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24/04/2014

L'erreur d'analyse politique des experts

sondage.pngJ'étais encore frappé par l'analyse des sondages dans "Le Soir" d'aujourd'hui. A croire que les journalistes et les experts en sciences politiques ne sont tous que des penseurs en chambre et des universitaires ne quittant jamais les amphithéâtres.

Ils se trompent grandement, selon moi, en amalgamant la croissance du succès des petits partis. Ils l'analysent comme un simple vote de protestation, un vote d'humeur. C'est méconnaître totalement le terrain. Si cela me parait assez juste et pertinent pour ce qui concerne le PP qui peut focaliser principalement ce type de vote de simple rejet, cela me semble complètement faux pour le PTB-GO.

J'ai fréquenté autrefois d'assez près les partis traditionnels. Ils ont une majorité de membres très passifs et peu engagés. Leurs électeurs sont aussi à cette image. Ce sont des gens qui s'en remettent aux ténors des partis. A partir d'une tradition ou d'un idéal peu précis, ils choisissent en fonction d'une situation politique assez opportuniste. Loin d'une vision plus globale de société et sans grande  remise en question des mécanismes politiques et sociétaux, ils militent ou votent assez mollement pour des partis dits réalistes. C'est là que se trouvent, selon moi, les électeurs d'humeur. A côté de ceux-là, se détectent ceux de très mauvaise humeur, les plus simplistes qui croient aux boucs émissaires d'une économie malade, faute des étrangers, des chômeurs, des politiciens véreux. Ce trouvent là ceux qui votent souvent extrême droite et donc ici PP, en ne voulant pas trop bouger leurs fesses et garder surtout le maigre confort qu'ils croient encore posséder. C'est le genre, en caricaturant un peu, des petits actionnaires que défendait Modrikamen. Ce sont ceux qui ignorent que le PP veut faire passer la TVA à 23%, la taxe la plus injuste qui soit!!

Militant depuis quelques années au PTB-GO, je puis témoigner d'un tout autre mode fonctionnement. C'est un parti où le militantisme n'est point un vain mot. La majorité des militants et des électeurs que j'y rencontre sont des personnes de conviction. Ce sont des personnes qui osent mouiller leur chemise. Ils n'attendent pas d'être courtisés "d'en haut" pour une adhésion. C'est bien plus que de simples sympathisants, même si bien sûr il y en a. Ce sont des gens qui ont un idéal, une conviction profonde: celle que le capitalisme, avec son libre marché, avec le tout au privé, avec le maintien des inégalités sociales, avec le tout au profit, ne peut mener qu'à une société où l'argent est seul maître et destructeur de l'humain et de l'humanité. Ce sont des personnes qui osent se former autrement que dans le champ tellement formaté des médias traditionnels. Loin du "y a qu'à", ils se battent sur le terrain professionnel et personnel pour créer une solidarité qui dépasse les petits intérêts personnels et narcissiques.

Si Raoul Hedeboux est indiscutablement un homme de communication très charismatique, il ne le doit pas à sa simple personnalité, mais bien à une écoute réelle du terrain et à sa conviction de trouver réponse ailleurs que dans un parlementarisme de naphtaline au service des privilégiés du système.

Amalgamer des intentions de vote à la seule contestation résulte encore de cette pensée unique dans laquelle s'enferment des penseurs, experts, journalistes, bien trop peu sur le terrain et à l'écoute analytique de celui-ci. C'est que cette écoute demande patience et humilité. Elle doit se pratiquer sans l'empressement du scoop, de la petite phrase qui fait mouche, des rivalités de personnes.. Elle doit rejoindre l'expression simple, concrète, les situations de vie, avant de se conceptualiser en principe ou en globalisation. C'est que les gens "d'en-haut" ont souvent oublié une véritable empathie avec les gens "d'en bas". Forts de leur science et de leur savoir, ils croient connaître la base et extrapolent avec une facilité déconcertante ce qui reste un exercice difficile et périlleux.  

Plus facile de lancer la théorie du vote du rejet d'un côté et d'un autre celui adhérant à une politique inamovible faite d'inévitables fausses promesses. Ces dites analyses enferment les citoyens dans des choix qui n'en sont pas, puisqu'ils servent tous le capitalisme qui a réussi la paralyse ou la fausse excitation des cerveaux.

16:14 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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