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14/12/2014

A propos de prises d'otages

otage.jpgSi les piquets de grèves font des citoyens qui veulent aller travailler des otages, ils n'en n'ont pas le monopole. Combien de vendeuses, d'ouvriers n'ai-je pas entendu en ville me dire: " moi, je voudrais bien, mais mon patron est prêt à me licencier si je fais grève" et " vous savez, de nos jours c'est déjà pas facile de trouver un boulot, alors autant le garder". Une vendeuse d'un petit commerce, rue Pont d''Avroy, m'invitait même à venir bloquer le magasin:" mais, ne dites pas ça à mon patron"!

N'a-t-on même pas appris que des patrons promettent une bouteille de champagne à leurs employés qui ne feraient pas grève. En ces temps durs pour fêter la fin de l'année, c'est tentant.

Alors, elle est où la prise d'otages?

Crier à la catastrophe économique, aux pertes d'emplois, n'est-ce pas aussi faire pression? Sans nier que certains veulent vraiment aller travailler, n'oublie-t-on pas toutes celles et tous ceux qui sont bâillonnés pour ne pas jouer la solidarité?

Le refrain patronal est connu. Il n'a pas changé au cours de l'histoire des luttes ouvrières. Pourtant, malgré tous leurs cris, les acquis sociaux n'ont pas empêchés le monde économique de tourner.

La vraie prise d'otage se situe dans le matraquage patronal, surtout des grandes multinationales, qui sur base d'une sacro-sainte compétitivité en profitent pour déréguler le prix de la main d'œuvre et la payer au plus bas pour faire filer la richesse produite par les travailleurs vers la hausse des dividendes des nantis.

Ras-le-bol de tous les récits anecdotiques des emmerdés des grèves qui ne voient, parfois sincèrement, la problématique que par le petit bout de la lorgnette et se laissent cocufier par un système qu'il décode très peu. Restons lucides, résistants face à de l'information tronquée et orientée par ceux qui détiennent les cordons de la richesse.

 

20:30 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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