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20/06/2014

Des parlementaires de théâtre démocratique.

prestation de serment.jpgHier, en lui demandant ses premières impressions sur le parlement wallon, Ruddy Warnier, nouveau et jeune député PTB confirmait ce que, pour avoir arpenter jadis les couloirs de ces lieux dits représentatif du peuple, je pensais déjà, comme d'autres observateurs.

Nos élus jouissent de tas de privilèges qui font de leur enceinte, un petit monde très vite coupé de la réalité de terrain. Leur statut, auquel est lié toute une série de représentativités, prête peu à un véritable travail de fond au service des électeurs. Hormis l'exécutif (les ministres), peu d'initiatives viennent du parlement. Nos députés se contentent souvent d'être de simples presses boutons de votes dictés par leur parti.  Le travail en commission est essentiellement préparé par des collaborateurs de l'ombre. Il en va d'ailleurs de même pour les ministres, possédant une petite armée (de 50 à 80) de conseillers jouant le rôle de liaison avec les administrations dont ils ont la tutelle. Une dite et toute relative indépendance de celles-ci fait que les dossiers qu'elles traitent arrivent aux mains de conseillers organisés en cellule stratégiques qui « appuient le ministre pour la préparation et l’évaluation de la politique, dans un objectif d’intégration et de coordination optimales de celle-ci au sein du service public » et en secrétariats chargés de « la fonction de soutien politique à l’égard des membres du gouvernement ». Cela est bien théorique. La réalité veut surtout qu'un bon nombre de collaborateurs sont là pour conforter la position d'un ministre dans son arrondissement électoral par un clientélisme qui doit lui assurer une longévité politique de haut niveau. Tout cela avec notre argent de contribuables!

C'est bien connu de ceux qui connaissent les rouages politiques, mais beaucoup moins pour le commun des mortels.

Le rôle parlementaire devient dans cette machinerie décisionnelle très aléatoire. Nos députés sont mis au silence, se contentant de fréquenter les bars intra et extra muros, de jouer de leur présence dans les kermesses, fancy-fairs  ou salons bourgeois.

Ajoutez à cette mayonnaise, un  processus décisionnel devenu de plus en plus compliqué par la parcellisation des pouvoirs dans notre pays. Non seulement, il faut tenter d'harmoniser les idéologies des partis, mais aussi des compétences qui continuent à se morceler entre fédéral et régions. Sans parler du grand machin européen!

On devine la difficulté d'un informateur ou formateur d'un gouvernement. Si l'accord est principalement traité par les présidents de parti, c'est aux conseillers et experts de ses éminences à mettre cela en musique. La partition rédigée et signée connaitra alors en cours de législature pas mal d'ajouts où les fausses notes des uns et des autres devront être corrigées par le chef du gouvernement cherchant des compromis qui rendront souvent les décisions incompréhensibles aux citoyens. Ceux-ci ne verront alors dans cette cour politique qu'une bande de crabes se prenant pour des homards et digèreront mal des décisions politicardes. Avec raison, ils se sentiront les dindons de cette mauvaise farce démocratique.

Gageons que l'entrée des députés du PTB, moustiques craints par des parlementaires aux habitudes de ronrons bien payés, forceront les éminences à plus de transparence. A eux d'obliger, dans cette fausse démocratie de théâtre,  à redonner aux acteurs le rôle de relais des préoccupations réelles des travailleurs et des réponses à y apporter. Nous franchirons alors un premier petit pas. La médiatisation de ce relais, indispensable pour son efficacité, aidera certainement à voir et à faire de la politique enfin autrement! Il nous appartiendra aussi à les soutenir et à former autour d'eux des cabinets d'action populaire, composés de militants experts en écoute de terrain et non en penseurs de chambre.

 

08:30 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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