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01/02/2015

Eglise et Etat

vatican.jpgéglise etat1.jpgL'actualité des "fous de dieu" devrait être une occasion pour nos sociétés de mieux mettre en lumière ce que nous pensons comme chose acquise: la séparation des Etats et des religions. Nous n'en sommes certainement plus à une époque de domination religieuse. Les rapports entre Eglises et Etats ont changé, mais il existe encore bien une interaction entre les deux. Après avoir dominé l'Etat, l'Eglise est passée à son "service". Elle lui est subordonnée et sert d'instrument à sa politique. Les rapports existent toujours bien mais ils se sont quelque peu inversés.

Nos Etats contemporains savent qu'ils ne peuvent ignorer totalement le monde des religions, sous peine de manquer de soutien. Il suffit de voir défiler les Chefs d'Etats en audience chez le pape. De voir Poutine se manifester dans des offices religieux orthodoxes. Que dire du succès grandissant des églises charismatiques aux Etats-Unis et de leur " intrication" politique? Même si l'Etat d'Israël se dit accueillir tout le monde, son nom est porteur d'une histoire religieuse et sans être vraiment un Etat théocratique, il a malgré tout une intention sous-jacente de regrouper en son sein des fidèles d’une certaine religion. Cela n'en fait-il pas un Etat confessionnel?  Le nouveau pouvoir en Grèce osera-t-il vraiment s'attaquer aux privilèges et à l'énorme fortune de l'Eglise orthodoxe?

Si les Eglises savent qu'elles ne sont plus en mesure de renverser un pouvoir politique, elles n'en jouent pas moins un pouvoir d'influence. Elles savent aussi qu'elles auraient une énorme difficulté à subsister en étant exilées du socio-politique. A contrario, les Etats savent  que pour exercer leur pouvoir, ils ont besoin d'un certain consensus de l'ensemble des citoyens, parmi lesquels le nombre de croyants et les valeurs éthiques qu'ils véhiculent ne sont pas négligeables.

En dehors donc de tout débat philosophique, religieux ou éthique, il existe bien une interaction stratégique qui se poursuit encore entre politique et religion. Croire que le politique est libre envers la religion et vice et versa  serait une erreur ou un déni de réalité. La problématique de la liberté du croyant et celle du citoyen demeure complexe. Ce n'est pas encore demain qu'elle se résoudra!

La question est aujourd'hui, plus que jamais, d'actualité. Elle doit nous inciter à l'esprit critique tout en restant tolérant. Mais cette tolérance ne peut accepter la montée du fanatisme religieux. Je peux tolérer une religion d'amour, non celle de la haine. Le fanatisme est incompatible aussi bien avec l'esprit politique qu'avec celui de la  religion. Quand la politique ou la religion déchaine la violence, assassine; quand elle étouffe la liberté de connaître, de penser, nous devons les combattre. Ce n'est pas qu'un combat de kalachnikovs, mais c'est surtout un combat d'éducation, de connaissances qui réclame un terrain de justice sociale.  

 

 

11:50 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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