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03/10/2014

L'utilité et les dangers du militantisme.

militants.pngLe soutien ACTIF à une cause, à un idéal, est certainement indispensable et productif de changements. Encore faut-il que ce militantisme soit éclairé par autre chose qu'une forme de propagande utilisée à des fins très floues ou non avouées.

Etre un  homme conscient, informé et critique me semble primordial et doit précéder, selon moi, l'homme militant. Or, dans notre monde de la surinformation et de la désinformation, il est difficile d'entreprendre une démarche de tri et d'éclairage qui demande du temps, de la réflexion et une ascèse que nous pratiquons rarement, au vu de nos empressements à connaître tout très vite. Le monde est devenu un village, mais nous le connaissons mal.

Si le militantisme peut se révéler source de connaissance, de réflexion, il peut aussi nous aveugler et nous fondre dans une pensée partisane qui n'a plus rien de véritablement critique. Militantisme vient de militaire. Il peut nous rendre simples soldats, soumis à un appareil décisionnel qui nous échappe. Si le capitalisme semble moins militant que le communisme c'est qu'il est plus discret et rend soldat le consommateur que nous sommes de manière beaucoup plus insidieuse. Il soumet le travailleur à son dictat du profit tout en laissant croire à une liberté qui, à y bien regarder, est très aléatoire. Ceci dit, il ne faudrait pas que le militantisme, beaucoup plus important à gauche qu'à droite, supprime l'esprit critique dans une autre pensée unique refusant le pluralisme et trouvant systématiquement mauvais tout ce qui se ferait hors de son champs idéologique.

Je suis de ceux qui pensent que  toute forme de militantisme, et pas seulement politique, doit évoluer et s'adapter à une société nouvelle. Le militant doit plus que jamais s'interroger sur la place que lui reconnaît l'organisation dans le champ du pouvoir.

Ainsi, il est intéressant, par exemple, de constater qu'un parti comme le PTB a pu envoyer au parlement wallon deux députés issus de la classe ouvrière et étrangers au professionnalisme traditionnel de la classe politique dirigeante. Le savoir social à partir de la connaissance du terrain vaut bien celui d'autres enseignements.  Ceux-ci restent évidemment minoritaires parmi  la surreprésentation des catégories sociales favorisées aux échelons les plus élevés  A côté de ce changement, il est aussi encourageant de voir s'engager à gauche  des personnes issues de la classe dite moyenne et des intellectuels. La crise économique qui les touche aussi n'y est certainement pas étrangère. La stratification sociale devient moins figée.  

Je me réjouis également de voir le PTB pratiquer un militantisme politique proche de la vie quotidienne des travailleurs et tenter aujourd'hui avec ses députés de réaliser une adéquation entre d'une part  la politique institutionnelle et le vécu d'autre part. Cela change d'un militantisme organisationnel centré sur la conquête de l'Etat.

Ceci étant, je conserve un œil critique. Le militantisme que je pratique ne peut m'éloigner de d'une conception démocratique pluraliste à laquelle je tiens. Si je suis un militant de parti et crois en la force du changement par un mouvement ouvrier fort et solidaire, je reconnais aussi la force de nouveaux mouvements sociaux en dehors des partis ou des syndicats. 

Restons aussi modestes dans ce que nous croyons "vérité". Une bonne critique ne peut se faire que dans la conscience de notre subjectivité et trop de militantisme peut aussi aboutir à ne plus entendre et propager que ce qui est reconnu et approuvé par des instances dirigeantes de partis ou de mouvements. Il est bon parfois de se montrer indiscipliné, sans pour autant perdre l'indispensable solidarité. Il ne faudrait non plus que cette indispensable et belle solidarité devienne, comme parfois je peux le constater , le seul facteur ou le seul élément déterminant d'un militantisme pour celles et ceux qui sont en recherche d'une identité sociale.

Je ne suis pas, tout en me sentant à l'aise, dans le programme et les actions du PTB, un "mystique" marxiste qui verrait en lui une espèce de messianisme ouvrier. Les sociétés évoluent. La pensée de Marx reste d'actualité, mais a certainement besoin d'être revisitée au vu de son application passée et de nos sociétés d'aujourd'hui.

Restons ou devenons donc des militants autant que des hommes conscients et critiques!

19:47 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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