mik dupont UA-70672535-1

21/01/2015

L'art de la dispute

 

dialogue.pngQuand nous lisons les oppositions qui tournent vite à l'affrontement de simples clichés, sans véritable argumentation, je me dis que nous sommes bien loin de l'art moyenâgeux de la dispute prônée par des théologiens et philosophes qui l'inscrivaient dans une partie de la formation de tout intellectuel.

Je doute  que le débat de ces derniers jours sur le terrorisme, dans l'actuelle islamophobie bien ancrée, soit contraire à susciter un certain goût pour des distinctions subtiles qui permettent à la raison de se développer, à argumenter, à démontrer.

L'art antique de la dispute a fait place à l'art de l'instinctif, de l'émotion, de l'expérimentation personnelle  très anecdotique.

Tentant un maximum d'appliquer ce qui m'a été enseigné par cet art ancien, je me retrouve évidemment très loin de la "dispute" entre des universalistes et des nominalistes. Dès que vous voulez nuancer, vous êtes vite "remballés".  Un ami, à tort ou à raison, me comparaissait dernièrement à un chien tournant autour de sa croquette et n'osant mordre dedans!

Dans les faux débats suscités par et sur les réseaux, chacun se croit assez informé pour affirmer par des raccourcis sa position. Quand des questions ou argumentations se font contraires, la dispute n'est plus argumentaire mais épidermique. Elle se transforme assez rapidement en quasi insulte.

Il faut évidemment accepter  que toute personne n'est pas "intellectuelle", sans pour autant être dépourvue d'intelligence. Les connaissances acquises  sont multiples et ne relèvent pas seulement d'études scolaires ou académiques. L'important reste à mes yeux une démarche de recherche. Elle est accessible à toutes et tous. Elle doit, et c'est primordial, pouvoir remettre en question des connaissances, des expériences, des informations acquises, avec l'espoir d'en découvrir de meilleures.

La diversité des approches est source d'enrichissement pour autant  que la "dispute"  se fasse dans le respect des réflexions et argumentations. Ce n'est qu'ainsi que nous constaterons  nos points aveugles, nos a priori, nos impensés et jouerons le même rôle auprès de nos interlocuteurs. Si ce n'est pas le cas, lâchez la "dispute" car elle ne servira que comme prétexte à confirmer le point de vue de chacun, voir son seul "égo". La richesse deviendra pauvreté. Mais mon grand regret est de voir combien  nos "disputes" actuelles se font dans des temps de plus en plus en courts, où chacun doit raccourcir au maximum l'expression de sa pensée.

22:15 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.