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03/02/2015

La chute de Di Rupo

Di RUPON14.jpgCe mandat de présidence, vite repris par notre ex premier, sera-t-il bien celui de trop? Les ténors politiques ont souvent tort de ne point partir à temps et de s'accrocher au pouvoir. Au lieu alors d'en sortir avec un joli bouquet de fleurs, ils reçoivent avant leur mort une belle gerbe mortuaire.

Il faut dire que le PS est aux mains de toute une nomenklatura de carriéristes bourgeois ignorant la pratique quotidienne de celles et ceux qu'ils proclament haut et fort défendre. Le parlementarisme et tout ce qui gravite autour des hauts lieux dits de décision se résume à un petit monde oligarchique vivant en vase clos. Les enjeux de société n'y sont plus que prétexte à de petites luttes internes d'égos en recherche d'honneur, de privilèges et de fric.

Cela ne serait pas trop grave, si  nos acteurs politiques se montraient à la hauteur des événements, tentaient de nous en faire comprendre la complexité et s'attelaient à prendre des décisions de véritables réformes.

La chute du PS correspond à la chute de ses valeurs. Les petites colères de Laurette Onkelinx, les campagnes de clichés réducteurs contre le gouvernement Michel, la brillance de papillon rouge à Mons et tutti quanti ne suffisent plus à convaincre un électorat qui vit de plus en plus sa marginalisation et sa paupérisation face à une droite soumise à l'ordre du monde de la finance.

Le réalisme socialiste, qui consiste à se satisfaire du monde tel qu'il est, engendre sa chute. Il a perdu sa révolte contre les injustices, son combat pour une vie meilleure et l'émancipation de la personne humaine.

Di Rupo n'a plus rien d'un  Jaurès, Hugo, Blum, Destrée, Vandervelde, et autres grande figures du socialisme français et belge.

Comment le PS pourrait-il retrouver une crédibilité alors qu'au pouvoir depuis des décennies il s'est montré incapable de donner à l'Etat les moyens d'entreprendre de vrais changements face à la crise économique et écologique? Comment croire qu'aujourd'hui il pourrait proposer une alternative, alors qu'il pratique au régional la même politique d'austérité qu'au fédéral?

Le Di Rupo "révolutionnaire" du départ s'est laissé happer par la pensée dominante néoclassique de la sociale démocratie.

Le PS a contribué à rendre l'Etat sans moyens. Il a laissé ou même favorisé l'évasion fiscale, privée ou d'entreprise. Il a voté les traités d'austérité. Il n'a pas appliqué un taux d'impôt exceptionnel sur le capital; pas mis en place une taxe sur les millionnaires. Il n'a pas fait barrage à une dette bénéficiant surtout à ceux qui ont les moyens de prêter à l'Etat. Il a soutenu des entreprises multinationales qui font 90% de leur chiffre d’affaire à l’étranger, mais il a laissé aller à la faillite des tas de PME. Il a privatisé à tort et à travers. Quel gâchis!

Quoi d'étonnant alors de voir un électorat de gauche se tourner avec raison vers le PTB. Au lieu de l'envoyer sur les roses dont vous n'avez plus que les épines, vous feriez bien de vous en inspirer. Vous semblez un peu le faire, mais par pure stratégie politicienne. Vous traitez son idéologie  de dépassée, mais ce sont vos recettes qui le sont. Lisez un peu plus une  littérature économique et politique qui s’est réveillée et ose aller à contre-courant des discours à la Merkel Hollande, Juncker!

Le PS n'a rien à attendre de l'insipide nomenklatura des Magnette, Marcourt, Demmote et autres serre-fesses du socialisme qui s'accrochent aux vôtres! Travaillez non pas à sauver votre parti, mais à préparer et proposer de véritables transformations économiques et politiques.

Je crains pour vous qu'il ne soit trop tard, que ce ne soit pas qu'un coup de blues. Je ne m'en réjouis pas tout en trouvant que c'est mérité. Votre PS va droit vers le sort que les Grecs ont réservé au Pasok, votre équivalent, devenu une antiquité socialiste!  

 

10:31 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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