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12/06/2014

Gardez-vous des faux prophètes

prophète.jpg"On" me reprochait hier de trop critiquer, de tout critiquer! Faudrait-il encore s'entendre sur ce qu'est "critiquer". Il est vrai que en ce qui concerne, spécialement mais pas exclusivement, la politique, il me parait naïf qu'on ne puisse  mettre en cause, interroger des habitudes de penser, des stéréotypes, des idées reçues, des étiquettes qui favorisent une pensée paresseuse. Celle-ci est souvent le résultat d'une communication éclairant peu une conceptualisation rigoureuse du "phénomène" politique. On qualifie très vite de droite, de gauche, d'extrême, de populiste ce qui est perçu comme ennemi. Les discours polémiques ont l'art alors d'économiser un travail réel de réflexion. Le mot démocratie est mis à toutes les sauces.

Nous avons encore pu le constater durant la dernière campagne électorale. Plutôt que d'éclairer le citoyen sur une ligne politique, base réelle des actions concrètes de programme, on a très vite stigmatisé les partis politiques. On a vite qualifié d'extrême ce qui ne résultait pas d'une espèce de pensée unique. Les débats s'enlisaient alors dans les échanges de clichés et de platitudes. Rien de très intéressant pour celui qui veut être à la fois observateur et acteur. Comment ne pas voir alors la vie politique comme un spectacle, où des comédiens plus ou moins bien doués tentent de faire carrière à coup de mensonges et de promesses intenables? Tout est bon pour plaire. Car c'est bien plaire qu'il faut avant tout faire. Il y a comme obligation de séduire. Celle-ci oblige alors à trop promettre, à beaucoup mentir et à calomnier ses adversaires.

C'est tout ce spectacle, qu'avec bien d'autres, je tente de dénoncer, sans pour autant jouer au chevalier blanc, mais bien en essayant de décoder, non des discours mais une action.

Nous pouvons voir apparaitre aujourd'hui, plus que jamais, des prophètes du malheur ou du bonheur. Gardons-nous de les prendre trop au sérieux.

Je viens du monde catho et j'ai beaucoup lu la bible. Elle contient bien des vérités toujours actuelles, autres que celles prêchées par les curés. Je me souviens de la mise en garde d'un évangéliste sur des faux prophètes: «Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtements de brebis, mais au dedans ce sont des loups ravisseurs. Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues sur des chardons?»

Voilà qui détermine bien ce qu'en quoi notre critique doit porter. Il faut analyser et juger nos édiles politiques sur le résultat de leur action et non sur leurs bonnes intentions ou projets et moins encore sur leur charisme et charme personnels. Seuls les fruits comptent et comment en avoir de bons sur les arbres du capitalisme?

Le succès grandissant des petits partis, dits extrêmes, a le mérite de casser la mécanique trop bien huilée des partis traditionnels dont le but premier, tout comme dans le vieillissement de toutes les institutions, est de maintenir à tout prix celles-ci, quitte à en oublier les objectifs de départ.

Restons cependant vigilants. . Aujourd'hui, se nourrissant du désarroi et de l'anxiété suscités par une crise économique multidimensionnelle, des partis, comme le FN en France et le PP chez nous, sont à classer dans les faux prophètes. Ces châtelains ne pensent qu'à consolider leurs richesses au nom d'un dieu "propre" qui n'offre aucune perspective de progrès.

Si je suis PTB, c'est parce que, tout en gardant ma liberté de pensée et d'analyse, j'y vois toute une action concrète, bien contraire aux faux marchands de bonheur. C'est avec les travailleurs que ce parti se bat au quotidien, non seulement par des discours, mais par sa présence au milieu d'eux et en prenant le relais politique de leurs revendications. C'est aussi un parti pragmatique et pas seulement idéologique qui ose proposer des alternatives très ciblées, très concrètes, comme la taxe des millionnaires, la suppression des intérêts notionnels, des soins de santé gratuits via un système "kiwi". Parce que c'est un parti de terrain, qui par ses maisons médicales a déjà pu prouver sa cohérence entre discours et action.

 

08:17 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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