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13/06/2014

Nos idées: aussi personnelles que nous le pensons?

idées.jpgAh, les idées! Il paraitrait que chacun à les siennes! Pas si évident. Osons quelquefois avoir le courage de regarder d'où elles nous viennent.  Elles sont bien moins originales que nous ne pensons. Ne sont-elles pas surtout téléguidées par nos conditions de vie? Les riches pensent-ils différemment des pauvres et inversement?

Combien d'entre nous se plaignent que notre société est devenue égoïste, individualiste, qu'elle a perdu ses valeurs. D'où nous vient cette idée? Est-elle le fait d'une baisse de moralité personnelle, d'éducation du milieu? Les gens sont-ils naturellement égoïstes, grossiers, violents? Lorsqu'on attaque les chômeurs, qu'on ose dire que celui qui veut du travail en trouve, qu'heureusement qu'il y a des riches pour donner du boulot, croyons-nous que notre conception de société est objective? Tout cela ne dépend-t-il pas en réalité d'une théorie de vision de société qui  viendrait, non pas de nous, mais de toute un système qui  remplit sans cesse nos esprits de tentatives d’explication. Trouvons-nous le temps de chercher autrement que par la masse d'informations que nos médias diffusent? A l'image de la pub, dont chacun pense échapper à son influence, mais qui en réalité augmente bien la vente, pensons-nous réellement que toute l'information uniformisée qui nous est livrée n'influence pas notre façon de penser la société? Notre pensée est loin d'être indépendante. Elle est marquée par les conditions matérielles de nos vies. A celles et ceux qui me disent que telle ou telle personne est mal dans ses baskets, je réponds toujours que la première des choses à faire est de lui payer une nouvelle paire!

Société devenue plus égoïste? Comment faire autrement dans celle que nous vivons? Nous voulons tous un meilleur sort pour nos enfants et petits- enfants. Nous voulons tous qu'ils trouvent un bon job. Nos enfants veulent que nous disposions d'une bonne retraite. Pour ce faire, nous devons nous battre. Il faut être le premier à l'embauche, faire un max d'heures sups pour nouer les deux bouts. Comment alors faire preuve de solidarité? La société capitaliste de compétitivité nous force à l'égoïsme, nous divise pour mieux préserver les privilèges d'une petite minorité. Je le constatais encore ce jour en écoutant les délégués syndicaux de chez Delhaize. Ils avouaient leur difficulté de rassembler, d'unir les travailleurs. Chacun espérait sauver sa peau et pensait être épargné s'il ne se manifestait pas trop. Qui les en blâmerait?

Ce n'est donc point un état d'esprit personnel, mais bien un état imposé par un système. Un changement personnel ne peut suffire à changer ce qui est imposé par le système.

Notre pensée n'a rien de " spirituelle". Elle dépend bien du "matériel". Laissons aux curés et aux penseurs gauchistes bobos leur réflexion, aussi noble soit-elle. Elle ne sera jamais transformatrice de rien et restera en chambre.

On ne peut comprendre comment les idées changent l’histoire que si l’on comprend d’où viennent ces idées et pourquoi les gens les ont acceptées. Cela impose de regarder au-delà de celles-ci et de  s’intéresser aux conditions matérielles de la société où elles apparaissent. Marx avait raison et est toujours d'actualité lorsqu'il écrivait: " Ce n’est pas la conscience qui détermine les êtres, mais l’être social qui détermine la conscience." Les gens se changent eux-mêmes, comme  leurs idées,  quand les conditions dans lesquelles ils vivent changent aussi.

18:51 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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