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31/05/2014

Coup de gueule contre coups de coeur "généreux"

gala.jpgL'évolution des sociétés ne s'est jamais faite par l'indignation, mais bien par la révolution! Point besoin d'armes pour la faire, il suffit de mobiliser le peuple autour d'un projet collectif dont les tenants du pouvoir ne pourraient éviter. Ce pouvoir, il est nôtre. Il part de nos rues, de nos quartiers, de nos villes. N'attendons pas le bruit des bottes qui menacent de les envahir. Ne nous contentons pas de l'indignation, propre aux curés et bourgs de charité. Les bonnes œuvres ne sont que des sparadraps qui, aussi utiles soient-elles, peuvent prêter à la démission de la révolution qui seule guérira les plaies du l'inégalité sociale, savamment ou naïvement entretenue par des organismes souvent proches du "Caritas business."  Je me suis souvent posé la question, sans trop savoir y répondre: toutes les ONG luttant contre la pauvreté, ou toutes les anciennes et nouvelles dames bigotes ou pas, avec ou non "le diamant qui dort entre leurs f...s ", comme disait si justement Brel, ne participent-elles pas au maintien de cette pauvreté injuste?  L'assistance sociale qui n'est pas une réelle action sociale ne sert-elle pas un maintien de l'ordre voulu par la droite pour sauvegarder ses privilèges de riches? N'oublions jamais que la pauvreté n'est pas due au hasard. Elle est le fruit d'une construction et de mécanismes économiques et non une affaire de responsabilité personnelle ou de conditions ethniques ou culturelles.  A force de vouloir maintenir des personnes à peine  au-dessus du niveau d'eau, ne retardons-nous pas uniquement leur noyade?  

J'ai conscience de la dureté de mon propos vis-à-vis de tous les gens de bonne volonté au cœur généreux. Mon intention n'est pas de les décourager dans leurs bonnes œuvres. Je souhaite seulement soulever la problématique plus fondamentale de la persistance de la pauvreté au fil des siècles. Les restos du cœur et autres œuvres charitables, aussi louables soient-elles, sont loin d'une révolution nécessaire pour changer un système qui engendre une mauvaise et injuste redistribution des biens, qu'ils soient alimentaires ou autres.

La générosité exercée souvent par un sentiment d'indignité, mais aussi comme dans les cours d'aristos cathos, par besoin de se montrer proches et attentifs vis-à-vis de celles et ceux qui, en fait, payent leurs titres et couronnes me fait bondir. Les galas mondains, les shows de générosité sont des spectacles lamentables qui font croire à la générosité et à la fausse humanité de gens qui n'ont de noblesse que leurs titres ou leur succès sportifs ou artistiques. La générosité médiatisée est devenue un commerce qui devrait nous révolter. Toutes les émissions peoples en faveur de telle ou telle œuvre ne sont que des prétextes à mettre en valeur un monde qui nous pique notre fric.

Je comprends et ne rejette pas le concret d'une action d'aide liée  à la lutte politique qui seule pourrait établir la justice sociale, vrai clé qui puisse combattre efficacement la pauvreté. La philanthropie du privé ne devrait pas exister si les Etats remplissaient correctement leur rôle de régulateurs économiques et veillaient réellement à une redistribution équitable de la richesse. A nous de les y forcer.

09:01 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Très belle analyse Mick, je partage tout à fait celle-ci.
Néanmoins, au regard de l’histoire, il faut constater que toutes les avancées sociales ont été acquises par le sang. Les possédants n’ont jamais accepté de partager de manière plus équitable les richesses générées. À l’exception des deux guerres mondiales au XXe siècle, de tout temps le capital n’a cessé de s’accumuler avec une accélération et des inégalités comme jamais.

Écrit par : Marco de Lera | 31/05/2014

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