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02/01/2015

L'actualité en artifices

artifice.pngAinsi va l'éphémère d'une actualité dont les médias nous nourrissent. Hier, adieu aux faits divers morbides, sinon à Shanghai avec les victimes d'une horrible bousculade. Le monde, tout à coup se transforme en champs de pétards inoffensifs, en gerbe de lumières multicolores. Comme si partout, nous avions besoin de rêver, d'oublier des armes qui tuent. Quelques jours par an, dont le premier, ne sont pas de trop. Comme me disait une nièce, on ne va pas "tchouler" (pleurer) tous les jours! Le besoin de faire la fête existe depuis la nuit des temps. Platon le trouvait déjà nécessaire.  Si jadis, la plupart des jours festifs célébrait un événement public important, notre culture actuelle en a rajouté. De plus, il est devenu coutumier de rechercher des moments qui nous coupent des difficultés de stress quotidiens. Les moments de détente pour couper la routine se voient comme indispensables. Plus question d'attendre des fêtes de calendrier  et leur normalisation pour sortir avec les amis, se faire un petit resto, voir un film, sortir en boîte. Les week-ends rythment souvent nos temps  de détente.

En ces temps difficiles, où de plus en plus de gens peinent à boucler leur fin de mois, je me dis que nous risquons de voir s'établir dans ce domaine, comme dans bien d'autres, une aggravation de clivage social, même si celui-ci a évidemment et hélas toujours existé. Les modes de divertissement dépendent de nombreux facteurs (âge, centres d'intérêts, temps disponible,…), mais également et davantage peut-être que nous le pensons du statut social et financier des personnes. Se "couper" de la réalité  trouve expression selon (même si pas exclusivement) l'épaisseur du portefeuille.

Les grandes fêtes populaires, comme nous venons encore de le voir, avec les immenses rassemblements pour contempler un feu d'artifice, permettent encore une grande mixité sociale. Mais attention à celles non calendaires qui suivront. Notre cohésion sociale dépend pourtant aussi de la possibilité pour chacun de vivre autant dans la fête un peu fofolle que dans la raison. Sans cela, la dégradation de notre besoin de se "déconnecter" d'une réalité, devenue d'ailleurs de plus en pénible pour beaucoup, risque bien de s'incarner dans des "palliatifs" dangereux de délinquance (drogue, vol, …). 

Sans vouloir remettre tout sur le dos des gouvernements, il me semble correct de dire que les mesures qui nous attendent vont à l'inverse de la fête qui soude la société et épanouit les individus.

 

 

 

08:25 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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