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12/02/2015

La politique du compliqué

compliqué.pngIl est pour le moins étrange de constater qu'à chaque fois qu'un nouveau gouvernement se met en place, les ministres doivent recommencer des études, rencontres de tables rondes, audits divers, concertations, comme si leurs prédécesseurs avaient agi dans l'ignorance totale des dossiers à traiter. Chacun y va alors de "sa" réforme, comme si les précédentes étaient devenues en quelques années obsolètes.

Nous pourrions admettre que des élections indiquent une ligne générale de politique à mener, avec comme conséquence une remise à plat de ce qui a été réalisé, avec prolongation ou rupture selon les résultats des urnes. En réalité il n'en est rien. D'abord parce que ce qui a été promis aux élections passe vite à la trappe des coalitions hybrides et que les distinctions de programme de gauche et de droite se rejoignent très vite pour se mettre sous la houlette des maîtres de la grosse finance.

L'actualité nous abreuve alors de mesures ou plutôt mesurettes que nos éminences s'amusent à vanter, telle la trouvaille de l'œuf de Colomb. Tout cela aboutit à grossir des législations où plus personne ne s'y retrouve, sinon quelques  juristes spécialisés. Les débats politiques tournent autour de batailles de procédures et masquent ainsi les réalités de terrain. Le citoyen se sent perdu face à un bric-à-brac  que chaque ministre dit pourtant vouloir simplifier. La stabilité de certains postes ministériels, comme celui de Reynders, resté 10 ans aux Finances ne change rien. Il n'a jamais voulu d'une grande réforme fiscale, se contentant d'offrir à ses riches amis quelques cadeaux, comme celui bien emballé des intérêts notionnels.

En admettant bien la complexité de la gestion publique, je me demande si le monde politique ne la rend pas finalement plus compliquée, protégeant ainsi sa chasse privée d'un apparent pouvoir, tout particulièrement économique, qui s'est déplacé vers le monde des banques et de la finance.  La gauche à la Di Rupo ou à la Hollande déclarant se faire les ennemis de ceux-ci n'a comme effet que s'attirer les votes naïfs de la classe populaire. Leur pratique, une fois au pouvoir, ne change pas la donne.  Espérons que la gauche radicale en Grèce pourra  la changer et ainsi ouvrir la voie à une reprise en main du politique de ce qu'il a accepté depuis longtemps de perdre.

Est-il donc si compliqué de riposter à la financiarisation de l'économie? Nos édiles n'ignorent pourtant pas que des pans  entiers de l’économie sont contrôlés non plus par des entreprises industrielles ou de services mais par des fonds d’investissement ou des banques. Que ce système d'économie casino n'a comme conséquence que de détourner des fonds importants provenant du travail des salariés. Que ces "préleveurs" se montrent alors terriblement exigeants pour les travailleurs, mais moins, puisqu'il faut très vite bien rémunérer l'actionnaire,  pour les investissements.

Est-il donc si compliqué de mettre fin aux dérives toxiques et spéculatives des marchés financiers? Les derniers scandales démontrent l'opacité due à un système de règles complexes qui est facilement contournable. Et que dire du manque de moyens accordés aux administrations de contrôle. Est-ce un hasard?

 Enfin, est-il si compliqué de revoir le système insoutenable de la spéculation des marchés sur les dettes souveraines des Etats?  Il met en danger des pays entiers, via des prêts accordés à des taux de plus en plus élevés. Mais peut-on attendre d'une Europe à la Juncker un autre réarmement budgétaire et financier?

Plutôt que de nous emmerder avec leurs débats de politicaille sur des points finalement mineurs au regard de ce qui pourrait redonner à l'Etat les moyens de mener à bien de grands projets publics, comme les réinvestissements indispensables dans  logements, l'enseignement, les transports et autres grands services publics, nos ministres et parlementaires feraient mieux de s'attaquer aux vrais racines d'une crise que ne se terminera que lorsqu'ils oseront réellement s'attaquer au cœur des cibles décrites brièvement ci-dessus.  Se complaire dans leurs petits égos qu'ils "sur- dimensionnent"   via des blablas  sur des réformettes présentées comme novatrices et d'intérêt général ne sert qu'à nous endormir ou nous exciter sur ce qui est bien accessoire à notre bien-être matériel d'où découle un mieux-être général. N'oublions pas que le  monde de la finance nous entraîne vers le bas, le chômage et cela avec l'aval des gouvernements qui ensuite nous imposent des plans de rigueurs.

Bref, ne nous laissons pas distraire par ce qui peut paraître compliqué et ne l'est pas temps que ça. Résistons à cette bande d'éminences mise en lumière autour de grandes tables où ils ne tournent qu'en rond tandis que d'autres dans l'ombre tirent  les ficelles de leurs seuls profits.

 

18:24 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Déjà merci

Écrit par : WIDART Dominique | 16/02/2015

Déjà merci

Écrit par : WIDART Dominique | 16/02/2015

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