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30/01/2015

Sans travail, on n’existe pas.

solidaris_jeunes.jpgLa récente étude du "thermomètre Solidaris" sur les jeunes adultes de 18 à 30 ans interpelle sur  plus d'un point. Elle devrait mieux conscientiser ma génération et la précédente sur l'évolution de la société à laquelle ils sont confrontés. J'entends trop le "de mon temps", on n'avait pas tout cela et ça marchait mieux! Peut-être et encore, car nous avons la manie de toujours embellir le passé. Si, comme souvent entendu, nous nous "débrouillions" mieux, les clés du bonheur n'étaient pas aussi plus accessibles? Croire que ces clés ne sont qu'en nous est illusoire. Elles sont aussi autour de nous.

La difficulté de trouver un boulot, de s'y épanouir fait partie de l'anxiété des jeunes. On le comprend aisément. Sans travail, pouvons-nous exister? Il reste fondamental, non seulement pour se nourrir, se loger, s’habiller, se soigner, et se payer quelques plaisirs, mais aussi comme source de vie sociale. Je peux rejoindre la théorie de certains philosophes qui n'y voit qu'une petite facette du bonheur, mais elle demeure extrêmement importante. Ceux-ci, avec raison, rappellent que la vie humaine peut être vécue et pensée sur plusieurs modes.  Aristote  et après lui bien d'autres, distinguaient déjà la  « vie contemplative » et la « vie active »; l’une tournée vers la pensée, l’autre vers l’action, l’une vers la théorie et l’autre vers la « praxis ». Très bien tout cela, mais à condition de posséder en premier les moyens matérielles qui permettent les autres modes! Il faudrait peut-être alors un système d'une allocation minimum mais décente offerte à chacun. On n'y est pas encore là. Bien au contraire, puisqu'on supprime de plus en plus des allocations de chômage.

L'enquête nous montre aussi que dans notre monde hyper-connecté la solitude est galopante. Les rencontres virtuelles, celles dans des bars ou discos branchés ne suffisent évidemment pas à créer des relations autres que superficielles.

Dans cette société en panne d'emplois, rendue attirante par une course de "marques" et de nouveautés à consommer, avec une mentalité grandissante d'individualisme et de compétitivité, nous pouvons tous comprendre l'anxiété d'une grande partie de nos jeunes.

Mais attention, ne généralisons pas trop. Un bon de nombre de jeunes refuse activement cette espèce de dépression collective et s'engage dans une "révolution" porteuse d'espoir. Décidés à changer l'offre d'une société en panne d'emplois, de solidarité, de nombreux jeunes s'engagent dans des mouvements associatifs et politiques défendant une autre vision et une autre organisation de société. A nous de les soutenir. A nous de quitter notre propre pessimisme pour combattre à leur côté.

https://mrmondialisation.org/generation-revolution-ou-gen...

 

 

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29/01/2015

Dialogue social

concertation sociale.jpgLe gouvernement Michel aura gagné un peu de temps pour une relative paix sociale durant les fêtes de fin d'année. La mise en scène d'une ouverture à la concertation aura fonctionné.

Les négociations entre partenaires sociaux vont très probablement, une nouvelle fois, se solder par un échec.

Je me pose la question de savoir si tout ce cinéma relève encore d'une démocratie participative. Nous nous sommes éloignés des heures heureuses où le politique reconnaissait la place des syndicats. Le temps de la naissance des conseils d'entreprises et de l'implication des salariés dans la gestion de celles-ci semble bien révolu. Aujourd'hui, seule compte la compétitivité comme pilier économique. Comment dès lors pouvoir encore concilier démocratie sociale et croissance économique? Les obligations sociales et fiscales des entreprises sont en permanence accusées d’entraver le marché du travail. Comment dans un  contexte de performance économique, visant essentiellement à rétribuer le plus possible un actionnariat versatile, croire encore au dialogue social, en tout cas sur sa forme actuelle?

Ajoutez à cela que notre gouvernement, à l'image d'ailleurs des précédents, préfère souvent se tourner vers les banques, le fric, la spéculation ou les rentes plutôt que sur le monde industriel (Arcelor-Mittal n'en est qu'un exemple).

