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28/11/2014

L'indécence des politiciens et des tops managers

top manager.jpgEn admettant qu'ils travaillent beaucoup, qu'ils soient d'une grande compétence, il n'en résulte pas moins que les salaires exorbitants  des grands patrons ne leur permettent pas de venir nous "prêcher" la nécessaire austérité. C'est plus qu'indécent. Comme le titre du livre de Peter  Mertens le dit si bien: "Comment osent-ils". C'est une véritable honte. Les salaires politiques viennent de notre poche de contribuable et pour les tops managers privés il faut ajouter celle de la richesse produite par leurs travailleurs.

Michel Ier gagne 920€ par jour, sans compter les "petits" avantages en surplus. Une journée reste une journée et personne ne peut travailler 24h sur 24h! Mais cela n'est que la pointe de l'iceberg. Le pauvre Michel est moins payé que des tops managers de parastataux comme ceux de la SNCB ou Bpost ou Proximus.

Marco Van Hees (pas encore député PTB) soulignait déjà très bien en 2006  dans "Frère Albert.  Le site des gros patrimoines" les disparités honteuses entre les gros patrons et leurs employés. Je le cite:

"Le monde patronal est ébranlé. Au moment où il rêve de cadenasser les salaires des travailleurs, ceux-ci découvrent les salaires indécents que les dirigeants des grandes entreprises ont touchés en 2005: 1,75 million d'euros, en moyenne, pour les tops managers du Bel 20 (les vingt principales sociétés cotées à la Bourse de Bruxelles).

Attention à la démagogie, crient les patrons: on ne parviendra pas à augmenter le salaire des travailleurs en réduisant celui des tops managers. Ainsi, le rédacteur en chef de Trends explique: «Additionnez les salaires des dirigeants de nos mille plus grandes entreprises, le total ne représentera que 0,001% du produit intérieur brut de la Belgique.»

Le grand manitou de La Poste, Johnny Thijs, répète la même idée: «Un journaliste a récemment calculé combien chaque postier toucherait si on partageait entièrement mon salaire: cela ne leur ferait presque pas de différence.»2 Effectivement, ils n'empocheraient chacun que 20 euros par an.

Seulement, il y a patron et patron. Il y a celui que l'on voit: le top-manager, qui dirige l'entreprise. Puis, il y a le vrai patron: celui qui possède l'entreprise, l'actionnaire principal. Prenez le groupe Solvay: son dirigeant, Aloïs Michielsen a touché 1,64 million d'euros en 2005. Enorme. Mais cette même année, la famille Solvay-Janssen a perçu des dividendes (rémunération des actionnaires) pour... 52,62 millions d'euros.

Bref, le salaire du manager est une poupée russe qui en cache d'autres: la partie du bénéfice qui reste dans l'entreprise, la partie du bénéfice distribuée sous forme de dividende, la fortune totale du capitaliste (la valeur de ses actions).

Dès lors, pas difficile de comprendre pourquoi les dirigeants d'entreprise sont si bien payés. Le président de Bekaert, Paul Buysse, justifie d'ailleurs très lucidement son salaire: «L'action de Bekaert a triplé l'année passée et nos bénéfices sont plus élevés que jamais. Ce qui fait que nos actionnaires ont pu encaisser un joli dividende.» Il omet simplement de préciser que c'est en réduisant la masse salariale ­ à travers plusieurs restructurations ­ qu'il a atteint ces résultats. Et dire que ce sont les mêmes qui veulent imposer un Pacte de compétitivité modérant nos salaires, au nom de la situation difficile des entreprises.

La politique antisociale des patrons et les cadeaux fiscaux reçus du gouvernement ont permis aux entreprises d'augmenter fortement leurs bénéfices: +24% en un an, selon les chiffres provisoires de la Banque nationale. Elles ont donc largement de quoi augmenter les salaires.

Quant à l'augmentation des allocations sociales (pension, invalidité, chômage), pourquoi ne pas les financer en taxant les grosses fortunes. Un impôt de 1 à 2% sur les fortunes de plus de 500000 euros rapporterait au moins cinq milliards d'euros chaque année. Pas une petite somme...".

07:09 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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