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24/08/2014

Lassitude...

lassitude.jpgRegarder la marche du monde et agir pour le rendre meilleur, plus solidaire, plus créateur pour qu'il soit plus juste, ont toujours réclamé une démarche à la fois enthousiasmante et désespérante.

Les dogmatismes politiques de gauche, comme de droite, les fanatismes religieux, les égoïsmes, les narcissismes déguisés en altruisme, les carriérismes sont d'autant d'obstacles à franchir, qu'il en résulte bien souvent une forme de lassitude qui parfois m'atteint, comme bien d'autres.

Le flot d'informations, souvent courtes, peu réfléchies, formatées, donne parfois la nausée. Où la vérité se trouve-t-elle dans tout cela?  Chacun se veut objectif en croyant la détenir.

Pour autant que soyons un peu critiques et instruits, nous savons que celle-ci, au sens épistémologique, n'est qu'un leurre. Elle ne peut s'établir que dans une somme de subjectivités solidaires. Mais, quand on voit cette somme qui se laisse guider par la confiance qu'elle fait à des clichés, des représentations peu éclairées, il y a de quoi se retirer et ne plus accorder sa confiance à personne, et surtout à celles et ceux qui se proclament au service de cette masse peu pensante. Tenir cet indice de vérité dans une somme de subjectivités a de quoi  effrayer. Pourtant, cette forme d'objectivité se retrouve dans nos institutions, qu'elles soient sociales, religieuses, politiques, culturelles, économiques.  Ce rassemblement est sans aucun doute utile, source de dynamisme personnel et collectif, mais représente aussi un danger dès qu'il exclut la critique et veut se positionner comme seul détenteur de vérité dans les domaines qui rassemblent ses "adeptes" ou "militants".

L’absence de parti pris apparent dans le traitement d’une nouvelle, voire d'une vision globale de société, est-elle possible? Peut-on faire abstraction de ses propres idéaux, de ses croyances et de ses valeurs pour analyser ce qui nous est transmis comme vérité?

Notre opinion personnelle peut-elle s'accommoder d'un semblant de démocratie qu'essaient de nous faire croire des leaders qui veulent surtout imposer la leur?

Comment, lorsque nous sommes capables d'un peu décoder  tout le subjectivisme personnel ou collectif, ne pas tomber dans un relativisme? Protagoras écrivait déjà au Vᵉ siècle av. J.-C : "L'homme est la mesure de toute chose. Telles les choses m'apparaissent, telles elles sont. Telles les choses t'apparaissent, telles elles sont."

Comment trouver encore dans cette conscience la force, le dynamisme nécessaire à l'engagement "militant"?  La réponse se trouve probablement dans l'action, bien plus que dans la pensée mais sans tomber dans le piège de la manipulation et de la propagande menées par beaucoup pour assouvir leur soif de reconnaissance, de pouvoir, de profit. Elle se trouve aussi dans l'acceptation des incertitudes et dans le rejet de toute forme de dogmatisme, de fanatisme. Pas simple, mais passionnant, même si parfois nous éprouvons, comme moi en ce moment, une lassitude…

08:59 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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