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24/01/2015

Mons capital européenne de la culture

mons di rupoo.jpgC'est parti. Les belles envolées lyriques de notre ex-premier, suivies de celles de la dite élite du pays vont nous vanter les bienfaits d'une culture atterrie à Mons, après une compétitivité entre villes rivales.

Et le beau paon de Mons, bardé de son écharpe maïorale y est allé d'un grand cliché bien étudié: "Porter la culture au-delà des différences"

Mais quelle culture? Il en est tant de définitions de la culture. Car il en va  de ce  mot , comme de celui de l'amour. Ce n'est donc pas moi qui la définirai.  Le mot autant que sa réalité ont évolué au cours des années, recouvrant une foule de concepts différents.

Pour ce que j'ai pu lire concernant Mons, il est incontestable que le fait de rassembler dans la ville un ensemble d'acquis littéraires, scientifiques, artistiques, techniques fait bien partie de la culture. Avec le bémol d'une œuvre "d'art" et d'une technique d'enchevêtrement de bois probablement à l'image de cette vitrine chaotique de valeurs défendues par une Europe en crise. Une Europe qui embellit son visage, mais dont sa politique et sa façon d'agir sur les êtres qui l'habitent détruisent son corps.

Car que nous apporte cette Europe culturelle? De par sa politique où seule la compétitivité prime, avec en seul point de mire le profit, elle nous impose un consumérisme à l'américaine. Il n'y a plus, ou si peu,  de perfectionnement de l'esprit par les arts, les lettres, les sciences, au sens large, mais bien la platitude des modèles coca-cola, des parcs Wall Disney. Et on s'étonne d'une jeunesse sans référence.  Y-a-t-il encore culture quand l'ensemble des traits distinctifs qui caractérisent un groupe social ou une société ne se retrouve que dans une course effrénée aux valeurs matériels? D'autant plus effrénée qu'elle divise par son inégalité distributive.

La culture, Monsieur Di Rupo, ce n'est pas seulement un ensemble des œuvres produites par des artistes, exposées dans un patrimoine architectural d'une ville qui tente par-là de relever sa faillite économique.

"Porter la culture au-delà des différences" dites-vous. Quelles différences? Celles apportées par les multinationales? Ces bâtisseurs de cathédrales modernes en yaourts, pizzas, hamburgers, bouteilles de soda et meubles à monter? C'est ce type d'art dont vous êtes devenu un des principaux artisans.  La culture au-delà des différences ? Ça sonne bien mais ça veut dire quoi au juste ?

Oubliez-vous en recevant le dit "beau monde politique", que celui-ci est en train de saper dans les budgets culturels?

Je crains, mais vous vous y connaissez en la matière, que Mons soit en réalité une ville somnifère où les besoins de nos habitants s'endorment dans des jeux de lumières qui n'ont plus rien à avoir avec le siècle baptisé de ce nom.

Et quand, de surcroît, l'accès à une culture doit se faire sous surveillance de caméras et avec renfort de police française, je me demande comment nous en sommes arrivés là. Toute culture est aussi un ensemble de systèmes symboliques. De celui-là, je n'en veux point.

La culture, c'est aussi quelque chose qui nous permet de fixer des choses en commun, de mieux communiquer, de nous influencer naturellement. Se fixer sur du sécuritaire, non merci.

 

18:47 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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