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04/09/2014

Les faux-culs au carnaval de la démocratie.

 

michel et peters.pngL'émission " question à la une" a mis en lumière combien notre belle démocratie n'était qu'une espèce de carnaval où sous le masque de la démocratie parlementaire ne compte en premier que la détention du pouvoir. Le pourquoi en faire, c’est-à-dire le bien de la collectivité, passe loin derrière les appétits des grandes dents. Nous ne sommes que les esclaves d'un subtil jeu de dupes. Tout se résume à une stratégie complexe qui doit mener au gain de celles et de ceux qui manipulent le mieux le verbe trompeur, les sourires vengeurs. Pire que "secret story"!

En décodant un peu la partie de ce funeste jeu, nous découvrons que le véritable arbitre de celle-ci n'est pas celui que l'on pense. Charles Michel n'a été que le pion, non pas de la NVA, mais bien d'un CD&V qui refusait de monter dans un gouvernement sans la NVA. Nous oubliions trop vite que ces deux partis avaient vécu jadis en cartel. Le largage de ce dernier lors de la dernière formation gouvernementale, après une longue crise, ne pouvait se répéter.

L'hypocrisie de Mister Lutgen ne manque pas de culot. Le cdH, fidèle à son petit navire virant une fois à gauche et une fois à droite, avait donc bien essayé de mettre le PS dans l'opposition à la région et à la FBW, avant de se lancer dans les bras de celui-ci pour s'assurer de ne point se retrouver partout dans l'opposition. Le refus du CD&V de se séparer de la NVA ouvrait un boulevard d'empereur à un Michel junior pour former un gouvernement kamikaze. Le seul mérite de l'ardennais était de refuser d'y monter, même avec quelques postes ministériels intéressants à occuper.

Le PS jouait lui son poker pour le fédéral, mais en gardant son pouvoir en Wallonie et à Bruxelles. Un tien vaut mieux que deux tu l'auras.

A bien y regarder, l'appétit revanchard de Michel junior n'est en fait que l'appétit d'une Flandre indépendantiste et d'un CD&V en perte constante d'électorat. Plus qu'un fin stratège, il est simplement devenu le pantin qu'actionne une Flandre droitière aux bottes du patronat. Une Flandre dont la gauche, pourtant plus présente qu'on ne peut  le croire dans la classe ouvrière, ne parvient plus à trouver son expression au sein du SP et se laisse entrainer dans un discours nationaliste et populiste d'un De Wever, proche de celui du FN français.

Le résultat de tout ce carnaval de politiciens, est la mise en place d'un gouvernement de marionnettes actionnées par le patronat qui avait tout avantage à favoriser une coalition qui affaiblit encore d'un cran le rôle de l'Etat.

Sans nous, ce serait pire, criait le PS. L'électeur naïf pourrait et pourra le croire. Le PS essaiera, sans aucun doute, de se refaire une santé, en criant au scandale au fédéral, tout en appliquant la même politique d'austérité aux wallons et aux bruxellois. Il masquera bien une situation dans laquelle il a pourtant joué un rôle moteur. En abandonnant la classe ouvrière, en soutenant toute une économie de marché, en abandonnant le secteur public en le vendant au secteur privé de la finance, il a appauvri le peuple dont il se dit le défenseur. Ce qui arrive aujourd'hui est le fruit de sa mauvaise politique, dont bénéficie un MR qui préfère l'original de droite à la copie un peu édulcorée du PS.

L'électeur, lui, aura été une fois de plus cocufié par le pouvoir carnavalesque se jouant dans l'immense bac-à-sable d'une démocratie formatée par les non- élus que sont les responsables du gotha de la finance qui se frottent les mains de voir les guignols se disputer un pouvoir factice. Seule la rue restera l'espoir de retrouver une démocratie digne de son nom.  

 

10:42 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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