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03/01/2015

Avons-nous les politiciens que nous méritons?

 

michel1l.pngNous connaissons cette maxime. Fausse ou vraie? A regarder la contestation de fin d'année, nous pourrions croire à une majorité active qui refuse l'austérité imposée par un gouvernement qui clame sa légitimité. Rappelons qu'un gouvernement n'est pas issu d'une élection directe, mais bien d'une majorité de parlementaires élus. Ceux-ci le sont sur des critères très variés. Rattachés à des partis, ils ont peu d'indépendance, devant se plier à une discipline établie par des états-majors très cadenassés. 

Avouons qu'à côté de la forte opposition de rue, existe une plus large majorité encore de silencieux  attend de voir ce qui va se passer, ne se privant d'ailleurs pas de critiques, souvent négatives, mais préférant ne pas se mouiller.

Les partis, eux, regardent si la pression populaire peut avoir des effets sur des résultats électoraux. Hélas, nous sommes dans un pays où l'électorat est très stable. Est-ce parce qu'il considère que tous les partis se valent? Vrai que leur vision de société se ressemble, avec quelques variantes qui n'ont rien de révolutionnaires. La gauche et la droite se confondent dans des mesures dites réalistes et responsables. Seule l'émergence d'une gauche de la gauche fait frétiller l'establishment et ses ronrons de majorité ou d'opposition.

A lire les derniers sondages, on ne voit pas de grands bouleversements de pourcentages dans les intentions de votes. Or, je rejoins l'avis de Nicolas Bouteca, politologue à l'université de Gand qui pense en substance qu'aucun parti n'a pour l'instant un intérêt rationnel à provoquer une crise. Que cela arrive en général quand un parti sent qu'il pourrait en retirer des voix supplémentaires, ce qui n'est pas le cas actuellement.

Il faudra surtout porter le regard, selon moi, sur le CD&V, clé de la voûte gouvernementale. Mais les quelques frictions de fin d'année ne sont pas suffisantes pour qu'il lâche la NVA, tant qu'une chute électorale du maire d'Anvers ne s'annonce.

Il est surtout difficile de convaincre les électeurs qu'une alternative est possible. Le PTB, en relais avec la rue, doit s'y atteler et convaincre. Chose peu aisée quand on connait les clichés bien établis et relayés par des médias qui n'ont d'opinion que celle imposée par leurs pourvoyeurs de fonds.

Michel Ier n'a donc pas trop de soucis à se faire sur la stabilité de son gouvernement. Du moins rationnellement. Mais, la politique n'est pas que rationnelle. Elle dépend de tas de facteurs qui sont heureusement encore incontrôlables. La colère et la résistance d'une masse populaire, sa détermination et ses actions peuvent modifier la donne. Les patrons, ceux-là même qui dictent la politique gouvernementale, n'aiment pas l'instabilité sociale qui leur fait perdre une partie importante de leurs gains. S'ils insistent sur la possibilité d'une reprise de la concertation sociale, ce n'est pas par philanthropie et encore moins pour mieux partager avec les travailleurs fournisseurs de leur richesse avec laquelle ils jouent, sans aucune humanité, pour le plus le grand profit à mettre dans leur poche.

La résistance dépendra de nous tous, mais aussi des organisations syndicales et des mouvements associatifs.  Je crains pourtant que la hiérarchie syndicale, encore très liée aux partis politiques trouve prétexte de quelques mesures adoucissantes pour mettre sourdine à des revendications de fond. L'axe de droite N-VA-Open VLD-MR et un CD&V un peu requinqué par quelques mesurettes plus à gauche (comme le PS sous Di Rupo Ier) réussira probablement à mettre sous tupperware les revendications fondamentales. Le Ps, lui-même, semble déjà résigné , attendant un temps meilleur où la mémoire de son action passée auprès des électeurs perdra de sa vigueur.

A nous de faire changer la logique rationnelle et de décider d'une autre politique.

 

 

 

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