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04/01/2015

Euthanasie du détenu Frank Van Den Bleeken.

 

détenu.pngJ'avoue ne pas avoir vraiment d'avis sur ce cas. Sa demande de mort, n'est évidemment pas égale à la peine de mort, dont je suis toujours un  fervent adversaire. Il s'agit ici d'un choix de la personne.

D'abord d'un point de vue sensibilité humaine, je n'ose imaginer ce qui se passera quand on va venir le chercher dans sa cellule. J'ai lu que tout cela avait très bien été préparé. Que des membres de sa famille seront présents. Qu'importe finalement le scénario, il fait penser à une exécution, même si librement consentie. Cela me glace.

Au-delà de ce cas individuel, ce type d'euthanasie pour exclusivement souffrance morale, me pose des interrogations auxquelles je ne trouve aucune réponse.

Notre société s'avoue-t-elle impuissante à faire de la prison autre chose qu'une privation de liberté incapable de faire évoluer des êtres humains? Cet homme, je ne connais pas les faits pour lesquels il  a été condamné, était-il vraiment "irrécupérable" et représentait-il toujours un danger pour la société? La dangerosité d'un individu ne peut-elle trouver autre moyen qu'un simple internement, même psychiatrique, pendant plus de trente ans?

Certains me ressortiront probablement le cas Dutroux. Il reste cependant très exceptionnel. Je ne voudrais pas que ce type soit remis un jour dans la nature, bien que sa remise en liberté viendra aussi un jour. Le foin fait autour de Michèle Martin sera alors peu de chose à côté du scandale populaire que cette libération pourrait susciter. Mettre un individu hors d'état de nuire est légitime. Mais on ne répond pas à l'inhumanité par une autre inhumanité.

Pour en revenir au cas Van Den Bleeken et d'autres ayant fait la même demande d'euthanasie, c'est bien autre chose. Peut-on accepter de pratiquer une euthanasie pour souffrance morale incurable? Je n'ai pas de réponse. L'acceptation de ce cas fait en tout cas franchir une ligne très dangereuse. Le respect de la vie quitte la "sacralisation" et franchit un pas de plus dans une forme de banalisation.

 

 

 

23:22 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |