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30/10/2014

Un gouvernement pour 5 ans?

michel3.jpgMalgré mon souhait, je crains bien que ce gouvernement puisse aller jusqu'au bout de la législature. La foudre méritée contre les fréquentations nauséabondes de deux ministres NVA ne suffira pas à incendier l'alliance avec le nationalisme flamand. Toute la NVA ne se confond pas avec des sympathies nazies. Par contre, ce parti va bien exercer avec ses alliés une politique économique de pure droite, avec ce que cela représente comme saccage de la fonction publique et une mise en place d'économies touchant la sécurité sociale. L'austérité va coûter cher aux travailleurs et demandeurs d'emploi. Le service public va se libéraliser et perdra sa définition de service au profit d'une rentabilité qui ne profitera aucunement à ses usagers mais bien à des groupes financiers.

La marche vers cette politique désastreuse avait déjà bien commencé avec pourtant un PS au pouvoir. Celui-ci la poursuit d'ailleurs à la région et à la communauté.

La différence linguistique et culturelle est donc bien moins à craindre que la ressemblance des programmes socio-économiques.

L'opposition PS au fédéral ne sera qu'un cirque visant avant tout à récupérer celles et ceux qui le quittent par idéal de gauche et à garder des militants liés à un demi-siècle de clientélisme bien orchestré.

Reste alors pour éliminer ce gouvernement antisocial, l'action syndicale et la rue. La FGTB, trop liée, à mes yeux et à d'autres, au PS par sa hiérarchie, sera évidemment un partenaire de poids. La CSC, avec une indépendance plus grande en Wallonie mais une attache évidente de son aile flamande au CD&V sera aussi dans la rue. La pression des deux poids lourds syndicaux  sera-t-elle suffisante ? Pas sûr.

Reste aussi la poussée du PTB, tant au nord qu'au sud. Le succès de sa "protest-parade" a confirmé sa capacité de mobiliser. Ce parti fait peur à une gauche classique devenue néolibérale, sous une étiquette rouge de sociale démocratie.

Si les alliances entre les forces de gauche restent fragiles, avec des petites chapelles en mal de reconnaissance, elles obligent une petite et encore très timide radicalisation  du puissant PS et de ses antennes associatives.

Le gouvernement, mis à mal, dès son installation, espère sans doute un essoufflement des mouvements sociaux. Il compte aussi sur un ralliement plus populaire d'un électorat en quête d'un pouvoir fort qu'il espère à tort lui offrir un sort meilleur par une politique lui faisant croire à de faux motifs de la crise et visant des boucs émissaires faciles à trouver.

Mais, nous francophones, ne nous leurrons pas. Les clés de la survie de ce gouvernement se trouvent essentiellement en Flandre. Cette Flandre trop souvent présentée comme exclusivement à droite, alors que sur le terrain même d'Anvers, fief de De Wever, le PTB a aussi fortement progresser. Autre point à souligner: la solidarité entre les travailleurs de tout le pays et pas seulement ceux touchés par des licenciements collectifs. La grogne commence aussi à se faire entendre au nord.

La survie de ce gouvernement dépend donc de multiples facteurs, y compris de ses résultats concrétisés et perçus dans le portefeuille de chacun. Elle dépend surtout de notre mobilisation, de notre solidarité. Cela dépend de notre volonté de nous informer, autrement que par des médias classiques, souvent incapables de nous plonger dans autre chose que l'anecdotique et évitant les vrais débats de société.

La politique n'a jamais été qu'un subtil rapport de forces. Les gouvernements éclatent souvent de l'intérieur parce que les composantes de sa majorité sont mises à mal par des pressions externes. Ne laissons pas cette pression à des lobbies financiers pour qui le profit compte bien avant la vie des gens.

 

20:11 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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