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01/12/2014

De retour du soutien aux grévistes

grève11.jpgA presque 70 ans, je n'avais jamais visité, dialogué avec des piquets de grève. Il faut dire que je n'avais jamais été très syndicalisé et encore moins syndicaliste. En tout cas, rien ne vaut la prise de conscience sur le terrain. Bien autre chose que celle prise à partir de mon fauteuil, les pieds au chaud en lisant, écoutant ou en regardant nos médias.

Quelle anxiété chez ces travailleurs, comprenez au sens large, ouvriers, employés, classe moyenne et même étudiants. Et c'est du concret. Peur de ne plus pouvoir payer le prêt hypothécaire pour la maison ou sa transformation. "Je suis déjà juste, si on me retire un peu, je suis  dans la merde".  Peur du licenciement. " Cela fait des années que je suis contractuel. J'ai passé des tas d'examens, mais il n'y a plus de nominations, de promotions.". Peur tout court de ne plus savoir nourrir sa famille. " C'est trop juste déjà et on fait attention à tout". Angoisse, anxiété, rage." On nous prend pour des marchandises. A la moindre difficulté ou au moindre désaccord, c'est le licenciement. La solidarité est dure à obtenir. Mon malheur fait vite le bonheur d'un autre". "On risque plus que jamais le chacun pour soi". " Et puis, il y a ceux qui veulent travailler aujourd'hui, parce qu'une journée perdue c'est trop pour le budget déjà très serré". "Ils te disent, je suis avec toi, mais je ne peux pas me le permettre et en plus ce pourri patron fait pression et je tiens à mon boulot". Et la peur de la pension est bien présente: "Je pensais avoir une pension honnête et quand je vois ce qu'elle va être, c'est honteux". Peur aussi des enseignants. " On nous demande de plus en plus? Puis c'est décourageant de voir que former aboutit à du chômage, alors on est solidaire"

Oui, ils sont courageux ces travailleurs, ces demandeurs et ces insécurisés de boulot. Il fait froid. Ils sont là pour prouver qu'une économie sans eux ne peut tourner et que la richesse ce sont bien eux qui la produise. Il y a le brasero pour les chauffer (du moins quand il y en a un, car sans je vous assure qu'il est difficile de tenir). Mais il y a surtout la chaude solidarité du combat. Il y a aussi l'interrogation du combien de temps va-t-on pouvoir tenir. Peur de voir passer rapidement en force des mesures qui vont les plonger dans la précarité, raboter leur essentiel. Peur de voir une collusion de la hiérarchie syndicale avec le politique. "La hiérarchie CSC semble déjà devenir plus frileuse pour une poursuite de l'action". Et pourtant, ne croyez pas que cette grève soit politique dans le sens "particratique". Elle est politique au sens noble du terme, ce que la Galant et Cie ne semblent pas comprendre C'est avant tout une grève de survie. Ils en ont marre des jeux politiciens. Ils pensent avant tout à l'intérêt général.

Si, comme PTB, nous sommes généralement bien accueillis, c'est parce qu'ils sentent n'avoir plus aucun relais qui les soutient vraiment. " Au moins, vous êtes là. Je n'ai aucun autre parti". C'est aussi l'espoir de voir se structurer une alternative. "Au moins, vous êtes avec nous, mais vous proposez des trucs concrets pour nous sortir d'une crise qui profite bien aux patrons, ils ne sont pas tous mauvais, je parle des gros, parce que je t'assure, le petit indépendant, il est dans la même merde que nous".

Voilà ce que je retiens de mes brèves visites, avec mes camarades Rafik, Jean-Claude, Jean-Christophe. Belle ambiance aussi à la Braise, le point de ralliement du PTB de toutes celles et ceux (et ils sont nombreux) qui depuis tôt ce matin ont donné de leur temps pour soutenir les grévistes. Autour d'une bonne soupe chaude, le briefing est fait. " Où as-tu été? Qu'est- ce qu'ils disent?" Bien accueilli?

Ce ne sont point des discours philosophiques, des blablas des pour et des contres, de la politique de haut niveau ou de café de commerce, ce sont les échos de la réalité du vécu des gens. C'est cette réalité qui prime avant tout et contre tout.

17:12 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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