nous"?

17:54 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Excellent comme d'habitude mon cher Mik..

Écrit par : reiter | 16/04/2014

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