Mais, ne rejetons pas trop vite la faute sur les "autres". Nous voyons combien les grèves et mouvements de rue sont encore mal vus par la majorité d'entre nous. Là aussi les temps ont changé. La solidarité des anciens a fait place à l'individualisme d'une nouvelle génération consumériste.  De l'embourgeoisement de toute une classe résulte un grand mépris pour les syndicats, le monde ouvrier étant toujours considéré comme un monde inférieur. Les syndicats jouent de moins en moins un rôle fondamental. A qui la faute?

Voilà qui va favoriser notre gouvernement à passer en force et rapidement toute une législation antisociale.

Le temps de la résistance de  fin 2014 va devoir se réveiller, en espérant qu'il ne tombe pas dans la lassitude, ce que ceux nous gouvernent attendent secrètement.

 

 

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28/01/2015

Les nouveaux sauvages

nouveaux sauvages.jpgUn film époustouflant On n'en sort pas indemne. Ames sensibles s'abstenir.  Un de mes meilleurs vu depuis quelque temps. Dans son film à la fois thriller, comédie et drame, Damián Szifron nous dévoile avec une violence extrême notre société stressante, superficielle, tricheuse, inégalitaire, à travers des personnages qui craquent et franchissent le pétage de plombs. C'est notre jungle intérieure, relationnelle et environnementale. On passe d'une apparente civilisation à la pire des barbaries. La frontière en est étroite. L'auteur nous y entraine, avec un rare génie de cinéaste. Quelques faits divers en forme de "  sketchs " assez anodins nous entraînent dans un vertige, à la fois de caméra et de vie refoulée. C'est troublant, interpellant et jubilatoire. La vengeance est aussi terrifiante que drôle. Un film anti-humaniste, subversif, sans portée morale, en forme de métaphore d'une société veule où nous ne serions que des ordures.

Un film  féroce, outrancier, subversif, cynique que les bonnes âmes auront sans doute peine à digérer et trouveront d'une vulgarité insoutenable. J'aime ce qui est décalé et j'ai été servi!  

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27/01/2015

Le piège du "tous pareils"

socialisme.jpgNe s'attaquer qu'à l'establishment politique, ne rassembler que sur base des mécontents et déçus de la politique n'est pas suffisant pour combattre les injustices et les privilèges d'un pouvoir économique.

Les Grecs ont voté, et nous ne pouvons que nous en réjouir, contre une politique d'austérité. Voilà qui est positif et encourageant. Mais attention à la réaction de la droite, toujours très intelligente pour conserver son système capitaliste. Elle lâchera certainement du lest, comme chez nous lors des concertations sociales. Prête à donner les biscuits pour garder le gâteau, la droite a l'habileté et l'habitude de concéder pourvu de conserver le monopole d'un marché dit libre entre les mains d'un nombre toujours plus réduit de patrons pour qui la spéculation vaut mieux que l'entreprise.

Tant que le système capitaliste, sous couvert d'un libéralisme social, fera la loi du marché, la richesse ira toujours majoritairement, non vers ceux qui la produisent, les travailleurs, mais dans la poche d'une petite minorité  qui savent s'en emparer.

Ecoutons mieux ce qu'une masse populaire veut rejeter, tout en admettant qu'il faut "quand même bien payer la dette", s'inquiétant du comment trouver l'argent. Elle ne croit pas vraiment que c'est en appauvrissant les riches, qu'on enrichit les pauvres. Déçue d'un gauche socialiste qui a participé à sa paupérisation, les gens tentent de trouver le sauveur de leur misère. Ils se tournent tantôt vers l'extrême-droite et son discours populiste et raciste, tantôt vers des personnages charismatiques du type de Tsipras et de son programme très pragmatique qui veut recourir à un Etat un peu plus "providence", sans vraiment en changer le système.

