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20/01/2015

Tolérance et laxisme

 

tolérance.pngAndré Comte-Sponville fait figurer la Tolérance au titre de l’un des Chapitre de son « Petit Traité des Grandes Vertus ». (Excellent ouvrage) Selon lui, la tolérance, en ce qu’elle l’acceptation d’une attitude d’autrui différente de la sienne propre, est une preuve de notre effort pour nous mettre à la place de l’autre. Mais  il nous signale aussitôt qu’il s’agit d’une vertu particulière, car son excès porte en lui-même sa propre négation. Peut-on accepter au nom de la tolérance toute activité qui foulerait au pied la dignité humaine ? 

Où situer la frontière? 

Dans le domaine de la religion  qui fait actuellement le feu de l'actualité.  

J'aime les critères dressés par Yves-Charles ZARKA dans son ouvrage : « Difficile Tolérance » en définissant ce qu’il appelle « la Structure Tolérance » 

1. L’altérité, c'est-à-dire la reconnaissance de l’autre, de son droit à exister tel qu’il est. J'accepte l'autre en tant que tel, même si je suis en désaccord total avec ses croyances. En un mot, il s'agit du respect des autres. 

2. La réciprocité, c'est-à-dire que la tolérance ne peut être à sens unique. C’est la notion de tolérance mutuelle. 

3. La distinction entre sphère privée et sphère publique. C’est la notion la plus délicate et sans doute la plus difficile à mettre en œuvre, elle est cependant capitale. La sphère privée est le lieu où s’exerce la Liberté de Conscience, c'est-à-dire le droit de croire à telle ou telle religion ou de ne croire à aucune. C’est le droit de manifester son appartenance religieuse, culturelle ou autre par des rites, des fêtes, des rassemblements ou tout autre manifestation. Le mot privé ne signifie pas que ces actions doivent être secrètes ou invisibles, il signifie qu’elles ne peuvent être que de l’initiative de personnes privées, consentantes et dans le respect de l’ordre public. Ceci par opposition à la sphère publique qui est le lieu où le citoyen exerce son pouvoir politique au sein d’une démocratie sans qu’il ne puisse être fait de différence par rapport à sa religion ou quel qu'autre croyance, à son origine ethnique, à son sexe ou à tout autre caractère individuel. Cette séparation sphère publique – sphère privée est en fait le fondement de ce que nous appelons la Laïcité et elle conditionne la séparation des Églises et de l’État. 

Voilà qui me dit que nous devrions plus souvent écouter et faire de la philosophie. Cela nous éviterait bien des malentendus!  

Je sais que cela est difficile. Individuellement, car pas évident de se décentrer de soi-même, de reconnaitre l'égalité entre nous et surtout avoir  l'humilité du savoir. Collectivement, la meilleure forme de tolérance serait celle d'une société laïque qui respecte la liberté des individus sans céder à la loi des communautés.  

C'est cette tolérance tant individuelle que collective  que  devrions défendre pour l'harmonie de toute société.

 

13:16 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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