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23/11/2014

Politique: simple produit marketing?

 

nva.pngEn lisant dans Le Vif  de cette semaine un article sur le comment la NVA a construit sa victoire, nous pouvons vraiment nous interroger en nous demandant si la politique, et pas uniquement dans ce parti, n'est pas seulement devenue une affaire de marketing, bien plus qu'une affaire de choix idéologique, de valeurs ou de vision de société.

Loin du débat d'idées, de programme, ce qui compte avant tout est de construire une stratégie de communication. Elle est confiée à des experts étrangers au programme, chargés de nous vendre un parti comme on vend une savonnette ou un yaourt.

Le citoyen n'est plus vu comme un homme de réflexion, mais comme simple cible commerciale. Le but n'est point de faire passer des idées, des valeurs,  mais bien d'arriver, par une stratégie redoutable, à un score électoral. L'envie de pouvoir est confiée à des experts de marques qui n'ont aucun problème de conscience. L'électeur n'est vu que comme simple consommateur. Les slogans sont cogités sur la psychologie de ceux-ci. Il faut entraîner un réflexe et non une réflexion. Ainsi, dans la campagne NVA, l'expert interdit toute attaque la réplique aux attaques. "Chaque fois que vous réagissez, écrit-il, vous alimentez vos adversaires politiques pour leurs prochaines attaques." Puis il y va du concept d'association d'idées. " Changement et progrès sont évidemment liés : si l'on change, c'est pour améliorer les choses. D'autant que les deux concepts commencent, en néerlandais, par la lettre V (verandering-vooruitgang)..."  Le changement pour le progrès" est immédiatement approuvé.  Peu importe au fond ce qu'est le changement ou le progrès, ce qui prime avant tout est le concept.

Nous voilà donc piégés, comme la ménagère qui prétend ne pas acheter par influence de la pub. Et pourtant, sans pub, pas de gros chiffres d'affaire. Les partis  se vendent comme du coca-cola.

A nous de réagir en prenant soin de garder notre sens critique, sans nous laisser entraîner dans des slogans qui font appel à notre subjectivité, à nos préjugés, à notre émotivité. Confrontons notre critique et notre choix sur une base de résultats. Depuis plus de dix ans, les progrès sociaux, obtenus par le combat de nos ancêtres, sont en régression. La solidarité des anciens s'est anémiée dans l'ombre de l'individualisme où le petit égo cède aux vils instincts de l'égoïsme cherchant chez l'autre la cause de son mal-être. Le racisme renaissant en est une preuve.

Notre vote et notre intérêt pour la chose publique, pour la vie de la cité s'asphyxient dans la paresse en prétextant que les politiques sont toutes les mêmes. Plus grave encore, en y répondant par l'adhésion à des idéologies d'exclusion en recherche de boucs émissaires auprès des plus démunis de notre société.

Refusons le marketing politique. Osons changer nos préjugés et résistons aux partis traditionnels qui ne nous présentent que des sparadraps de bien-être. Osons croire à des alternatives possibles. Pas celles qui visent les plus faibles, mais bien celles qui exigent que les plus forts, les grands assistés que sont les multinationales et leurs actionnaires, les millionnaires, les privilégiés du système paient leur dû.

Exigeons que nos responsables politiques soient à notre service et non l'inverse.

 

09:35 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Super article que tu as fais là ; bel exercice de recherche merci!

Écrit par : Boitakados | 12/12/2014

merci Boitakados

Écrit par : Mik | 14/12/2014

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