mik dupont UA-70672535-1

02/11/2014

Quelle fonction socio-politico-spirituelle du vestimentaire?

pape.jpgJe ne dis pas que les responsables religieux doivent suivre la mode de la haute couture ou des jeans, mais je me demande vraiment ce que les tenues antiques apportent encore de nos jours. Tout le monde ou presque ignore leurs significations ou leurs symboles. Cette espèce de folklore vestimentaire est-il vraiment nécessaire pour indiquer les particularités religieuses et les identités communautaires? Les critiques sur le voile ne manquent pas, celles sur les soutanes, mitres, tenues de la plupart des ordres religieux actifs et contemplatifs portées dans le monde, nettement moins.

La laïcité n'est pas en reste. Le gotha aime et conserve encore bien des cordons d'apparats et autres tenues folkloriques. Les costumes d'audiences dans les cours de justice sont encore bien présents. Nos politiciens aiment souvent se montrer avec leur écharpe bi ou tricolore.

Ces quelques exemples parmi bien d'autres  me posent question.

En dehors d'une conservation d'un patrimoine historique que pourrait d'ailleurs reconnaître l'UNESCO, au même titre que le costume des gilles de Binche, ces tenues sont-elles encore d'actualité dans nos sociétés dites modernes? Ne sont-elles pas facteurs de division entre les différentes religions et philosophies non confessionnelles?  Ne favorisent-elles pas un repli identitaire exacerbé et porteur de conflits?

Mais pire peut-être, ne participent-elles au maintien d'une inégalité sociale? N'entretiennent-elles pas le mythe des gens "d'en-haut" à qui ceux "d'en bas" devraient obéissance et soumission? N'entretiennent-elles pas une forme d'élitisme allant à l'encontre de l'égalité des droits et devoirs?

Cette extériorisation vestimentaire ne serait-il pas un danger de prosélytisme et plus encore un moyen de se soustraire à des règles communes de droits et de libertés?

"L'habit ne fait pas le moine", c'est évident. L'exemple de l’importance croissante que prennent les Eglises évangéliques financées par les USA, auprès d’une population fragilisée  et  dont les "pasteurs" ne s'affublent pourtant pas de vêtements liturgiques, en est une bonne illustration.

La Justice  serait-elle plus démocratique là où les magistrats garderaient un costume classique?

Je n'ai pas  une réponse unique et simple, comme souvent, face aux questions soulevées par ce qui peut paraitre anodin, mais qui ne l'est pas. Prendre conscience des questions posées par le port distinctif et hiérarchique d'habits religieux ou civils me semble pourtant justifié et dépassant le simple folklore de ceux-ci.

Une société sans liturgie, sans symbole, serait bien triste et ferait probablement disparaitre un art de vivre, autant que l'art tout court. Cet art ne peut cependant pas entraver la volonté d'établir toujours plus d’égalité entre toutes les personnes. Le principe de liberté auquel je crois et qui me fait combattre bien des interdits n'empêche pas de combattre tout ce qui peut constituer des instruments de prosélytisme ou d'instrumentation politique qui vont à l'encontre de valeurs aussi fondamentales que la pluralité des sociétés, la liberté d'expression,  l'égalité entre les humains et les sexes. Ce sont ces valeurs que ne peuvent en tout cas pas entraver le port de vêtements ou de signes extérieurs civils ou religieux d'appartenance "communautaire".

Il me semble, en tout cas, que la fonction symbolique vestimentaire conserve encore de nos jours celle de distinction de classes...y compris là où on prêche l'égalité entre frères ou plutôt entre moutons sous la houlette du "maître" dit berger!

09:03 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.