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18/01/2015

La violence dans les textes sacrés

livres sacrés.jpgDe par ma formation, je connais nettement mieux la Bible que le Coran. Quand Michel Onfray, comme hier dans "On n'est pas couché", aligne des sourates invitant à des actes criminelles, ses contradicteurs ont raison de souligner que cette violence existe bien aussi dans la Bible. Idem pour des textes contre l'homosexualité, l'infériorité de la femme, etc. Et ce aussi bien dans l'ancien que dans le nouveau que l'ancien testament. Souvenons-nous ou découvrons quand le prophète Elie égorgeait les quatre cents prophètes de Baal, ou encore la destruction de Jérusalem et l'exil à Babylone. Sans compter les massacres du livre d'Esther et autres récits tout aussi terrifiants. Quant au Nouveau Testament, Jésus se fait violent pour chasser les marchands et saint Paul dans une de ses épîtres demande aux femmes de se soumettre à leur mari. Faire un inventaire comparatif destiné à en mesurer le nombre pourrait être fait, mais n'apporterait pas grand-chose.

 Ce qui diffère est seulement les interprétations qui en sont données. La chrétienté, dans sa grande majorité, a trouvé un mode de lecture adopté aux évolutions de société au cours des siècles. La violence, par exemple, n'a plus été identifié comme à exercer envers autrui, envers les infidèles, mais bien comme une violence intérieure à se faire pour chasser le démon se cachant en chacun de nous. Démon qui se transformera en voix de conscience nous poussant" naturellement" au mal, tandis que la voix des anges non déchus, nous dicterait tout aussi "naturellement" la voix du bien. Cet exemple est simplifié, mais significatif  d'une évolution d'interprétation.  L'historicité  ou pseudo-historicité de faits racontés dans la bible est bien rejetée au profit d'une symbolique porteuse de diverses valeurs. Les scènes de violence doivent éveiller  la place qu'elle occupe en nous pour la localiser, et éviter ainsi qu'elle ne déborde.

Le Coran semblerait, et je suis aussi tenté, à tort ou à raison, de le penser également, a être lu largement de façon plus littérale et sans critique véritable du contexte historique dans lequel il a été écrit. Ecriture qui, rappelons-le, a pris 2 siècles et de nombreux rédacteurs.

Il y aurait donc ontologiquement une violence aussi bien dans la Bible (qui pour ce qui de l'ancien testament est commun aux juifs et aux chrétiens) que dans le Coran. La problématique serait donc dans des lectures à divers degrés.

Les textes sacrés peuvent donc servir au pire et au meilleur. La Bible, comme le Coran, ont été prétextes à des guerres de religions qui n'étaient d'ailleurs en fait que des guerres économiques et de territoires.

Bien des pratiquants musulmans se nourrissent du meilleur dans le Coran pour vivre en citoyen de paix. Les chrétiens, comme d'ailleurs les athées n'ont pas le monopole de l'amour et du respect du prochain.

J'admets et respecte cela, bien qu'étant un agnostique "athée" convaincu et ne me privant pas de dénoncer toutes les escroqueries des religions, dont la première est de faire croire à des vérités révélées, bel et bien pourtant traduites par des mains d'hommes.

Nous avons en tout cas besoin, en ce moment de division, de restaurer un climat de dialogue serein. Les polémiques religieuses ne serviront qu'à attiser la violence. Comme le disait justement le cinéaste  Radu Mihaileanu, dans l'émission de Ruquier, les musulmans vivants dans nos pays en sont autant propriétaires que nous. Ils devront donc, si on casse cette maison, la réparer avec nous.

 

02:34 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

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Écrit par : Royaux | 21/01/2015

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