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24/02/2015

La violence de Dieu

isaac.jpgLes témoignages des mères ayant vu leurs fils ou leur fille partir en Syrie pour le Djihad sont bouleversants. Comment ces jeunes peuvent-ils se radicaliser au point d'accepter de se tuer au nom d'Allah? Ne croyons pas  que cette violence est le propre du Coran. Elle se loge aussi dans la Bible. Les sacrifices humains au nom de Yahvé, le Dieu juif et chrétien, y sont aussi bien présents. Et de me souvenir de ce passage du livre de la Genèse où Dieu va jusqu'à demander à Abraham de sacrifier en holocauste son fils Isaac.  Voilà bien un Dieu qui, lui aussi, osait demander à un homme de lui offrir, même s'il interrompt de justesse, un humain en sacrifice. Bien sûr ce texte, encore lu aujourd'hui dans les églises la veille de Pâques, est interprété comme purement symbolique comme preuve d'un amour inconditionnel envers Dieu. Il n'empêche que nous pouvons encore nous demander quel est ce Dieu qui réclame une preuve aussi barbare. Isaac est un fils bien élevé, comme sans doute le sont des fils que des mères pleurent aujourd'hui.  Il se laisse attaché sur le buché, sans même contester son sort, sans demander qu'il soit remplacé par un agneau. Heureusement le Dieu auquel croyait Abraham, interrompt son geste meurtrier. C'est le soulagement. Au fond, le Dieu auquel le patriarche croyait n'était pas le bon. Jamais ce Dieu n'aurait trouvé  plaisir à demander une chose pareille. Si le pauvre homme n'a peut-être pas changé de Dieu, il en a  au moins eu une autre image.  Cette histoire fait aussi partie du Coran  qui attribue à Abraham un rôle de premier plan dans la fondation de l’islam car il "n’était ni juif ni chrétien mais il était un vrai croyant soumis à Dieu ; il n’était pas au nombre des polythéistes."

Cette histoire, comme bien d'autres dans les livres sacrés, sont choquantes, si elles ne reçoivent aucune grille de lecture et sont prises à la lettre. La plupart des religions ont compris ce risque et leurs prédicateurs et théologiens ont abandonné une interprétation littérale. Hélas, pas tous. Certains en profitent pour s'arroger un pouvoir qui n'a rien de divin. Leurs prêches parviennent à fanatiser des esprits peu instruits en quête d'une identité qu'ils ne trouvent pas dans la laïcité d'Etats où l'injustice sociale les marginalise. Quand il n'y a aucun ciel sur terre, nous avons tendance à le chercher ailleurs. Bien plus qu'une réflexion théologique, nos sociétés ont besoin d'une justice humaine qui distribue plus équitablement les richesses tant matérielles que culturelles. Nous savons très bien que les Eglises recrutent essentiellement chez les pauvres et ceux qui culpabilisent d'avoir trop face à eux.

Je ne suis plus croyant depuis longtemps, mais je respecte ceux qui ont pu changer leur conception de Dieu et ont accepté de le descendre de son trône céleste où il serait en train de singer les rois et princes de la terre. Ceux-là, comme Abraham, ont compris que Dieu est certainement différent que celui qu'ils pensaient. Je ne peux exiger de tous de nier son existence mais au moins de changer de Dieu quand celui-ci les rend violents.

09:22 Écrit par mik | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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