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25/10/2014

Les voleurs généreux...

pauvres et riches.jpgTandis que nos sociétés ont laissé sommeiller la lutte des classes, en croyant naïvement celle-ci dépassée, la classe possédante s'est mise de plus en plus au soleil. La société duale ne cesse de croître. Les médias n'ont d'yeux que pour les réussites de fric, d'honneurs, de privilèges, de pouvoirs. Les gens au bas de l'échelle sociale sont mis en appétit par toutes les brillances des dites réussites de fortune, qu'elles soient politiques, sportives, artistiques, médiatiques, commerciales. La minorité aristocratique des  " bien nés" reste  riche. De nouvelles minorités de parvenus en affaires, en politique sont apparues, suivies par celles du business sport et celui du spectacle. Les salaires faramineux de tops managers font rêver et d'aucuns tombent dans le piège de croire que si certains "petits" au départ ont pu réussir à gravir les échelons sociaux et sortir du prolétariat, chacun peut y arriver par la méritocratie personnelle et un peu de chance. Le "scandaleusement riche" ne serait réservé qu'aux joueurs de Lotto! Les autres richesses seraient moins scandaleuses et même morales. Elles dépendraient du sens des "affaires", de la qualité professionnelle, de l'effort et d'horaires fous de boulot, de l'ingénierie fiscale, de l'art de jouer avec le fric en bourse.

A côté de cette vision, s'installe pourtant une polémique, voire une révolte, sur des salaires scandaleusement élevés de tops managers, sur des "retraites chapeaux", telle celle récemment révélée de 21 millions d'euros de  Gérard Mestrallet, le patron de GDF Suez, avec de surcroît une provision de 103 millions pour les retraites chapeaux des seuls 20 membres du comité exécutif.

Une grosse majorité de citoyens s'élève contre des salaires bien trop copieux de ministres, parlementaires, hauts fonctionnaires, administrateurs d'intercommunales, etc.

La presse d'investigation, relayée par celle à sensation, fait écho de multiples corruptions chez les détenteurs de richesses ou de leur art d'échapper au fisc, comme encore tout dernièrement en France, le président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, Gilles Carrez (UMP), risque un redressement fiscal en raison du non-paiement de l'ISF. Il ne serait pas isolés, puisque,  selon le Canard Enchaîné, une soixantaine de parlementaires seraient visés aussi par le fisc. Les scandales belges n'ont rien à envier aux français.

Pourtant, les succès d'émissions étalant le luxe de têtes couronnées, de têtes d'entreprises et millionnaires en tout genre ne font que croître. Tout cet étalement est modéré par ce qui fait aussi recette: la générosité de ces magnas .  Les émissions à pistolets de confitures d'oignons ne cessent de mettre en avant les galas de charité, les visites aux moins nantis, aux pauvres handicapés et aux petits enfants malheureux. Emouvoir le peuple est devenu aussi très rentable. La générosité, la fraternité et la courtoisie sont mises en valeur chez celles et ceux qui partageraient la grosse valeur, bien entendu intègre, de leur portefeuille.  

Et ça marche. Les admirateurs se confondent même parfois avec les scandalisés. Les riches pickpockets de nos bourses sont à la fois admirés, hais, enviés et rejetés.

Voilà qui régit parfaitement notre société capitaliste et individualiste. Non seulement la générosité cache bien chez les riches une fausse solidarité leur donnant un semblant de bonne conscience, mais entretient un système qui continue les inégalités et la reproduction d'une dite "élite".

Quand donc comprendrons-nous que seules une véritable solidarité et un combat peuvent enrayer ce système inégalitaire? Que les compétitivités, tant du marché que celles entre individus engendrent la pauvreté pour la masse et la richesse pour quelques-uns. Qu'il ne s'agit pas d'un simple slogan, mais d'une réalité que nous pouvons décoder, pourvu de dépasser l'espèce de  "scandalite aiguë", certainement légitime et dénonciable. En effet, il s'agit moins de dénoncer des personnes que de nous attaquer vraiment à ce qui en est fondamentalement la cause: le système politique socio-libéral qui veut cacher son vrai nom de capitalisme. Où est la valeur liberté quand la personne n'a pas de quoi vivre dignement, c’est-à-dire avec un revenu sous ou juste au-dessus du seuil de la pauvreté?

A quand le réveil ?

 

 

23:42 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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