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01/02/2015

Baromètre Ipsos pour Le Soir, RTL-TVi, VTM et Het Laatste Nieuws.

 

michel peteers.jpg Un baromètre reste un baromètre, avec les caprices d'une météo politique qui souffle avec le vent des opportunités, qu'elles soient dramatiques ou joyeuses.Remarquons cependant que dans son ensemble, l'électorat  reste très stable. Les glissements de voix ne changent pas profondément le paysage politique.

Les débuts du gouvernement Michel ont pourtant soufferts de diverses tempêtes. Il y eut la levée de bouclier contre son alliance avec la NVA, une de ses nombreuses trahisons électorales. Il y eut la révolte sociale, avec son lot de manifestations et de grèves. Cela pouvait présager son avenir fragile et éphémère. Puis, il y eut le drame "Charlies", avec la mise en lumière d'un terrorisme meurtrier près de chez nous et la découverte de menaces dans notre pays. La peur et l'anxiété collectives allaient profiter aux autorités en place, en France comme chez nous. Les problèmes économiques passaient au second plan. L'image d'un pouvoir digne, fort, prêt à se défendre contre la barbarie, quitte à faire perdre des libertés individuelles fondamentales, marquaient positivement une opinion publique aux abois.

La concertation sociale, dans le même temps, reprenait dans un climat plus favorable à un gouvernement en regain d'autorité ayant réussi à faire oublier les méfiances et oppositions largement exprimées lors de son installation.

Les escarmouches entre CD&V et N-VA n'atteignaient pas le maître d'Anvers.  La puissance syndicale chrétienne flamande se laissait courtiser par un Kris Peeters sachant parfaitement jouer les doubles jeux, craignant bien plus le "terrorisme" de son rival Bart que celui venant de musulmans radicaux et fanatiques.

Le résultat de toutes les petites et grandes stratégies des partis nous offre donc ce baromètre d'aujourd'hui. Rien de bien étonnant. La stabilité de ceux qui se battent pour ne point perdre trop d'électorat se confirme. Le podium des ténors ne change guère. Les popularités personnelles ne changent d'ailleurs pas fondamentalement les scores électoraux des partis. Ils ne sont importants que pour affirmer ou non l'autorité de certains en interne. Là aussi les oligarchies de partis restent stables. Nous avons pu encore le constater dans les renouvellements de présidences.

En voyant ce baromètre, je me dis que nous sommes bien loin d'un changement de cap, comme vient de le vouloir le peuple grec. Je me réjouis, bien sûr, de la montée significative du PTB en partie francophone du pays, hélas encore bien faible en Flandre. Notre situation est encore, mais pour combien de temps, bien différente de celle des pays comme la Grèce, l'Espagne, le Portugal. Si la paupérisation chez nous ne cesse de s'accroître, elle n'atteint pas encore une large base populaire. La réduction des salaires et du pouvoir d'achat se fait lentement et sûrement mais de façon habile. Le grand coup de pied donné à toute une frange d'allocataires sociaux n'émeut qu'une minorité qui se croit encore "intouchable". La majorité peut même crier au scandale de l'injustice sociale, tant qu'elle reste la tête hors de l'eau, elle hésite à sortit de sa petite piscine personnelle.  

Celles et ceux qui annonçaient une fin proche du gouvernement, une raclée électorale pour le MR et la remise sur pied d'un PS devenu agressif au fédéral et toujours libéral au régional, se sont, en tout cas pour le présent, trompés. Mais toute cette apparente stabilité peut vite changer. Il suffirait que le CD&V soit gratifier d'une hypothétique remontée électorale ou complètement lâché par son syndicat chrétien, pour qu'il passe de l'escarmouche au combat et fasse tomber un gouvernement où sa présence n'est qu'opportuniste.  Il suffirait d'un réveil du portefeuille trop amoindri d'une majorité d'ouvriers, d'employés, de fonctionnaires pour que la contestation se traduise plus fortement encore que les mois passés  en rue et se répercute en terme électoral.  Notre vigilance s'impose, mais demeure insuffisante sans une véritable résistance sociale à la politique d'austérité qui nous frappe progressivement. Attendrons-nous d'être au tapis pour réagir?

 

23:24 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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