mik dupont UA-70672535-1

11/02/2015

Birdman

birdman.jpgJ'ai eu beaucoup de peine à entrer dans ce film. J'étais même prêt à sortir après 15 minutes. Heureusement, je suis resté. Ce film est fabuleux. Le scénario est mince. Un acteur  mondialement connu est tombé dans l'oubli et tente aujourd’hui de monter une pièce de théâtre à Broadway dans l’espoir de renouer avec sa gloire perdue. Il doit affronter des tas de difficultés, sa famille, ses proches,  son passé, son égo pour jouer cette pièce.

Mais l'important n'est sans doute pas dans la compréhension première du scénario. Celui-ci devient vite un descriptif philosophique haletant sur la question existentielle du besoin d'amour et de reconnaissance, sur l'éphémère de la célébrité, sur l'égo qui se perd quand il se "sur- dimensionne". Il rejoint nos angoisses, nos peurs, notre besoin de donner sens à la vie.  C'est notre paradoxe entre parfois faire notre cinéma et vivre notre humanité tissée de vraies joies et de vraies souffrances

Le huit clos du monde théâtral dans lequel se trame cette apparente comédie,  n'est que la lutte de notre  subconscient pour exister et surtout être aimé.  C'est tout notre calcul combinatoire, partagé entre réalité et rêve, en quête de bonheur.  C'est, comme exprimé par la fille gâtée du comédien en dérive, le choix cornélien  entre "action" et "vérité".  L'action superficielle d'une société  de télé-réalité où l'excitation se confond avec existence  ou alors la vérité profonde de l'être à découvrir dans notre solitude aimante et complice de celle de l'autre.

Ce film , et c'est peut-être son seul petit péché, nous livre trop de choses, trop de matière à réflexion, non seulement sur le show business d'aujourd'hui sur lequel il  se fonde, mais sur le dilemme du paraître et de l'être.

Birman est un très grand film. C'est vraiment ce que l'on nomme un film d'auteur. Les acteurs y sont tous formidables. La performance de Mickeal Keaton est impressionnante. La technique cinématographique est haletante, "bousculante".  La caméra semble ne pas quitter une seconde les personnages principaux du film et de vivre  ainsi l'intimité de leurs affres existentielles.  Une terrible musique de batterie rythme l'unique plan séquence de ce film de 2 heures, avec vers la fin un peu de violon.  J'avoue que ce techniquement époustouflant m'a paru quelque fois un peu long, surtout au début de film, avant d'entrer vraiment  dedans.

 Film exceptionnel à voir et même, peut-être,  à revoir pour encore mieux le comprendre.

07:45 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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