Sans alternative de fond au capitaliste, il n'y aura, selon moi, aucun vrai changement de société. La droite a plus d'un tour dans son sac. Elle a pu adoucir la gauche traditionnelle, elle risque de  prendre dans ses filets celle qui aujourd'hui se dit radicale ou écologique. Syriza a mis KO le parti socialiste grec (PASSOK). Bravo. Mais, il y a grand risque de le voir vite en reprendre les recettes sous ce qui ne serait qu'un simple changement d'étiquette. La classe capitaliste, menée par les grands monopoles est loin, elle, d'être sur le tapis…

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26/01/2015

Rue-Parlement. Parlement-rue.

parlement gr.pngLes Grecs se sont exprimés par leurs nombreuses sorties dans la rue, bien avant les élections. Ce mouvement populaire de révolte s'est révélé payant dans les urnes. Il leur faudra maintenant ne point laisser carte blanche à leurs élus, même si ils se sentent proches d'eux et porteurs de leurs espoirs. Ces porteurs ont aujourd'hui ce qu'il faut pour changer le cap de l'austérité contre laquelle, jour après jour, manifestation après manifestation, ils se sont battus.

C'est une réponse claire à ceux qui prétendent que tout cela ne fait pas changer les situations. C'est une réponse à ceux qui trouvent les grèves inutiles. La solidarité est payante, pour autant qu'elle ne s'incarne pas dans l'éphémère émotionnel.

Raoul Hedebouw et le PTB ont fait de ce relais rue-parlement, parlement-rue, un pilier de leur programme, parce que simplement pilier d'une démocratie qui ne peut reposer que sur le seul parlementarisme.

Avec son alliance à un parti de droite, Syriza, pose un geste d'alliance qui étonne. Peut-être y trouve-t-il un allié fort qui au-delà des idéologies a un même objectif d'urgence: ouvrir la brèche la plus importante possible dans le dogme budgétaire imposé par l'Allemagne.

Nous verrons et soutiendrons un peuple courageux qui a osé s'écarter des partis traditionnels.

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Grèce: David contre Goliath

david1.jpgLes Grecs ont donné dimanche une victoire historique au parti de gauche radicale Syriza. Après l'effervescence bien justifiée de la joie, le temps des négociations va se concrétiser. Il va falloir s'attaquer à la dette, celle dont on nous ne cesse de nous dire qu'elle doit être payée par l'austérité.

Nous savons combien le pouvoir politique est devenu la mascotte des banques. Une élection pourra-t-elle inverser la donne?

La grande chance de Syriza, c’est de ne pas s’être compromis avec la diaploki» : cette spécialité grecque qui désigne les liens incestueux entre grands entrepreneurs, médias et classe politique. Un «triangle du péché» dénoncé il y a déjà trois ans par Tsípras lui-même. Ce triangle infernal dans lequel, notre pays et ses partis politiques traditionnels ne cessent de "flirter".

De la réduction de l'énorme dette de la Grèce (175% du PIB), dépendra la mise en place des mesures anti-austérité qu'a promis Alexis Tsipras.

La partie n'est pas gagnée. La Banque Centrale Européenne détient actuellement 27,2 milliards d'euros de dette grecque négociable, soit environ 42% du total. Deux de ces obligations arrivent à échéance le 20 juillet, pour 3,5 milliards d'euros, et deux autres en août, pour 3,2 milliards d'euros. Quand on lit déjà les déclarations du patron de la BCE, Monsieur Benoît Coeuré, "écœuré" sans doute par le résultat grec.  La partie s'annonce plus que dure. Il évoque aussi les 40 milliards d'euros que la Grèce doit à la France. Habile déclaration. En effet,  il déclare que cette dette n'est pas due aux spéculateurs ou aux marchés financiers, mais aux contribuables français. Mais quels contribuables?  Certainement pas les petits épargnants!

La nouvelle donne politique de la Grèce est en tout cas une fameuse brèche ouverte  dans cette pourrie politique européenne.

S'opposer à Merkel, Caméron et consorts, c'est s'opposer à l'oligarchie des banques et du monde de la grosse finance. Le rapport de force s'apparente plutôt au combat de David contre Goliath. Espérons voir gagner le héros biblique! Ne nous contentons pas d'assister au spectacle, il nous faut aussi monter sur le ring européen pour rendre plus fort le  coup de fronde de la Grèce.

 

 

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25/01/2015

Grèce: La défaite de ceux qui disaient avoir "évité le pire"

grèce élect.pngRaoul Hedebouw disait lors de nos dernières élections: " vous sentez venir le vent de gauche?" En Grèce, cela n'a pas été qu'un vent, mais bien une vraie tempête.  Là où la démocratie est née, là elle renaît. Oui, l'Europe à la Merkel, Hollande, Michel, Di Rupo et compagnie s'est bien faite entubée! Amusant de voir déjà combien ceux qui défendaient hier les mesures indispensables de l'austérité, mettent sourdine à leur dogme. Je rigolais de voir et d'écouter le piètre Langlois, le jongleur des chiffres,  sur France 2.  Le discours changeait déjà.

La victoire de l'extrême gauche grecque n'est que le premier coup de pied dans la fourmilière libérale de l'Europe. Il sera suivi, je l'espère, de celui de l'Espagne.  Le leadership allemand va s'évanouir.

Reste maintenant à voir la suite. Syriza, dont le nom signifie Coalition de la gauche radicale  n'est pas un parti ultra révolutionnaire. On trouve en son sein des modérés comme d'autres plus radicales de trotskystes et de maoïstes. Nombre d'électeurs de l'ancien parti socialiste, lassés par sa politique d'austérité, se sont tournés vers lui.

Son programme est plus pragmatique qu'idéologique. " Il veut avant toute chose, en finir avec l’austérité qui asphyxie les Grecs. Le parti s’est engagé à porter le salaire minimum de 580 à 751 euros, à remonter le seuil d’imposition à 12 000 euros annuels, à rétablir le 13e mois de retraite pour les retraites inférieures à 700 euros, à offrir l’électricité et des coupons d’approvisionnement à 300 000 ménages au moins, à protéger les habitations principales des saisies, à assurer l’accès gratuit aux soins, à supprimer la taxe sur le fuel domestique, ou encore à augmenter le nombre de bénéficiaires de l’assurance chômage. L’ensemble du programme, au-delà du seul plan «d’urgence», est évalué à 12 milliards d’euros que Syriza compte trouver en réduisant le remboursement de la dette, en luttant contre la fraude fiscale et la contrebande, et en réaffectant des fonds européens". (Libération) Notons aussi la réintégration de fonctionnaires congédiés ou encore un programme ambitieux de travaux publiques.

C'est donc du concret. Ce ne sont pas des batailles de clochers rouges. C'est une entente sur l'urgence.

Un parallélisme avec le programme du PTB-GO des dernières élections dans notre pays et encore plus avec le rassemblement de Mélenchon en France peut aisément être dressé, même s'il existe des différences. L'ascension du parti est indissociable de celle d'un homme, Alexis Tsipras. S'il est souvent traité de populiste, cet homme ( jeune communiste à 17 ans) est plus modéré qu'en apparence. Il défend la nécessité de rester dans la zone euro, d'avoir un budget en équilibre. Rien à voir évidemment avec les mesures proposées par notre gouvernement actuel ou celui de Di Rupo hier, sur les mesures prises pour arriver à cet équilibre.

Contrairement à nous, les Grecs ont osé voter et faire un parti qui en 2009 ne représentait que 3% pour le placer en première place. Ils ont relégué les détonants du "moins pire" dans les coulisses de leur théâtre politique.

Nous allons pouvoir suivre si les promesses seront suivies des actes et si les divisions entre les gauches seront constructives et pas destructives de cet énorme espoir des Grecs.

 

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Politique étrangère et terrorisme

terrorisme20.pngSuite à un article dans le "Vif" daté de ce 24 janvier, rédigé par l'écolo Jonathan Piron (ETOPIA), mettant en cause une carte blanche de Pierre Mertens,  président du PTB, intitulée : "La double morale : notre armée est à Bruxelles et Anvers, nos armes en Arabie saoudite", j'ai tenté, à ma manière, de m'en inspirer pour relever quelques axes qui me paraissaient intéressants.

Avant toute chose, j'avoue ne pas bien connaître l'histoire et de la géopolitique du Moyen-Orient. Je me garderai donc d'émettre des avis tranchés ou simplistes, en me contentant de soulever quelques questions qui peuvent rejoindre les courtes analyses différentes de Piron et Mertens.

A propos du berceau de terrorisme qu'est le Moyen-Orient dans notre monde, il me parait important, comme eux, d'en analyser les causes profondes. Pour ce faire, il ne suffit pas, me semble-t-il, comme écrit J.Piron, d'en faire porter tout le poids sur la politique impérialiste des USA en alliance avec celle de l'Europe. D'autres facteurs multiples et complexes se sont croisés et se croisent encore.

Au niveau interne, ces pays n'ont jamais été des exemples de démocratie. Faute des appuis ou interventions de pays extérieurs? Les nombreux coups d'Etat qui s'y sont produits, au nom d'un établissement ou d'un rétablissement d'une démocratie, posent des questions autres que les interventions américaines, par ailleurs très versatiles. Des "révolutions" n'ayant populaires que le nom? Les putschs n'étaient-ils que des luttes de palais entre "chefs" rivaux ayant besoin d'un soutien d'une grosse puissance?  Ces révolutions facilitées par des manipulations d'intérêts et de luttes entre des puissances étrangères, telles que les Etats-Unis, mais aussi la Russie et la Chine n'étaient-elles pas aussi générées par le ras-le-bol d'une population dans la misère? Population confrontée aux pires exactions dès qu'elle manifestait la moindre opposition au régime en place.  Population instrumentées par des facteurs multiples tant internes qu'externes, dont aussi celui de la religion,  sans oublier les doubles jeux de parrainage d'Etats comme l'Arabie saoudite ou encore la Turquie.

L'Europe, traditionnellement alliée aux Etats-Unis et par ce fait à Israël n'a pu que voguer sans vraiment définir sa position politique, criant seulement son attachement aux valeurs d'une charte des droits de l'homme, mais n'hésitant pas à soutenir ceux qui les bafouent allègrement sur tous les continents.

Une seule chose  me semble évidente. Les interventions armées de puissances étrangères n'a fait que complexifier une situation  inextricable. L'autodétermination de ces pays est passée à la trappe. Leur sort ne s'est pas amélioré, voire s'est aggravé. Les guerres d'intervention ont surtout profité aux fanatiques religieux les plus extrémistes.

Notre grille de lecture occidentale n'a d'objectivité et de vraie valeur que dans notre refus de voir une fanatisation entraînant des horreurs et des massacres inhumains. Pour le reste, restons prudents, tant notre vue est brouillée par des enjeux économiques, dont le pétrole, qui s'érigent faussement en diverses idéologies démocratiques à géométrie très variable.

Comme simple citoyen, je reste très dubitatif sur ce que véhiculent nos médias et les discours de politiciens qui, pour certains, paraissent en connaitre autant que moi, c'est-à-dire très peu!

Je rejoins totalement Pierre Mertens lorsqu'il dit et écrit: "Il n'existe malheureusement pas de "solutions faciles" dans la lutte contre le terrorisme, et celui qui prétend cela jette de la poudre aux yeux des gens". Alors qu'un bon nombre de chefs d'Etat vont rendre hommage au roi Abdallah décédé, Mertens a raison de penser qu'il faut " que notre pays mette fin à cette politique de deux poids deux mesures, coupe les liens militaires avec l'Arabie saoudite et exige un contrôle strict des flux d'argent en provenance de cet Etat pétrolier".

Mais n'oublions pas les horreurs et les massacres perpétrés dans des pays autres que ceux du Moyen-Orient.

Je ne tire de mes lectures et réflexions qu'une conclusion: s'informer et encore s'informer, sans céder à des analyses opportunistes ou idéologiques qui nous mèneraient à des actions inefficaces ou contraires à la paix que nous voulons chez nous et dans le monde. 

 

 

 

http://www.levif.be/actualite/belgique/la-double-morale-notre-armee-est-a-bruxelles-et-anvers-nos-armes-en-arabie-saoudite/article-opinion-362279.html

 

http://www.levif.be/actualite/international/le-ptb-la-politique-etrangere-et-les-doubles-standards/article-opinion-363129.html?utm_source=facebook&utm_medium=social&utm_campaign=vif

 

 

 

 

09:44 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

24/01/2015

Mons capital européenne de la culture

mons di rupoo.jpgC'est parti. Les belles envolées lyriques de notre ex-premier, suivies de celles de la dite élite du pays vont nous vanter les bienfaits d'une culture atterrie à Mons, après une compétitivité entre villes rivales.

Et le beau paon de Mons, bardé de son écharpe maïorale y est allé d'un grand cliché bien étudié: "Porter la culture au-delà des différences"

Mais quelle culture? Il en est tant de définitions de la culture. Car il en va  de ce  mot , comme de celui de l'amour. Ce n'est donc pas moi qui la définirai.  Le mot autant que sa réalité ont évolué au cours des années, recouvrant une foule de concepts différents.

Pour ce que j'ai pu lire concernant Mons, il est incontestable que le fait de rassembler dans la ville un ensemble d'acquis littéraires, scientifiques, artistiques, techniques fait bien partie de la culture. Avec le bémol d'une œuvre "d'art" et d'une technique d'enchevêtrement de bois probablement à l'image de cette vitrine chaotique de valeurs défendues par une Europe en crise. Une Europe qui embellit son visage, mais dont sa politique et sa façon d'agir sur les êtres qui l'habitent détruisent son corps.

Car que nous apporte cette Europe culturelle? De par sa politique où seule la compétitivité prime, avec en seul point de mire le profit, elle nous impose un consumérisme à l'américaine. Il n'y a plus, ou si peu,  de perfectionnement de l'esprit par les arts, les lettres, les sciences, au sens large, mais bien la platitude des modèles coca-cola, des parcs Wall Disney. Et on s'étonne d'une jeunesse sans référence.  Y-a-t-il encore culture quand l'ensemble des traits distinctifs qui caractérisent un groupe social ou une société ne se retrouve que dans une course effrénée aux valeurs matériels? D'autant plus effrénée qu'elle divise par son inégalité distributive.

La culture, Monsieur Di Rupo, ce n'est pas seulement un ensemble des œuvres produites par des artistes, exposées dans un patrimoine architectural d'une ville qui tente par-là de relever sa faillite économique.

"Porter la culture au-delà des différences" dites-vous. Quelles différences? Celles apportées par les multinationales? Ces bâtisseurs de cathédrales modernes en yaourts, pizzas, hamburgers, bouteilles de soda et meubles à monter? C'est ce type d'art dont vous êtes devenu un des principaux artisans.  La culture au-delà des différences ? Ça sonne bien mais ça veut dire quoi au juste ?

Oubliez-vous en recevant le dit "beau monde politique", que celui-ci est en train de saper dans les budgets culturels?

Je crains, mais vous vous y connaissez en la matière, que Mons soit en réalité une ville somnifère où les besoins de nos habitants s'endorment dans des jeux de lumières qui n'ont plus rien à avoir avec le siècle baptisé de ce nom.

Et quand, de surcroît, l'accès à une culture doit se faire sous surveillance de caméras et avec renfort de police française, je me demande comment nous en sommes arrivés là. Toute culture est aussi un ensemble de systèmes symboliques. De celui-là, je n'en veux point.

La culture, c'est aussi quelque chose qui nous permet de fixer des choses en commun, de mieux communiquer, de nous influencer naturellement. Se fixer sur du sécuritaire, non merci.

 

18:47 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

23/01/2015

Ma peur citoyenne malgré une immigration qui rapporte!

peur10.jpg

Je sais qu'il faut toujours se méfier des rapports. Intéressant pourtant celui de l'OCDE, dévoilé par La Libre Belgique. L'immigration "rapporterait" en moyenne près de 3.500 euros de rentrées fiscales par individu par an,  ce qui représenterait près de 1 % du PIB du pays, "pensions mises à part". De quoi faire dire que "l'immigration ne coûte pas, elle rapporte.

