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06/02/2015

Barre à droite, toutes

cabinet 2.jpgNous savons l'importance qu'ont les conseillers des ministres.  Leur choix indique l'orientation que veulent donner ceux-ci à leur politique. Préoccupés avant tout de leur  communication, de leur présence aux diverses et nombreuses obligations représentatives, nos édiles jouissent de peu de temps pour maîtriser les nombreux dossiers à traiter.  Se méfiant d'une administration très politisée et pas toujours  de leur couleur préférée, ils la placent sous le joug de leur cabinet. Les éminences grises font leur job en toute discrétion et la plupart ne sont connus qu'au sein du cénacle politique. Recrutés soit dans l'administration, soit dans le secteur privé, les cabinetards préparent les dossiers en groupe de travail et sous l'égide d'un  directeur qui dans la pratique détient le vrai pouvoir, même si le ministre porte toujours la responsabilité politique des décisions prises.

La LLB de ce jour nous livre le nom de nouveaux venus au service de quelques ministres. Ce qui peut paraitre anecdotique est loin de l'être.  Contrairement à un passé où les partis socialistes et  sociaux chrétiens  envoyaient auprès de leur ministres, ayant comme compétence les matières sociales, des conseillers proches des deux grands syndicats, la donne prend  aujourd'hui une toute autre orientation. La très populaire Maggie De Block vient de nommer pour l'entourer  des gens recrutés dans les milieux patronaux. Elle s’est en effet adjointe les services de Bernadette Adnet, qui l’année dernière encore, était la "madame sécurité sociale" à la Fédération des entreprises de Belgique (FEB). Nommée directrice-adjointe du cabinet, elle devrait se charger de l’une des promesses gouvernementales les plus attendues par les employeurs : la diminution des charges de 33 à 25 %. Le vice-Premier Open VLD Alexander De Croo a, lui aussi, fait son marché à la FEB. Il a en effet engagé comme directeur adjoint Geert Vancronenburg , l’ancien "chief economist" de la fédération patronale.V.R.

Le ton est donc bien donné. Barre à droite, toute! Nous voyons donc quel groupe d'intérêt veut défendre ce gouvernement. Nous le savions, mais voilà qui est bien confirmé dans la pratique de  notre complexe machinerie politique. Sans vraiment pouvoir l'affirmer, il ne serait pas étonnant de voir les économies à faire dans le fonctionnement des cabinets, via des sherbas  en partie   rémunérés, d'une façon ou d'une autre par leur  groupe d’intérêt.  Il faut aussi savoir que les cabinetards ne tombent pas sous l’Arrêté Royal de 1937 qui règle les droits, les devoirs, les conflits d’intérêt et les cumuls des fonctionnaires d’Etat.

Nous sommes évidemment en droit de nous demander si celles et ceux que nous avons choisis naïvement pour servir l'intérêt général, dont ils se targuent d'être au premier rang,  peuvent ainsi s'entourer de  conseillers qui, en plus d’un agenda politique, servent également un agenda particulier ou corporatiste. Est-ce la bonne gouvernance si bien prêchée par nos "dévoués et désintéressés" représentants?

Plus anecdotique, amusant, de voir l'ancienne présentatrice de l'émission "Place Royale "(RTL-TVi) Anne Quevrin intégrer le cabinet du vice-Premier ministre et ministre des affaires étrangères Didier Reynders. Elle est en charge du secteur culturel en qualité de conseillère du vice-Premier ministre en charge des Institutions culturelles fédérales.  Nous voilà donc sauvés pour le haut niveau culturel qu'elle peut représenter!!  Il faut dire aussi que dans les cabinets se retrouvent bien des récompensés des élections. Anne Quevrin avait poussé la liste MR à la Région bruxelloise.

Ah la démocratie, vous avez dit quoi? Si, si, démocratie……ou plus justement, l'art de se foutre de notre gueule!

 

08:51 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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