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25/01/2015

Grèce: La défaite de ceux qui disaient avoir "évité le pire"

grèce élect.pngRaoul Hedebouw disait lors de nos dernières élections: " vous sentez venir le vent de gauche?" En Grèce, cela n'a pas été qu'un vent, mais bien une vraie tempête.  Là où la démocratie est née, là elle renaît. Oui, l'Europe à la Merkel, Hollande, Michel, Di Rupo et compagnie s'est bien faite entubée! Amusant de voir déjà combien ceux qui défendaient hier les mesures indispensables de l'austérité, mettent sourdine à leur dogme. Je rigolais de voir et d'écouter le piètre Langlois, le jongleur des chiffres,  sur France 2.  Le discours changeait déjà.

La victoire de l'extrême gauche grecque n'est que le premier coup de pied dans la fourmilière libérale de l'Europe. Il sera suivi, je l'espère, de celui de l'Espagne.  Le leadership allemand va s'évanouir.

Reste maintenant à voir la suite. Syriza, dont le nom signifie Coalition de la gauche radicale  n'est pas un parti ultra révolutionnaire. On trouve en son sein des modérés comme d'autres plus radicales de trotskystes et de maoïstes. Nombre d'électeurs de l'ancien parti socialiste, lassés par sa politique d'austérité, se sont tournés vers lui.

Son programme est plus pragmatique qu'idéologique. " Il veut avant toute chose, en finir avec l’austérité qui asphyxie les Grecs. Le parti s’est engagé à porter le salaire minimum de 580 à 751 euros, à remonter le seuil d’imposition à 12 000 euros annuels, à rétablir le 13e mois de retraite pour les retraites inférieures à 700 euros, à offrir l’électricité et des coupons d’approvisionnement à 300 000 ménages au moins, à protéger les habitations principales des saisies, à assurer l’accès gratuit aux soins, à supprimer la taxe sur le fuel domestique, ou encore à augmenter le nombre de bénéficiaires de l’assurance chômage. L’ensemble du programme, au-delà du seul plan «d’urgence», est évalué à 12 milliards d’euros que Syriza compte trouver en réduisant le remboursement de la dette, en luttant contre la fraude fiscale et la contrebande, et en réaffectant des fonds européens". (Libération) Notons aussi la réintégration de fonctionnaires congédiés ou encore un programme ambitieux de travaux publiques.

C'est donc du concret. Ce ne sont pas des batailles de clochers rouges. C'est une entente sur l'urgence.

Un parallélisme avec le programme du PTB-GO des dernières élections dans notre pays et encore plus avec le rassemblement de Mélenchon en France peut aisément être dressé, même s'il existe des différences. L'ascension du parti est indissociable de celle d'un homme, Alexis Tsipras. S'il est souvent traité de populiste, cet homme ( jeune communiste à 17 ans) est plus modéré qu'en apparence. Il défend la nécessité de rester dans la zone euro, d'avoir un budget en équilibre. Rien à voir évidemment avec les mesures proposées par notre gouvernement actuel ou celui de Di Rupo hier, sur les mesures prises pour arriver à cet équilibre.

Contrairement à nous, les Grecs ont osé voter et faire un parti qui en 2009 ne représentait que 3% pour le placer en première place. Ils ont relégué les détonants du "moins pire" dans les coulisses de leur théâtre politique.

Nous allons pouvoir suivre si les promesses seront suivies des actes et si les divisions entre les gauches seront constructives et pas destructives de cet énorme espoir des Grecs.

 

22:51 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Cela dit, le PTB soutenait le KKE, communistes staliniens, durant les élections en Grèce, des opposants à Syriza. Voir le compte Twitter de Michel Henrion.

Écrit par : Alexis | 25/01/2015

à Alexis. Vous avez raison et j'ai bien souligné que si nous pouvions souligner un parallélisme, il existait bien des différences entre ce parti et le PTB.

Écrit par : mik | 26/01/2015

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