 

Je crains que ce chiffre soit évidemment très contesté par ceux qui voient les étrangers comme mangeurs de notre pain et éternelles assistés.

 

L'OCDE est un organisme sérieux.  L'Organisation de Coopération et de Développement Économiques se doit une certainement objectivité. Il s'engage depuis 50 ans sur les valeurs  fondamentales de:

 

"•Objectivité – Nos analyses et nos recommandations sont indépendantes et factuelles.

 

 •Ouverture – Nous encourageons le débat et la compréhension mutuelle sur des questions    cruciales pour le monde.

 

•Audace – Nous osons mettre en question les idées reçues, à commencer par les nôtres.

 

•Prospective – Nous identifions et abordons les défis nouveaux et les enjeux à long terme.

 

•Éthique – Notre crédibilité est bâtie sur la confiance, l’intégrité et la transparence."

 

Mais qu'importe, en admettant même que ce rapport en terme fiscal soit surévalué, il contredit sérieusement ce que  nous entendons en permanence dans la rue. Il n'est pas ce que des partis d'extrême droite véhiculent comme message.

 

Mais comment lutter contre le phénomène bien connu et trop vrai de ce que les gens entendent ce qu'ils veulent entendre et comprennent ce qu'ils veulent comprendre?

 

J'entends déjà les commentaires, surtout les grands clichés basés sur des anecdotes personnelles. Je serai vu comme aveugle de la réalité, comme un naïf idéaliste. Tout cela en m'assurant qu'ils ont un ami noir, voire arabe…

 

Le climat actuel se focalise sur l'immigration maghrébine oubliant sans doute celui d'un passé décrivant les noirs de "bamboulas", les italiens de bouffeurs de spaghetti et videurs des caisses de secours! Moins grave, me diront-ils, dans des amalgames excessifs,  que les poseurs de bombe.

Que répondre à la peur, à l'ignorance? Le stéréotype de l’immigrant d'aujourd’hui est tout aussi présent qu'hier, mais il s'est déplacé. La masse des gens, et encore, ne valorise les étrangers que  s’ils sont sportifs, chanteurs ou humoristes. Lui rappeler que les mouvements de population sont la base des civilisations depuis l’homme de Neandertal ne convaincra pas. Que du contraire, elle se verra menacée dans sa culture de la crèche et du sapin de Noël menacés, de la disparition de sa religion que par ailleurs elle ne pratique qu'aux enterrements et mariages!

 

Entre le début des années 1950 et les années 1970, on avait une très forte immigration et pas de loi. Cela posait-il de plus gros problèmes? Je ne sais si le père de Di Rupo était un sans-papier, mais cela était fréquent. Les patrons les faisaient venir et puis ils régularisaient après, parfois au bout d’un an.

 

Je sais que les temps ont changé. L'immigration aussi. Pas en nombre, car elle a connu son apogée mondiale dans les années 30. On connait la suite avec l'ascension d'Hitler et son instrumentation du sale juif!

 

C'est de toute cette panique, de ce repli sur soi que moi j'ai peur. J'ai peur de l’usage systématique de la loi pour satisfaire les fantasmes sécuritaires liés à des questions d’actualité.

 

J'ai peur de la misère grandissante, terreau idéal d'une recrudescence religieuse et de son danger de radicalisation. C'est de cela que j'ai peur. Peur de cette hypocrisie internationale qui s'incline devant un roi d'Arabie considérant son pays comme une  possession personnelle où les femmes ne peuvent pas voter, conduire une voiture et où la torture es monnaie courante. Peur que le pétrole compte plus que la liberté d'expression et que des droits humains fondamentaux.

 

Oui, j'ai peur mais pas celle que des médias, des politiciens voudraient me foutre. Pas celle d'une islamisation radicale que nous pourrons, j'espère, relativement vite freiner, voire endiguer, si nous parvenions à une plus grande égalité  et solidarité entre tous les citoyens.

 

 

 

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